Martine & son crabe —

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Femmes et cancers, dépistage : de l’intention à l’action !

40% des cancers sont évitables : plus le diagnostic de cancer est réalisé tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison !
À condition de passer par la case dépistage... Suivez le guide !

Avez-vous envie de vivre en bonne santé le plus longtemps possible ? Oui ? Alors mieux vaut prévenir que guérir !
En donnant le moins d’occasions au crabe de vous pincer !

Pour y parvenir et permettre un diagnostic le plus précoce, faites un geste d’amour envers vous-même : « Ne manquez pas les rendez-vous de dépistage auxquels vous êtes régulièrement conviée », conseille Dr Anne Feyler, médecin coordonnateur du Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers de Nouvelle-Aquitaine. Des examens à réaliser même si vous vous sentez en pleine forme ! -. Ces petits gestes peuvent vous sauver la vie : mammographie, test de recherche de sang dans les selles pour dépister le cancer colorectal, prélèvement cervico-utérin (frottis)… Si vous faites partie d’une famille dite "à risque", des examens ou des rythmes de surveillance spécifiques pourront vous être prescrits (test oncogénétique pour les cancers du sein et du côlon s’il y a déjà eu plusieurs cas dans votre famille, par exemple) ».

En outre, en cas de signaux d’alerte entre deux dépistages, pensez également à consulter votre médecin.

40% des femmes de 18 à 24 ans ne se sentent pas concernées par les enjeux liés au cancer

Mauvaise information 3 femmes sur 4 veulent se faire dépister, mais seulement 1 sur 4 a déjà fait un dépistage

De nombreux freins… à relativiser

Malgré la multiplication et la répétition des messages de santé publique, 40% des femmes âgées de 18 à 24 ans ne se sentent pas concernées par les enjeux liés au cancer1.

Si 3 femmes sur 4 souhaitent se faire dépister, seule 1 sur 4 a déjà réalisé un dépistage au cours de sa vie.

Qu’est-ce qui coince ?

Selon Dr Muriel Viala-Trentini, responsable Imagerie médicale à Clinique Beau Soleil d’AÉSIO Santé à Montpellier, « de nombreuses femmes n'adhèrent pas au dépistage, persuadées que c’est un examen désagréable, dangereux (rayons X), douloureux… Relativisons : la compression du sein peut générer un inconfort mais l’examen dure quelques secondes. Pour minimiser le risque de douleur, il suffit de programmer son examen en première partie de cycle, juste après les règles, un moment où les seins sont moins sensibles ».

Pour celles qui reportent l’examen par manque de moyens2« rappelons que la mammographie réalisée dans le cadre du dépistage organisé est gratuite, prise en charge à 100% par l'Assurance maladie, sans avance de frais.»

Et pour toutes celles qui sont sans symptôme clinique, "non malades", ou stressées rien qu’à l’idée de l’examen : prenez une grande respiration et allez-y avec une amie, une sœur… Le jeu en vaut la chandelle !

Plus un cancer est dépisté tôt, plus il aura de chance de guérir. En outre, en cas de signaux d’alerte entre deux dépistages, pensez également à consulter votre médecin.

Portrait de Sabrina

À la moindre anomalie, boule, écoulement, rougeur, saignement... au moindre doute, n’hésitez pas à consulter ”

Sabrina BAUDOIN-ELLUL
"Le cancer du sein avant 30 ans" : découvrez son parcours

De plus en plus de cancers chez les jeunes femmes

Ce n’est pas Sabrina Baudoin-Ellul, diagnostiquée à 29 ans de manière fortuite – un coup de pied de son bébé dans son sein ayant provoqué une vive douleur – qui dira le contraire : « Soyez attentive à votre corps », encourage la jeune femme, qui en plus d’un suivi régulier, s’auto-palpe les seins.

20% des nouveaux cas concernent les 30-50 ans, même si le dépistage du cancer du sein n’est pas – officiellement – recommandé avant 50 ans. Clarisse Pachabeyian, particulièrement sensibilisée et attentive au sujet grâce à sa profession, en a fait l’expérience : « Une petite voix intérieure - mon 6ème sens peut-être - m'a soufflé de faire une mammographie avant mes 50 ans. Quand j’ai entendu le radiologue prononcer les mots "carcinome in situ", j’ai su à quel point il était important de s’écouter ! »

 

On passe au dépistage, mesdames !

Comme ces deux femmes, n’hésitez pas à franchir le cap du dépistage ! Ne vous réfugiez pas derrière des excuses, la charge mentale, des idées reçues comme « les cancers ORL, ça concerne les hommes », ou des délais trop longs pour obtenir un rendez-vous…

Les solutions ne manquent pas :

  • centres régionaux de coordination du dépistage du cancer (CRDC),
  • dépistage organisé,
  • mammo-biles,
  • sage-femme,
  • médecin traitant,
  • centres de santé mutualistes,
  • associations,
  • gynécologues,
  • etc. 

Entre la prévention, le dépistage et la détection précoce, vous avez toutes les armes entre les mains pour ne pas laisser le cancer avoir le dernier mot !


Article rédigé en partenariat avec Marie-Claire, dans le cadre d'Octobre Rose

1, 2 - Etude AÉSIO mutuelle x Harris Interactive sur la Santé au féminin – mai 2021

 

Quand se faire dépister ?

  • Cancer du sein : mammographie tous les 2 ans, entre 50 et 74 ans, et autosurveillance des seins (1 fois par mois, une semaine après vos règles ou le 1er du mois pour les femmes ménopausées, même si votre vie amoureuse est en mode pause !).
  • Cancer colorectal : test immunologique de recherche de sang dans les selles tous les 2 ans, de 50 à 74 ans (peut-être pas ultra-glamour mais simple à réaliser à la maison) si vous n’avez pas d’antécédents.
    En cas d’histoire personnelle ou familiale de maladies colorectales, une surveillance par coloscopie est recommandée. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant pour déterminer les modalités de dépistage ou de suivi les mieux adaptées à votre cas.
  • Cancer du col de l’utérus : prélèvement cervico-utérin (ou frottis) de 25 ans à 65 ans, à faire chez un gynécologue, une sage-femme, certains médecins généralistes ou dans les laboratoires. Attention, les recommandations ont changé. Le rythme et la technique d’analyse varient selon l’âge : de 25 à 29 ans, c’est une cytologie tous les 3 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle) et de 30 à 65 ans, c’est un test HPV tous les 5 ans, même si vous êtes célibataire ou ménopausée !
    Rappelons qu’un rendez-vous annuel chez son gynécologue, sage-femme ou médecin généraliste pour un suivi gynécologique même sans vie sexuelle ou ménopausée est recommandé.
    On n’oublie pas le vaccin contre le papillomavirus pour les filles ET les garçons, à partir de 11 ans !
  • Cancer de la peau : auto-examen régulier de la peau tous les trimestres, à l’affût d’un changement d’aspect des grains de beauté (règle ABCDE : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur non homogène, Diamètre, Evolution), visite annuelle chez un dermatologue et protection solaire SPF 50, pas d’exposition excessive aux rayons ultraviolets et des réflexes simples de protection (crème solaire haute protection, chapeaux, lunettes) et bien entendu, pas de cabines de bronzage.