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Comment se reconstruire après le suicide d’un proche ?

Le thème du suicide est douloureux et complexe, voire tabou. Il fait peur. Pourtant, le suicide cause près de 10 000 décès en France et environ 200 000 tentatives chaque année, selon l’Observatoire national du suicide. Aussi, il est important d’être informé, pour savoir comment agir, à la fois en prévention et en postvention.

En ce qui concerne la prévention du suicide, nous vous invitons à consulter l’article « Quand et comment agir pour prévenir le suicide ? » pour obtenir quelques conseils

Nous nous intéressons aujourd’hui à la postvention, ce terme qui désigne spécifiquement les mesures mises en place pour accompagner les personnes exposées au suicide d’un proche.  
Qu’il s’agisse du suicide d’un parent, d’un enfant, d’un conjoint ou d’un ami… La disparition d’un proche par cet acte définitif fait l’effet d’une bombe. Les étapes pour essayer de sortir de la souffrance qu’il a causée se succèdent et peuvent durer plus ou moins de temps. Ces étapes sont spécifiques au suicide. 

Les spécificités du deuil lié à un suicide

Comme pour tout deuil, vous passez par des étapes successives, des sentiments mêlés :

  • Le choc et la sidération
  • La fuite et la recherche
  • La déstructuration
  • La restructuration

La mort d’un proche par suicide entraîne toutefois des émotions spécifiques supplémentaires.

Vous cherchez à comprendre

Lorsqu’un proche choisit de mettre fin à ses jours, il laisse son entourage interloqué, déconcerté. « Pourquoi a-t-il fait cela ? », « Qu’est-ce qui est devenu soudain tellement insupportable que la seule issue était pour lui de se donner la mort » ? En boucle, les questions reviennent. Parfois, la personne disparue a laissé une lettre, un message pour expliquer son acte. L’entourage s’y accroche, relit chaque mot pour tenter de comprendre. Rarement il obtient une réponse satisfaisante, éclairante. Les réponses semblent souvent en inéquation avec la violence de l’acte.

Vous ressentez de la culpabilité, voire de la honte

« Comment n’ai-je pas pu voir qu’il allait tellement mal ? », « SI j’avais été plus à l’écoute, j’aurais pu l’aider, j’aurais pu éviter le passage à l’acte », » Je n’ai pas été présent » … Ces phrases reviennent également sans cesse dans la tête des proches. Un sentiment de culpabilité fort peut naître. Il peut être lié au profond regret d’avoir été impuissant face à la situation, ne pas avoir pu sauver l’autre. Il peut parfois même être lié au malaise de continuer à vivre, de rire, se divertir après ce qui s’est passé.  
Vous pouvez en outre parfois ressentir un sentiment de honte : vous ne voulez pas révéler la cause de la mort de votre proche.

Vous ressentez de la colère

De la colère vis-à-vis de tous ceux qui n’ont pas su repérer la douleur de votre proche. Qui auraient dû intervenir, qui aurait pu l’aider. Colère contre vous-même, pour la même raison. Mais aussi colère contre le défunt qui a commis cet acte définitif, d’une violence extrême, et qui n’en n’a pas mesuré les conséquences. 

Vous pouvez éprouver un soulagement

Dans quelques cas seulement, le suicide d’un proche peut être vécu comme une sorte de soulagement. Cela concerne essentiellement les situations où la personne était dans un état de grande souffrance constatée, comme dans le cas d’une maladie.
 

25 suicides par jour en moyenne en France

75 % sont des hommes

Les 45-54 ans et + de 75 ans sont les populations les plus touchés

Les principales causes, selon l’Observatoire national du suicide

19,2 % Solitude

18,6 % Dépression

14,35 % Couples, sentiments, famille

12,85 % Maladie physique

8,6 % Maladie psychique

Viennent ensuite : addiction, angoisse, rupture, violences, deuil, difficultés relationnelles, souffrance au travail, chômage.

Quelles solutions pour vous reconstruire après le suicide d’un proche ?

Le risque de dépression est fort chez les personnes dont un proche s’est suicidé. Vous devez vous préserver. 

Parlez, échangez avec vos proches

Vous êtes généralement plusieurs à souffrir, à la suite d’un suicide. Rapprochez-vous de l’entourage de votre proche disparu. Échanger vous permettra de partager votre douleur, vos doutes, vos hypothèses, votre colère, votre sidération…
Vous pouvez également vous confier à un ou une amie ou à un membre de votre famille, qui bénéficie de qualités d’écoute ou même de réconfort.

Consultez un thérapeute

Pour aller mieux, vous aider à cheminer plus vite à travers les étapes que nous avons vues, en quête de sens, de culpabilité, de colère, un spécialiste vous sera d’un grand secours. Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste, associations spécifiques… Trouvez le mode qui vous convient le mieux et l’interlocuteur en qui vous aurez confiance pour avancer. 

Acceptez d’aller mieux dans le temps

Malgré le choc initial, la culpabilité et la colère qui en découle, au fil du temps, vous allez continuer à vivre, à avoir des moments de joie, de plaisir… Acceptez-les. Vous avez le droit de retrouver le goût de vivre. 

Associations d’accompagnement du deuil après suicide et de la prévention du suicide

Numéro nationale de prévention du suicide : 3114, 24h/24, 7j/7, gratuit

Les acteurs de l’Union nationale pour la prévention du suicide se sont mobilisés pour réaliser un guide
Après le suicide d’un proche, Dr Christophe Fauré
La vie après le suicide d’un proche, Katia Chapoutier