Transcription du podcast : vivre avec la maladie cœliaque - témoignages de Brigitte et Augustine
00:01:36
Brigitte : Après la naissance de mon fils, ma santé s'est brutalement dégradée. J'ai commencé à souffrir d'une fatigue extrême, d'une perte de poids importante et de douleurs abdominales très fortes. Je ne pouvais même plus conduire pour aller travailler. Après plusieurs consultations et un passage aux urgences, un gastro-entérologue a rapidement suspecté une maladie cœliaque. Le diagnostic a finalement été confirmé en 1995, alors que j'avais 36 ans.
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00:02:31
Augustine : Pendant plusieurs années, j'ai souffert de symptômes importants sans obtenir de réponse. Le stress lié aux études, les compétitions sportives et l'éloignement familial semblaient expliquer mon état aux yeux de certains professionnels. Pourtant, je vomissais régulièrement et j'étais constamment épuisée.
Après plusieurs malaises, une hospitalisation et de nombreuses hypothèses erronées, un gastro-entérologue a finalement évoqué la maladie cœliaque. L'arrêt du gluten a transformé ma vie. En quelques semaines, j'ai repris du poids et retrouvé mon énergie. Depuis mon diagnostic en 2021, j'ai le sentiment de revivre.
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00:04:56
Brigitte : Recevoir un diagnostic a été un soulagement. En revanche, vivre sans gluten dans les années 1990 était beaucoup plus compliqué qu'aujourd'hui. Les produits adaptés étaient rares et peu connus. J'ai dû apprendre à cuisiner différemment et à organiser chaque déplacement, chaque sortie ou chaque vacance.
Malgré ces difficultés, je n'ai jamais considéré la maladie comme une catastrophe. J'ai décidé de m'adapter pour continuer à vivre normalement
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00:07:11
Augustine : J'ai la chance d'être entourée de proches très investis. Mon compagnon, mes parents, mes amis et même ma belle-famille font attention à mes contraintes alimentaires. Certains repas ont même été entièrement préparés sans gluten pour éviter tout risque de contamination.
Ce soutien rend le quotidien beaucoup plus simple et me permet de ne jamais me sentir exclue.
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00:08:19
Brigitte : Même après plusieurs décennies avec la maladie, les erreurs restent possibles. Une simple contamination croisée peut provoquer des symptômes importants. Cela demande une vigilance permanente, notamment au restaurant, en voyage ou lors d'événements familiaux.
La maladie impose de rester attentive à chaque détail alimentaire
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00:09:06
Augustine : Le coût des produits sans gluten représente également une contrainte. Pour limiter les dépenses, je cuisine beaucoup moi-même. Certains produits industriels restent nettement plus chers que leurs équivalents classiques.
Cela nécessite une certaine organisation au quotidien.
La maladie influence parfois ma vie sociale. Lorsque je rencontre de nouvelles personnes, j'hésite souvent à parler tout de suite de ma maladie. J'ai peur d'être perçue comme contraignante ou de devoir expliquer en détail les risques liés au gluten.
Je préfère souvent préparer moi-même mes repas plutôt que de risquer une erreur.
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00:11:45
Brigitte : En France, manger au restaurant reste parfois compliqué, même si les choses évoluent positivement. Certains restaurateurs ne comprennent pas encore les contraintes liées à la maladie cœliaque, tandis que d'autres font preuve d'une grande attention et adaptent leurs menus avec sérieux.
La communication et l'anticipation restent essentielles.
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00:14:01
Augustine : Sur les réseaux sociaux, je partage mon expérience pour informer sur la maladie cœliaque. Je constate toutefois que de nombreuses personnes considèrent encore le sans-gluten comme un simple phénomène de mode ou un moyen de perdre du poids.
Pour les personnes atteintes de maladie cœliaque, il ne s'agit pourtant pas d'un choix mais d'une véritable nécessité médicale.
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00:16:33
Brigitte : Avec le temps, nous apprenons à vivre avec la maladie. Elle nous rend probablement plus attentifs à notre santé et à notre corps. Même si la vigilance reste permanente, elle ne doit pas devenir une obsession.
L'objectif est de préserver sa qualité de vie tout en respectant les contraintes du traitement.
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00:17:33
Augustine : Au moment du diagnostic, la reprise de poids a été difficile à accepter. J'ai dû apprendre à changer mon regard sur moi-même et à comprendre que retrouver un poids normal était avant tout bénéfique pour ma santé.
Aujourd'hui, je considère que cette maladie fait partie de mon parcours et qu'elle peut même devenir une force.
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00:20:31
Brigitte : Peu après mon diagnostic, j'ai rejoint l'AFDIAG, l'Association française des intolérants au gluten. Cet engagement m'a permis de rencontrer d'autres patients et d'accompagner des personnes récemment diagnostiquées.
Je rencontre encore régulièrement des personnes perdues ou en errance médicale. Pouvoir les soutenir et partager mon expérience me semble essentiel
Certaines personnes vivent très bien avec la maladie, tandis que d'autres ont davantage de difficultés à l'accepter. Même après plusieurs années, il est normal de ressentir parfois de la lassitude face aux contraintes permanentes imposées par le régime sans gluten.
Ces moments de découragement font aussi partie du parcours
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00:24:36
Présentateur : Dans la seconde partie du podcast, la gastro-entérologue Pauline Vérard apporte un éclairage médical sur la maladie cœliaque et confirme que les témoignages de Brigitte et Augustine reflètent fidèlement la réalité vécue par de nombreux patients.
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00:25:07
Dr Pauline Vérard : Le principal défi de la maladie cœliaque reste le respect strict du régime sans gluten. Même de faibles contaminations peuvent avoir des conséquences. Cette contrainte a un impact majeur sur la vie sociale, familiale et professionnelle des personnes concernées.
Le soutien de l'entourage joue un rôle essentiel dans l'observance du traitement.
Lorsqu'une maladie cœliaque est suspectée, une simple prise de sang permet généralement de rechercher les anticorps spécifiques associés à la maladie. Cet examen constitue souvent la première étape du diagnostic.
Il est important d'en parler à son médecin en présence de symptômes digestifs persistants ou d'autres signes évocateurs.
Il est essentiel de distinguer la maladie cœliaque de l'hypersensibilité au gluten. La maladie cœliaque est une maladie auto-immune pouvant entraîner des complications sérieuses si elle n'est pas traitée correctement.
C'est pourquoi le régime sans gluten doit être strict et suivi à vie.
Pour mieux vivre avec la maladie, il est important de s'appuyer sur des restaurateurs sensibilisés, sur un entourage impliqué et sur des ressources fiables comme l'AFDIAG. Même si les contraintes demeurent importantes, l'offre de produits et les solutions d'accompagnement se développent progressivement.
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00:32:30
Présentateur : Le podcast rappelle également l'existence de dispositifs d'accompagnement médical et nutritionnel, ainsi que le soutien proposé par l'AFDIAG aux personnes atteintes de maladie cœliaque.