Transcription du podcast : Vivre avec l’herpès génital : témoignage de Céline
Épisode 16 - Vivre avec l’herpès génital : témoignage de Céline
Céline (00:00:00)
« De là est né un sentiment de honte. Je me suis demandé si j'avais mal fait les choses, si j'avais été imprudente. Je pense que c'est aussi pour cela qu'on trouve peu de femmes prêtes à témoigner sur ce sujet. »
Présentatrice (00:00:12)
Maladies chroniques au féminin, en parler sans tabou, le podcast qui libère la parole des femmes et éclaire la face cachée des maladies chroniques.
Aujourd'hui, nous rencontrons Céline, 67 ans, retraitée, divorcée depuis vingt ans et en couple depuis dix ans. Elle partage son quotidien avec l'herpès génital, les difficultés rencontrées et la façon dont elle a appris à vivre avec cette maladie encore très taboue.
Céline (00:01:18)
Il y a une dizaine d'années, j'ai vu apparaître des petits boutons au niveau des lèvres génitales. Immédiatement, j'ai pensé à l'herpès, car cela ressemblait aux petites vésicules que l'on connaît pour l'herpès labial.
Mon médecin généraliste a confirmé le diagnostic. Il m'a prescrit un traitement antiviral et m'a expliqué qu'il s'agissait probablement de ma première crise diagnostiquée.
Je n'étais pas rassurée. Je savais déjà que l'herpès est un virus qui reste dans l'organisme toute la vie. En même temps, je me suis dit que ce n'était pas une maladie grave ou mortelle. Il allait falloir apprendre à vivre avec.
Céline (00:03:05)
Comme beaucoup de personnes, j'ai cherché des informations sur Internet. J'ai découvert que certaines personnes ne développent jamais de symptômes, tandis que d'autres connaissent des crises fréquentes.
Au début, j'ai même tenu un journal de mes poussées : leur date, leur durée, leur localisation, les traitements pris. J'essayais de comprendre ce qui déclenchait les crises.
Mais c'est justement l'un des aspects les plus difficiles. Les poussées sont imprévisibles. On évoque souvent le stress, la fatigue ou une baisse des défenses immunitaires, mais il est difficile d'identifier précisément la cause.
Céline (00:07:04)
Je me suis aussi beaucoup interrogée sur l'origine de cette contamination. Je pense savoir de quelle relation elle provient, mais je n'en ai aucune certitude.
C'est là qu'apparaît la honte. On se demande si l'on a été imprudente, si l'on a pris des risques. Parce que cette maladie est liée à la sexualité, on redoute aussi le regard des autres et leur jugement.
Peu de personnes sont au courant. J'en ai parlé à quelques proches seulement. Pourtant, avec le temps, j'ai découvert que d'autres femmes de mon entourage vivaient également avec l'herpès génital sans jamais en parler.
Céline (00:09:22)
Dans mon quotidien, la maladie n'a quasiment aucun impact physique. Les crises sont peu douloureuses et relativement courtes.
En revanche, l'impact est réel sur la vie sexuelle. C'est là que se situe la principale difficulté. Lorsqu'une poussée survient, il faut s'abstenir ou adapter ses pratiques afin d'éviter toute transmission.
Avec mon compagnon, j'ai choisi d'en parler dès le début de notre relation. Ce n'était pas facile, mais je ne pouvais pas lui cacher cette réalité.
Céline (00:12:24)
Si je devais donner un conseil, ce serait avant tout de ne pas dramatiser. L'herpès génital reste une maladie fréquente et généralement bénigne.
Il faut bien s'informer, consulter un professionnel de santé et communiquer avec son partenaire. Surtout, il ne faut pas laisser la honte prendre toute la place.
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L'éclairage médical du Dr Quentin Reboul
Dr Quentin Reboul (00:17:02)
L'herpès génital est une pathologie très fréquente. On estime qu'entre 15 et 20 % de la population est porteuse du virus.
Le témoignage de Céline illustre parfaitement les inquiétudes que l'on retrouve souvent chez les patients : la peur de transmettre le virus, l'incompréhension concernant les récidives et les questions liées à la sexualité.
Dr Quentin Reboul (00:18:55)
Toutes les personnes porteuses du virus ne développent pas les mêmes symptômes. Certaines n'auront qu'une seule poussée dans leur vie, tandis que d'autres connaîtront des récidives plus fréquentes.
On peut également être porteur sans le savoir, car certaines infections passent totalement inaperçues.
Dr Quentin Reboul (00:20:41)
Concernant les crises, il est difficile d'identifier un facteur déclencheur unique. La fatigue, le stress ou certaines périodes de fragilité immunitaire peuvent favoriser la réactivation du virus, mais chaque situation reste différente.
Dr Quentin Reboul (00:23:18)
Le premier conseil est de bien comprendre le fonctionnement de la maladie et d'échanger avec un professionnel de santé.
En cas de poussée, les traitements antiviraux permettent généralement de réduire la durée des symptômes. Il est également essentiel d'adopter les mesures de prévention adaptées afin de limiter le risque de transmission.
Dr Quentin Reboul (00:24:14)
Mieux vivre avec l'herpès génital passe avant tout par l'information. Plus les patients comprennent leur maladie, plus ils sont en mesure de la gérer sereinement et de préserver leur qualité de vie.
Présentatrice (00:25:55)
Chez AÉSIO Mutuelle, vous pouvez bénéficier d'un deuxième avis médical et d'un accompagnement adapté dans votre parcours de soins. Des consultations de psychologues ainsi que certaines médecines douces peuvent également être prises en charge.