Santé au travail

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Comprendre les impacts de l’environnement sur la santé

Notre état de santé est déterminé par quatre facteurs majeurs : la biologie humaine, nos comportements, les services de santé auxquels on a accès et l'environnement qui nous entoure. Dans cet article, nous nous intéresserons aux impacts de l'environnement sur la santé et aux moyens qui permettent de limiter ces risques.
Arbres dans une forêt

Quels sont les liens entre la santé et l’environnement ?

Il a été démontré que l’environnement est le facteur qui détermine le plus fortement notre santé 1. En effet, l’environnement social, économique, chimique dans lequel un individu naît, grandit, travaille et vit affecte sa santé. Tous ces aspects sont regroupés dans le concept de santé environnementale.

En 1999 l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait lors de la Conférence ministérielle Santé et environnement que « l’environnement est la clé d’une meilleure santé » : « La santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures. »

Ainsi, si l’environnement, au sens physique du terme, est affecté par des pollutions, s’il se détériore à cause des dérèglements climatiques, cela affecte notre santé.

Cet article a pour but de présenter particulièrement les impacts de l’environnement extérieur (notamment des changements climatiques) grâce aux travaux réalisés par Santé Publique France sur cette thématique.

Changement climatique : les enjeux de santé

Concrètement, quels sont les impacts de l'environnement sur la santé ?

Les dérèglements climatiques impactent déjà notre environnement : augmentation des températures, de la fréquence de certains évènements météorologiques extrêmes (canicules, grands froids, inondations, tempêtes), répartition de la biodiversité (faune et flore). 

Par ailleurs, les pollutions et autres dégradations de plus en plus nombreuses comme la pollution atmosphérique, de l’eau, des sols, les pollutions chimiques, affectent également l’environnement.

Selon l’OMS, la pollution atmosphérique et le changement climatique sont identifiés parmi les plus grands risques pour la santé mondiale, ce qui en font des enjeux prioritaires de santé publique 2.

Les canicules de 2019 et 2022 -année la plus chaude jamais enregistrée-, la pandémie mondiale de COVID-19, les grands froids en Amérique du Nord ou encore les incendies géants au Chili sont autant de preuves que les dérèglements climatiques et les risques pour notre santé sont bien réels.

Quels impacts ont la détérioration de l’environnement et le changement climatique sur la santé ?

A cause du changement climatique, ce sont quatre modifications principales de notre environnement qui ont et vont avoir le plus d’impacts sur notre santé :

  • Les hausses des températures ;
  • L’évolution de l’environnement biologique et chimique ;
  • La modification de la fréquence et de l’intensité de certains aléas climatiques ;
  • La pollution atmosphérique.

Le changement climatique, par son intensité, modifie rapidement et profondément plusieurs facteurs climatiques et environnementaux déterminants pour la santé.

Concrètement pour notre santé, les effets peuvent être :

Les hausses des températures

  • Malaises, coup de chaleur, déshydratations, crampes ;
  • Santé mentale, tensions, effets psychologiques ;
  • Facteur aggravant pour les maladies cardiovasculaires et de façon générale pour les porteurs de maladies chroniques ;
  • Accentuation des phénomènes d’évaporation des substances chimiques.

L’évolution de l’environnement biologique et chimique

  • Maladies infectieuses, avec des animaux porteurs de maladies (comme les moustiques) migrants dans des zones où elles n’évoluaient pas auparavant ;
  • Risques liés aux agents biologiques : infections, intoxications, champignons, allergies ;
  • Cancers ;
  • Santé reproductive (stérilité, malformation fœtus) ;
  • Effets neurologiques (anxiété, dépression, irritabilité et problèmes de mémoire).

La modification de la fréquence et de l’intensité de certains aléas climatiques

  • Risques sanitaires liés aux problèmes d’accès au logement ou à l’alimentation ;
  • Accidents, blessures, maladies infectieuses, risques de décès ;
  • Fatigue/épuisement physique et psychique ;
  • Souffrance morale avec répercussions sur l’état de santé général.

