#Objectif bien-être

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Tout ce que vous devez savoir sur l’appendicite

Si vous n’avez pas eu l’appendicite, vous connaissez sans doute un proche qui a dû être opéré. Mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit et surtout quels sont les symptômes et que faire si une crise survient ?
Nous faisons le point pour que vous soyez prêt à réagir vite si besoin.

Qu’est-ce que l’appendicite ?

Vous connaissez l’appendicite, mais connaissez-vous l’appendice ? Il s’agit d’un organe situé à droite, dans la continuité du côlon. C’est lorsqu’il y a obstruction de l’appendice par des matières fécales, du mucus ou des corps étrangers (pépins, graines de fruits et légumes…) que la crise d’appendicite se déclenche. L’inflammation peut également survenir en raison d’une excroissance ou d’un épaississement du tissu lymphoïde.
Très rarement, elle peut être causée par une tumeur (le risque est surtout important chez les personnes âgées).

Aujourd’hui, on ignore encore beaucoup de choses sur les causes de l’appendicite.
En termes de prévention, certains chercheurs affirment qu’une alimentation saine limiterait les risques, car cela favoriserait le transit intestinal. Cela n’est toutefois pas encore prouvé.

Qui peut-être touché par l’appendicite ?

On a tendance à penser qu’elle concerne uniquement les plus jeunes. S'il est vrai que les crises apparaissent le plus souvent entre l’âge de 10 et 30 ans, elle peuvent vous toucher à tout âge !
De plus, si la maladie a connu une importante régression depuis les trois dernières décennies, elle concernerait encore aujourd’hui une personne sur 15, les hommes étant plus atteints que les femmes. Elle se présente rarement avant l’âge de cinq ans et exceptionnellement avant l’âge de trois ans.

Les différentes formes d’appendicite

Il existe deux formes principales d’appendicite :

  • L’appendicite aiguë : elle est due à une inflammation brutale de l’appendice iléo-cæcal et se manifeste par une douleur intense et soudaine sur le côté droit de l’abdomen.
  • L’appendicite chronique : cette forme se présente comme une inflammation de longue date de l’appendice (fibrose). Elle se manifeste par une douleur abdominale persistante et intermittente dont l’intensité évolue suivant la gravité de l’infection.
    L’appendicite chronique est très rare et son diagnostic est difficile à établir en raison de la lente évolution de la maladie.

Quels sont les principaux symptômes ?

La question que vous pouvez vous poser concernant l’appendicite, c’est de savoir si vous la reconnaîtrez le cas échéant. Comment savoir si les maux de ventre seront suffisamment spécifiques ?

Si les symptômes de l’appendicite (appendicite aiguë) varient d’un individu à un autre, ils s’accentuent généralement avec le temps.

Attention à ces symptômes

  • Au début, on ressent une douleur à proximité du nombril qui s’étend par la suite vers la partie inférieure droite de l’abdomen.
  • L’intensité de la douleur augmente progressivement et atteint son pic entre 6 et 12 heures après la première apparition de la douleur.
  • Une fois le pic atteint, la douleur finit par être ressentie à mi-chemin entre le nombril et l’os pubien, sur la partie droite de l’abdomen.

Cette douleur abdominale s’accompagne généralement d’autres symptômes : nausées ou vomissements ; perte d’appétit ; petite fièvre ; rigidité de l’abdomen ou ballonnements.

Le diagnostic de l’appendicite

Vous avez des symptômes évocateurs ? Adressez-vous rapidement à votre médecin traitant ou rendez-vous directement aux urgences les plus proches.
Vous serez pris en charge par les équipes médicales, qui procéderont à divers examens pour déterminer s’il s‘agit bien d’une appendicite.

Ces examens peuvent prendre la forme d’une palpation de l’abdomen : s’il y a sensibilité au rebond, la probabilité qu’il s’agisse d’appendicite est importante. On parle de sensibilité au rebond lorsque la douleur s’intensifie quand les doigts pressant l’abdomen sont retirés rapidement. Ou bien d’analyses de sang : numération formule sanguine ou évaluation des protéines C-réactives. Ou encore une échographie de l’abdomen ou bien un scanner de l’abdomen.

Comment traite-t-on l’appendicite ?

Il est possible qu’une appendicite se résorbe d’elle-même, cela est toutefois exceptionnel. Dans la majorité des cas, la seule option pour traiter l’appendicite reste l’appendicectomie, l’opération chirurgicale qui a pour but de retirer l’appendice. Il existe deux méthodes pour la réaliser :

  • La méthode classique : on accède à l’appendice à travers une incision faite au niveau de la fosse iliaque droite. Le procédé est appelé laparotomie. Son principal avantage est qu’elle présente très peu de risques d’infections postopératoires. De nos jours, on n’y recourt plus que pour traiter les cas graves d’appendicite.
  • La cœlioscopie ou laparoscopie. C’est l’approche privilégiée depuis quelques années (dans 90% des cas). Elle consiste à enlever l’appendice en passant par trois petits trous percés au niveau de l’abdomen. L’opération se fait à l’aide de divers instruments médicaux pour examiner et opérer : tiges métalliques munies d’une optique, pinces, ciseaux spécifiques… Cette approche présente l’avantage d’être très légère, car l’appendice est retiré avec un minimum de dégâts. Une fois l’ablation réalisée, le patient reçoit généralement un traitement antibiotique pendant deux jours pour limiter le risque d’infection.

