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AVC : l’activité physique est votre alliée

Après un accident vasculaire cérébral, il est essentiel de reprendre une activité physique ou un sport dans de bonnes conditions. Pourquoi ? Comment ? On vous dit tout.

L’AVC, qu’est-ce que c’est ?

Un accident vasculaire cérébral (AVC) apparaît lorsque le flux de sang allant au cerveau se heurte à un obstacle (caillot sanguin ou vaisseau sanguin rompu).
Les cellules du cerveau qui cessent alors d’être alimentées en oxygène meurent en quelques minutes sans pouvoir être remplacées.

Les AVC sont fréquents et représentent la 1ère cause de handicap et la 3e cause de mortalité en France !

Cœur et rythme cardiaque, fond vert

Quelques chiffres :

150 000 C’est le nombre d’AVC en moyenne chaque année en France.

80% C’est le taux d’AVC ischémiques (aussi connus sous le nom d’infarctus cérébraux), causés par une artère bouchée par un caillot de sang.

20% C’est le taux d’AVC hémorragiques, liés à une rupture d’artère entraînant une hémorragie intracérébrale ou une rupture d’anévrisme.

30% Reprendre une activité physique adaptée permet de diminuer de 30% le risque de faire un deuxième AVC.

Après avoir survécu de justesse à un AVC à l'âge de 67 ans, Pascal livre son témoignage et partage ses conseils pour prévenir les risques.

Le témoignage de Pascal, rescapé :

« Depuis environ trois semaines, j’avais des fourmis dans les mains. Je trouvais ça bizarre, sans plus. Les fourmillements partaient, puis revenaient, dans la main, parfois le bras... Un soir, alors que j’étais invité, ils ont repris aux mêmes endroits pour remonter jusqu’à l’épaule. Finalement, ils ont gagné les jambes et, cette fois, j’ai dû m’asseoir. 
Un des convives s’est approché, m’a demandé ce qui se passait, et m’a fait effectuer quelques petits mouvements. C’était un cardiologue. Il m’a dit de me reposer. Je l’ai vu décrocher son téléphone et quatre minutes plus tard, une ambulance était là. C’est ce qui m’a sauvé !
Alors, aujourd’hui, sans être exemplaire, je fais plus attention à mon régime alimentaire. J’évite la nourriture trop riche et les excès en série. Légumes et fruits se côtoient tous les jours à ma table.
Sans être devenu amateur d’activité physique, je fais au moins attention à marcher le plus possible chaque jour. Mais surtout, j’ai profité de ce séjour à l’hôpital pour arrêter la cigarette  ! »

L’activité physique, un remède qui a fait ses preuves

Le risque de récidive après un premier AVC est évalué entre 30 et 43% à 5 ans. Pour beaucoup de patients, qui se disent souvent "miraculés", ce taux est source d’angoisses supplémentaires.

Pourtant, il existe un moyen très efficace pour diminuer les risques de récidive : l’activité physique adaptée (APA). 

L’activité physique permet de diminuer les facteurs de risques de récurrence d’un AVC tels que : pression artérielle, cholestérol, diabète, obésité, permet aussi de diminuer la consommation de tabac et d’alcool, … ”

Dr Laurent Uzan Cardiologue du sport à la Pitié-Salpétrière à Paris.

D’après les recommandations de la Haute autorité de santé, « une consultation médicale d’activité physique est toujours recommandée chez un patient post AVC, compte tenu des bénéfices pour la santé de l’activité physique ».

La HAS préconise également une épreuve d’effort (EE) et un test de marche de 6 minutes (TM6) pour déterminer les caractéristiques du programme de réentraînement (type, intensité, durée, fréquence), qui doit « respecter une progressivité adaptée aux progrès du patient ».

L’activité physique après un AVC : plus facile à dire qu’à faire ?

« Fatigue », « découragement devant la lenteur des progrès », « ressenti d’incapacité », « frustration », « syndrome dépressif »…

La HAS recense de nombreux freins à la reprise d’une activité physique après un AVC
Marie-Laure, 35 ans, mère de famille, témoigne pour l’association France AVC : « 9 mois après mon AVC, je suis tellement fatiguée alors que j’ai tant de batailles à mener et tant de proches à rassurer. Je m’épuise dans les gestes quotidiens et sombre soudainement dans la dépression, moi qui me définis comme quelqu’un de solaire ».

Pour le Dr Philippe Duc, cardiologue à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, « vous ne verrez jamais un patient commencer tout seul une activité physique après un AVC : c’est trop dur et effrayant ».
Et pour cause : il ne faut pas reprendre trop vite non plus, au risque de « décompenser »
, c’est-à-dire de faire un autre AVC. D’où l’importance de la consultation médicale et des tests préalables recommandés par la HAS pour déterminer le niveau du programme de réentraînement. « Aujourd’hui, seuls 30% des patients post AVC suivent un programme de ce type » regrette le Dr Philippe Duc.

Le saviez-vous ? La réadaptation cardiaque à l’activité physique est intégralement remboursée par la Sécurité sociale après un premier AVC. Elle peut être réalisée en ambulatoire à raison de 3 à 5 séances par semaine pendant un ou deux mois, ou à l’hôpital pour une durée de 2 à 3 semaines.

Quelle activité choisir ?

Tout dépend de l’avis médical (pour déterminer le niveau du programme) et de vos préférences. Tapis de course, gymnastique, rameur, vélo, natation, marche… Tous les goûts sont dans la nature !

Pour la Fédération française de cardiologie, « il est généralement recommandé à un malade cardiaque de pratiquer une activité d’endurance d’intensité faible à modérée 20 à 30 minutes par jour, 1 à 3 fois par semaine ». Par « intensité faible à modérée », comprenez un niveau qui demande un effort moyen (équivalent à une marche rapide) et qui accélère légèrement la fréquence cardiaque.

N’hésitez pas à vous faire conseiller également sur votre alimentation et hygiène de vie, afin d’adopter de nouvelles habitudes qui réduiront de façon significative le risque de récidive.

La santé cardiovasculaire des femmes, une priorité de santé publique

Les maladies cardiovasculaires constituent la 1ère cause de décès chez les femmes en France. La sensibilisation sur les facteurs de risque à tout âge, l’information sur la manifestation des symptômes et la prévention de la récidive restent donc essentielles pour mieux appréhender les risques cardiovasculaires chez les femmes.

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Rédigé par : Jade Ferreres