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Fast-fashion : quel impact sur l’environnement et notre santé ?

Vous aussi, vous avez l’impression d’acheter fréquemment des vêtements, à bas prix et en grande quantité ? Fini les vêtements qui duraient toute une vie… Notre rapport à la mode a changé ! En quoi la fast-fashion a-t-elle transformé notre façon de consommer et quelles en sont les conséquences pour la planète et notre santé ? Enquête.

Selon le reportage "Les dessous de la mode à bas prix" produit par ARTE, « au milieu du XXe siècle, l’habillement représentait un tiers du budget des ménages… aujourd’hui, c’est à peine 5% ».

Pourtant, nous savons que nous consommons bien plus qu’à l’époque, alors d’où vient ce changement drastique dans les dépenses des Français ? 

La mode en chiffres

100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde.

60% des Français ont des vêtements qu’ils ne portent jamais.

700.000 tonnes de déchets textiles en France soit 11 kg par habitant et par an.

Seuls 12% des vêtements produits sont recyclés dans le monde.

  • L’industrie textile est la 2ème industrie la plus polluante derrière le pétrole, et émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année.
  • Les Français achètent en moyenne 30 kg de textile par habitant et par an.
  • 1 tonne de textile produite = 200 tonnes d’eaux polluées.

Source : Fast-Fashion, Les dessous de la mode à bas prix - ARTE, 2021.
 

Qu’est-ce que la fast-fashion ?

De vêtements à prix élevés mais durables que l’on se transmettait en famille, que l’on réparait lorsqu’ils étaient abimés et que l’on pouvait dénicher dans les fripes ou les marchés, un nouveau modèle économique s’est constitué à la fin du XXe siècle : le créateur du magasin Zara décide de s’inspirer des collections de haute couture en créant des articles bien moins chers, afin de toucher les classes moyenne et populaire.

Aujourd’hui, lorsque nous achetons un T-shirt à 5 euros, nous avons l’impression de faire une bonne affaire. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nouveau modèle de consommation du textile ? 

Le terme « fast-fashion » ne vous est peut-être pas familier, et sa francisation en « mode éphémère » est sans doute cryptique également.

Pourtant, dans nos modes de vie occidentaux, la plupart d’entre nous consommons de cette manière. La fast-fashion désigne en réalité un segment de l’industrie du textile qui se caractérise par : 

  • Une nouvelle collection toutes les semaines ou tous les mois.
  • Une production en faibles quantités pour éviter les stocks.
  • Des prix très attractifs, cassés. 
  • Des réductions et soldes réalisés très régulièrement. 
  • Une fabrication réalisée dans des pays en voie de développement comme l’Inde ou le Bangladesh.
  • Des vêtements accessibles en ligne et dans les 24h (avec livraisons et retours gratuits la plupart du temps).

Nous connaissons tous les marques qui en sont de parfaits exemples : Zara, H&M, GAP, Bershka, Pull&Bear, C&A, Primark, Shein, Mango, Oysho…

En possédant l’ensemble de la chaîne de production, des usines aux boutiques, un nouveau vêtement peut être créé en 4 semaines au lieu des 6 mois habituels. Fast-fashion = vêtements à bas prix = plus de clients.

Les dérives de la fast-fashion

Avec la création de ces marques de vêtements, la mode est tombée entre les mains de tous les consommateurs qui peuvent changer leur garde-robe constamment. Mais ce nouveau système de consommation montre également ses failles : avec des articles à bas prix, le consommateur achète toujours plus et porte les vêtements quelques fois avant de s’en lasser et de retourner dénicher les nouveautés en magasin. Malheureusement, ce système n’est pas sans conséquences humaines et environnementales.

L’impact humain de la fast-fashion sur les personnes qui portent les vêtements 

Dans les vêtements que nous achetons, 60% des fibres présentes sont des fibres synthétiques issues du pétrole, et un grand nombre de substances que nous ne connaissons pas sont utilisées. Sur leurs étiquettes, nous retrouvons leur composition à travers le tissu qui a servi à les fabriquer mais jamais les teintures, les effets comme le sablage ou les produits ajoutés pour les rendre imperméables ou infroissables. Pourtant, ces substances peuvent être toxiques pour ceux qui les portent sur le long terme et avoir des effets négatifs tels que : 

  • Avoir un effet sur la fertilité et la croissance à travers des perturbateurs endocriniens. 
  • Être à l’origine d’irritations des yeux et des voies respiratoires. 
  • Créer de l’eczéma et des inflammations.
  • Entraîner des retards de croissance et de développement chez un enfant.
  • Développer la possibilité d’avoir de l’asthme et des allergies. 
  • Être à l’origine de certains cancers.