Outre l’intervention chirurgicale, il existe une solution plus douce, qui consiste en un traitement d’antibiotiques basé sur des céphalosporines. Ces derniers peuvent être administrés par voie orale ou intraveineuse, mais ne sont efficaces que sur les petites inflammations. Or, dans le cas de l’appendicite, les symptômes ne reflètent pas la gravité d’une crise.
Le risque de se tromper est donc important, c’est pourquoi le traitement par antibiotiques de l’appendicite est évité par les médecins.

Mes patients ayant subi une appendicectomie reprennent rapidement une vie normale, cependant je conseille d’éviter le sport ou le port de charges lourdes pendant une quinzaine de jours. ”

Emilie infirmière libérale

Le mot de l'experte

Emilie, infirmière libérale - « Lors d’une appendicite aiguë, l’opération est en général le seul traitement qui s’oppose à la diffusion de l’infection. Il s’agit de retirer l’appendice et de nettoyer la région si du pus s’y est développé. Cette opération est généralement réalisée sous cœlioscopie, ce qui rend les suites opératoires peu douloureuses.

Des calmants sont administrés ainsi que des antibiotiques. En fonction des cas, Le chirurgien me demande de réaliser une série d’injections d’anticoagulants pour prévenir la survenue d’une phlébite ainsi que le nettoyage simple des petites plaies laissées par la cœlioscopie.

J’ai rarement vu de complications après cette intervention mais je reste toujours vigilante en cas d’apparition de signes cliniques tels que vomissements, douleurs, fièvre, difficultés urinaires qui peuvent être les signes d’une infection postopératoire et qui nécessiterait une nouvelle intervention ainsi que la mise en place d’un drainage.
En général mes patients ayant subi une appendicectomie reprennent rapidement une vie normale, cependant je conseille d’éviter le sport ou le port de charges lourdes pendant une quinzaine de jours.
 »
 

Quelles sont les complications possibles ?

La plupart du temps, l’ablation de l’appendice n’entraîne pas d’effets secondaires indésirables.

En revanche, si l’appendicite n’est pas traitée rapidement, le risque qu’elle conduise à de graves complications est très important. La complication la plus commune est la péritonite appendiculaire. Cette dernière est la conséquence de la propagation des bactéries dans le péritoine (cavité abdominale), suite à la perforation de l’appendice.

Les deux principaux symptômes d’une péritonite sont :

  • Un ballonnement et une rigidité de l’abdomen
  • Une douleur insupportable située du côté de l’abdomen qui s’accentue lorsqu’on presse le côté gauche

Une appendicite conduira à une péritonite dans 10 à 15% des cas. Ce risque augmente lorsque la crise n’est pas traitée dans les 24 heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes.

Une inflammation de l’appendice non traitée a également une faible probabilité d’entraîner une obstruction de l’intestin, phénomène pouvant causer à son tour un arrêt du transit intestinal. Et dans des cas très rares, l’appendicite peut conduire à une septicémie, une infection généralisée due à la propagation de bactéries dans le sang.

------------------

Vous voilà paré si vous ou un proche êtes confronté à une crise d’appendicite !

Quelques derniers conseils pour conclure : en général, l’appendicite est un épisode médical anodin et vous vous remettrez rapidement de l’opération, surtout s’il s’agit d’une coelioscopie.

Un arrêt de travail de 10 jours à 3 semaines vous sera prescrit. Vous devrez également prendre quelques précautions : vous ne devrez pas pratiquer de sport dans les premiers temps suivant l’intervention, mais il vous sera recommandé de marcher un peu chaque jour, notamment pour éviter les risques de phlébites et éviter les risques de constipation.
En complément, il pourra vous être prescrit le port de bas de contention ou l’injection d’anticoagulants. Vous n’aurez pas de restrictions alimentaires, si ce n’est d’éviter les aliments trop lourds (gras, frits, en sauce…) pendant quelques temps.
 

Sur le même sujet

Arrêt maladie : ce qu’il faut savoir

Vous êtes salarié, savez-vous quelles démarches vous devez effectuer auprès de votre employeur ou de la Sécu, en cas d’arrêt maladie ? Quelles indemnités allez-vous toucher et à partir de combien de temps ?
AÉSIO mutuelle fait le point avec vous.

#À vos côtés