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Oralisme : une histoire de l’éducation sourde

Pour comprendre l’Histoire des sourds, il est important de parler de l’oralisme, qui est une méthode pour enseigner la langue orale aux sourds. On parle d'oralisation pour la capacité de la personne sourde à s'exprimer verbalement.

Entre oralisme et langue des signes, c’est une vieille histoire. Une vieille rancoeur. Cette “bataille” historique a toujours poussé la supériorité des langues orales. L’oralisme facilitait l’intégration, tandis qu’utiliser le geste plaçait les sourds du côté de l’animal et du péché.

Histoire des tendances d’apprentissage

On pensait que les Sourds ne pouvaient pas apprendre. L' histoire de l'éducation des Sourds est donc récente.

  • L’abbé de l’Épée ouvre en 1760, à Paris, la première école « pour les enfants sourds de toutes conditions » (aujourd’hui l’Institut Saint-Jacques) subventionnée par des bourses de l’Etat.
  • Vers le milieu du XIXe siècle, le nombre d’écoles pour sourds augmente très vite en France, passant d’une vingtaine en 1820 à 70 en 1901. Mais des voix puissantes s’élèvent contre la Langue des signes, accusée par les entendants d’isoler les sourds et de les replier sur eux-mêmes. Or, “l’école pour tous“ demande de travailler avec les mêmes techniques, au détriment des langues minoritaires comme la LSF.
  • En 1880, le Congrès de Milan bannit la Langue des signes au profit de « la méthode orale.
  • La standardisation de l’apprentissage aboutira à la loi Jules Ferry (1882).
  • De nouvelles méthodes oralistes naissent : en 1955, la méthode verbo-tonale utilise les restes auditifs et s’appuie sur la perception vibro-tactile.
  • En 1966, le Langage Parlé Complété (LPC), est introduit comme complément à la lecture labiale.

L’oralisme, une demande appuyée par les parents ?

De nombreux essais se sont penchés sur l’influence qu’ont eu les parents d’enfants sourds sur la prédominance de l’oralisation.

Graham Bell, fils d’une mère devenue sourde après avoir contracté la scarlatine, épousa une femme devenue sourde. Son obsession pour l’oralisation (mouvement moraliste) et pour parvenir à faire entendre sa voix à son épouse, le mena à inventer le téléphone. Édouard Seguin, dans un texte sur le pro-oraliste Jacob Pereire, parle du chagrin d’une mère qui s’inquiète de ne pas faire parvenir « avec les battements de son cœur, la voix de son amour » à son enfant sourd. Il l’encourage à utiliser d’autres formes de contacts, comme ses lèvres et les vibrations de sa poitrine, pour lui montrer son amour.

Il semble que la surdité et l’incapacité à communiquer avec une personne que l’on aime par la voix, fasse glisser la parole vers un dérivé de l’affectivité et de l’amour. Une façon de “stigmatiser” un manque (la voix des entendants qui n’est pas perçue). Dans “History of Deaf Education”, Louis Neethling retrace dans un documentaire-fiction les méthodes d'autrefois pour enseigner l’oralisme.  

Rédigé par : Marie-Charlotte BIXQUERT