Pensez toujours à laver un vêtement neuf : cela permet d’enlever un certain nombre de ces substances toxiques avant de le porter ! Et, dans l’idéal, privilégiez les matières naturelles (coton bio, lin, chanvre, laine…) et les matières certifiées (GOTS, Oeko-Tex…).

L'impact sur les personnes qui confectionnent les vêtements

Comme nous l’avons évoqué plus haut, les vêtements issus de la fast-fashion sont quasiment tous assemblés dans les pays en voie de développement comme l’Inde, le Bangladesh, la Chine ou le Vietnam.
Car pour vendre à moindre coût, il faut produire à moindre coût. Dans ces pays, la main d’œuvre est bien moins chère qu’en France, les conditions de travail sont très peu encadrées et le travail des enfants encore bien présent.

Au Bengladesh par exemple, un ouvrier travaillant 6 jours par semaine touche 83 euros par mois (alors qu’il lui faudrait environ 400 euros pour vivre). Avec des conditions financières telles et pas d’autres alternatives de travail, les ouvriers se retrouvent dans une impasse.

De plus, les catastrophes liées à ce système de production se développent : en 2013 par exemple, 1 135 personnes sont décédées dans l’effondrement du Rana Plaza au Bengladesh, aujourd’hui symbole des problèmes qui découlent de la fast-fashion. 

Droits du travail bafoués, conditions de travail insalubres, salaire de misère… Cet esclavage des temps modernes est encore plus accentué par les problèmes de santé que développent de nombreux travailleurs du textile.

Avec les produits chimiques utilisés dans les teintures ou la création de tissus spécifiques, comme c’est le cas pour le fil de viscose, de nombreux dangers d’émanations toxiques sont révélés dans les usines, ce qui augmente considérablement le développement de maladies physiques et mentales chez ces travailleurs. 

L’impact environnemental de la fast-fashion

Le textile étant la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole, ce n’est pas une surprise d’apprendre que la fast-fashion entraîne des conséquences désastreuses pour l’environnement. En effet, la consommation étant effrénée, la production est d’autant plus toxique : les pesticides sont propagés dans les champs de coton, les produits chimiques sont utilisés pour transformer certaines matières en tissus et dans les teintures, et les eaux des rivières sont contaminées par tous ces produits.

Les personnes qui vivent aux alentours des rivières polluées par ces industries sont les premiers touchés : paralysies, problèmes d’articulations, pertes de la parole, retards mentaux et physiques… de nombreuses maladies sont découvertes chez ceux qui n’ont d’autres choix que de continuer à utiliser les rivières pour boire et se nourrir au quotidien. 

Cette production de vêtements éphémères, aussi appelés « jetables » de par leur durée de vie très courte, détruit les écosystèmes et les nappes phréatiques. Mais il est aussi estimé qu’en 2015, l’industrie du textile a produit plus de gaz à effet de serre que les transports internationaux et maritimes combinés... 

L’impact environnemental d’un jean

  • 65.000 kms parcourus entre sa création et sa vente. 
  • 11.000 litres d’eau utilisés pour créer un jean.
  • jusqu’à 40 kg de CO² émis (un vol Paris-Londres, c’est 50 kg par passager).
  • des techniques souvent prohibées en Occident, comme le sablage qui donne un aspect délavé aux jeans.  

Au-delà de la production, le transport de ces vêtements est lui aussi très polluant. Saviez-vous que la livraison de commandes représente 10% des gaz à effet de serre de tous les transports réunis ? Et que la mode en ligne c’est aujourd’hui un tiers des commandes ? Avec le développement des livraisons toujours plus rapides, cette pollution augmente car le véhicule devient quasi spécialisé à la livraison d’une ou deux commandes qu’il doit livrer en 24h.  

Un impact environnemental qu’il est parfois difficile à chiffrer et qui n’est pas encore évalué sur le long terme. Pourtant, les conséquences sur l’environnement et l’humain sont déjà bien présentes par ces productions de vêtements à bas prix. 

Alors, que faire pour limiter son impact environnemental et humain lors de l’achat d’un vêtement ? Retrouvez la suite de cet article avec quelques pistes de réflexions pour découvrir le greenwashing et changer doucement vos habitudes de consommation vers une économie plus responsable !