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Don et greffe d’organes et de tissus : le vrai du faux !

Si depuis 2017 les Français sont, sauf déclaration contraire, donneurs d’organes, beaucoup ne savent pas encore ce que cela implique. Quels sont les différents dons ? Peuvent-ils être réalisés de notre vivant ? Peut-on refuser d’être donneur ? À l’occasion de la journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe du 22 juin, découverte de ces dons qui sauvent des vies.
Médecin tenant un cœur en papier dans sa main

Qu’est-ce que le don d’organes et de tissus ? 

Vous connaissez peut-être le don de sang, de plaquettes, de plasma ou de moelle osseuse, mais connaissez-vous le don d’organes et de tissus ? Tout autant vital pour les malades, ce don peut être réalisé de notre vivant (10 % des dons) ou post mortem (90 %). Mais comment fonctionne-il ?

Les dons du vivant

Les personnes vivantes peuvent faire des dons d’organes de manière volontaire, mais uniquement à un malade proche. Le donneur doit être majeur, capable d’exprimer un consentement libre et éclairé et remplir des conditions médicales strictes. Cela concerne notamment le don de rein, car nous pouvons vivre avec un seul des deux, ou une partie du foie car c’est un organe qui se régénère. 

Le don de tissus de son vivant est aussi possible mais de manière très restreinte : dans le cadre d’une intervention chirurgicale (tête du fémur) ou après un accouchement (don de placenta). 

Les dons post mortem

Lorsqu’une personne décède à l’hôpital, la famille du défunt est contactée pour se renseigner sur sa volonté de donner ses organes ou non. Le registre des donneurs d’organes tenu par l’Agence de biomédecine est aussi consulté. Si le défunt est donneur, ses organes sont artificiellement maintenus en état jusqu’à leur prélèvement. Des analyses biologiques sont effectuées pour identifier si les organes sont compatibles avec des personnes en attente de greffe.

Que dit la loi sur ces dons post mortem ?

En France, ces dons sont encadrés par la loi de bioéthique de 1976 selon 3 grands principes : 

  • Le consentement présumé : contrairement à certains pays, en France tout défunt est considéré comme donneur sauf s’il a exprimé son refus de son vivant. Le refus peut être :

-Exprimé oralement à un proche ; 

-Noté par écrit, daté, signé et confié à un proche ;

-Mais aussi, et de manière plus officielle, inscrit au registre national des refus de l’Agence de biomédecine

  • La gratuité : le don est un acte de solidarité, il n’y a donc aucune contrepartie à cette générosité. 
  • L’anonymat : donneur et receveur ne connaissent pas l’identité de l’autre partie. 

Vous voulez être donneur de certains organes et/ou tissus mais pas de la totalité de votre corps ? C’est possible ! Inscrivez-vous au registre national des refus et indiquez les organes et/ou tissus que vous ne souhaitez pas donner. Vous pouvez formuler également cette demande par un écrit, signé et daté et le confier à l’un de vos proches.

Quelques chiffres

Qu’est-ce que la greffe d’organes et de tissus ? 

La greffe d’organes constitue un acte médical de dernière chance qui permet de remplacer ou suppléer un organe défaillant par un organe sain. De nombreuses pathologies nécessitent une greffe d’organe (maladies cardiaques, du foie…). Les organes qui peuvent être prélevés sont : rein, foie, cœur, poumon, pancréas, intestin. 

La greffe de tissus concerne quant à elle cornée, peau, valves cardiaques, veines, tendons, artères, ligaments et os. 

Le besoin en don d’organes et de tissus est important puisque post mortem, seulement 1 % des personnes peuvent être prélevées. Il ne suffit donc pas d’être consentant à réaliser ces dons, il faut aussi qu’ils puissent être prélevés et soient en bon état pour être ensuite greffés. 

Pourquoi donner ses organes et tissus ?

Aujourd’hui, en France, 20 000 personnes sont toujours en attente d’une greffe, attente qui peut aller de plusieurs mois à plusieurs années. 900 personnes décèdent chaque année en attendant une greffe

La greffe d’organes nous concerne donc tous : faire un don c’est permettre à des malades de retrouver une vie quasi-normale (même s’ils doivent suivre un traitement à vie).

Le vrai/faux des dons d’organes et de tissus

Je ne me suis pas inscrit sur le registre des refus, mes organes vont être automatiquement donnés

FAUX

Même s’il est fortement conseillé de s’inscrire au registre national des refus si vous ne souhaitez pas être donneur, vous pouvez aussi exprimer votre refus par écrit (daté et signé) ou oralement à un proche. 
Sans l’un de ces 3 éléments, vous êtes présumé donneur.

 

Le corps est restauré après le prélèvement

VRAI 

L’établissement de santé qui procède au prélèvement des dons assure les frais de conservation et de restauration du corps pour rendre aux proches du défunt un corps restauré au mieux possible. 

 

Les enfants mineurs ne peuvent pas être donneurs

FAUX

Dans le cas d’un mineur décédé (le don de son vivant n’est possible que pour les personnes majeures), le don d'organes et de tissus ne peut avoir lieu que si chacun des titulaires de l'autorité parentale ou le tuteur y consente par écrit. 

 

Le don d’organe est gratuit

VRAI

Pour éviter les trafics d’organes, les dons sont gratuits et anonymes en France. Par ailleurs, le prélèvement et les frais liés à celui-ci sont pris en charge par l’établissement de santé qui l’effectue.