La pollution atmosphérique

  • Maladies respiratoires ;
  • Cardiovasculaires (insuffisances et arrêts cardiaques) ;
  • Neurologiques (autisme, Alzheimer, Parkinson, troubles dépressifs) ;
  • Santé mentale (dépression, schizophrénie…).

Selon Santé Publique France, d’ici 2030 en France 3, on peut s’attendre à : 

  • Une augmentation en fréquence et en intensité des événements météorologiques extrêmes, que l’on observe déjà : des canicules avec des vagues de chaleur plus nombreuses, des inondations, des feux de forêts... ;
  • L’émergence ou la réémergence de risques infectieux, en raison de modifications environnementales, par exemple une extension géographique des vecteurs de la dengue, du paludisme, du chikungunya ;
  • Des modifications de l’environnement et des modes de vie entraînant de nouvelles expositions, par exemple expositions au soleil et risques liés aux UV, baignades et leptospiroses, interaction entre pollution atmosphérique et températures…

Est-ce que tout le monde est concerné ?

Les conséquences du changement climatique concernent tout le monde et sont différentes selon les territoires et les écosystèmes touchés. 

En effet, en fonction des spécificités de territoires (forêts, zone côtières, proximité avec un site industriel…), les problématiques ne seront pas les mêmes. 

A l’échelle d’une ville même, les habitants des logements situés à proximité des axes routiers seront sensiblement plus affectés par la pollution atmosphérique que les habitants du centre-ville piétonnisé.

C’est pourquoi, on dit que le changement climatique aggrave les inégalités sociales de santé. En effet, la capacité d’adaptation aux évolutions des risques dépend de facteurs sociaux économiques. Un accès limité aux espaces verts, à des équipements ou vêtements adaptés aux aléas climatiques, au système de santé, ou encore la proximité avec des sources de pollution, augmentent les risques liés aux impacts environnementaux pour la santé.

Comment limiter les risques liés à l’environnement ?

La prévention de ces impacts sanitaires s’appuie sur l’atténuation et l’adaptation. L’atténuation consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter le réchauffement à venir et de protéger les générations futures. L’adaptation consiste à mettre en place des actions pour réduire les impacts déjà observables.

L’atténuation

Elle peut s’apparenter à de la prévention primaire, puisqu’elle vise à réduire l’amplitude des changements climatiques et donc des risques sanitaires à venir, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Elle nécessite des changements majeurs dans plusieurs secteurs de la société (production et consommation d’énergies, habitat, agriculture, transports, alimentation). Prendre en compte les impacts sanitaires potentiels de ces changements est important pour éviter les choix mettant la santé humaine en danger et pour en maximiser les co-bénéfices sanitaires. Les mesures d’atténuation prises aujourd’hui n’empêcheront pas le réchauffement en cours, et donc la nécessité d’une adaptation à adopter en parallèle. 

L’adaptation

Elle peut être vue comme une forme de prévention secondaire qui peut prendre différentes formes. L’adaptation directe est une action spécifique en réponse à un problème spécifique (par exemple, en France, le plan national canicule). L’adaptation des processus de gestion préconise, quant à elle, des modifications dans l’organisation de nos sociétés pour faire face aux nouveaux risques. Ainsi, l’adaptation des sociétés dépendra de leur aptitude à développer de nouveaux modes d’éducation, de formation et de recherche, favorisant l’interdisciplinarité et la capacité à se transformer.

S’informer 

Concernant les pollutions, connaître l’état de notre environnement, les sources de pollutions proches, peut-être une première action pour en limiter les impacts sur notre santé. 
L’outil Recosanté est un service public proposé par les ministères des Solidarités et de la Santé, et celui de la Transition écologique dans le cadre du Plan National Santé Environnement. Il vise à aider à connaître l’état de son environnement grâce à un tableau de bord de données environnementales (pollution de l’air, de l’eau, rayons UV, pollens, radon, pesticides, etc.) accessible en ligne, pour permettre à chacun d’agir pour protéger sa santé.

Pour aller plus loin

Consulter le dossier de presse « Santé environnementale, une priorité de santé publique » de Santé Publique France.