#Objectif bien-être

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Fast-fashion : ralentir notre consommation fait du bien à l’environnement et à notre santé

Avec la fast-fashion, nous sommes tous et toutes devenus des addicts de la mode. Pourtant, cette façon de consommer le textile est autant toxique pour l’environnement que pour l’humain.
Alors, comment privilégier une consommation éco-responsable ? Comment faire les bons choix lorsque l’on veut un nouveau vêtement ? Quelles sont les matières à privilégier ?

Nous l’avons vu dans l’article « Fast-fashion : quel impact sur l’environnement et notre santé ? », notre consommation de textile a explosé avec la mode à bas prix.
Or, cette industrie est la 2e la plus polluante au monde : production effrénée, tissus toxiques pour la peau et souvent issus du pétrole, salariés en grande précarité et mal protégés des matières chimiques qui sont utilisées, teintures polluantes, eaux des rivières contaminées, habitants touchés par des maladies physiques et mentales...
Les choix que l’on fait en matière de vêtements sont aussi impactants pour nous que pour notre planète !

Comment changer ses habitudes pour une mode plus responsable ? Comment se protéger et protéger notre environnement ?

Quelles sont les questions à vous poser avant d’acheter un vêtement ?

Vous souhaitez consommer moins, mais mieux ?

Avant d’acheter votre prochain vêtement, voici quelques questions à vous poser :

  1. Besoin : avez-vous besoin d’un nouveau vêtement ou en avez-vous simplement envie ? Si c’est une envie, votre envie est-elle passagère ou est-ce un coup de cœur ?
  2. Utilisation : le vêtement que vous voulez acheter va-t-il être porté de nombreuses fois ou une seule ? Si c’est une seule, ne vaudrait-il pas mieux que vous louiez ce vêtement ou que vous l’empruntiez à quelqu’un ? Ne pouvez-vous pas trouver cet article en seconde main ?
  3. Prix : un T-shirt à 5 euros, une robe à 15 euros ou un manteau à 30 euros sont forcément issus de la fast-fashion. Ne vaudrait-il pas mieux que vous achetiez 1 article durable au prix juste et équitable plutôt que 3 qui vont surement s’abimer rapidement ?
  4. Provenance : où le vêtement a-t-il été conçu ? fabriqué ? d’où a-t-il été transporté ? Lisez les étiquettes. Privilégier les vêtements fabriqués en France assure une certaine qualité et un salaire minimum pour les travailleurs.
  5. Marque : la marque de ce vêtement est-elle vraiment éthique ? Si non, ne pouvez-vous pas trouver une alternative qui met la planète et l’humain au cœur de ses créations ?
  6. Matière : polyester, nylon, coton, polyamide, viscose… sont des matières transformées et/ou issues de récoltes très polluantes et donc à éviter. Il existe de belles alternatives pour les mêmes propriétés : coton biologique recyclé, chanvre, cuirs recyclés (ananas, cactus…), nylon recyclé, lin, laine recyclée…

Que deviennent les vêtements dont vous ne voulez plus ?

Une fois le vêtement produit par une marque et acheté par un client, l’idée est de le conserver le plus longtemps possible afin de "rentabiliser" son fort impact écologique et humain.

Avec la fast-fashion, les vêtements sont portés à quelques occasions seulement, puis le consommateur s’en lasse, car il voudra acheter une nouveauté, ou le vêtement s’est abimé car la qualité du tissu n’est pas idéale.

Lorsque vous ne voulez plus d’un vêtement, il n’existe que 3 solutions pour le produit :

  • Réutilisation : avec des dons à des associations, des reventes sur des sites en ligne, etc. Les vêtements sont réutilisés tels quels.
  • Incinération : les vêtements trop abimés, ou pour lesquels on ne trouve pas de nouvelles fonctions, sont incinérés. Cette technique produit de l’énergie, mais est aussi très polluante !
  • Recyclage : les vêtements sont transformés en un autre vêtement ou pour en faire autre chose (des briques isolantes, par exemple).

Consommer moins = polluer moins

Pourtant, une grande quantité de vêtements déposés dans des conteneurs pour être donnés aux plus démunis, finissent par être envoyés dans les pays pauvres.

Au Ghana par exemple, le Kantamanto Market est devenu le plus grand marché de la seconde main, avec 15 millions de vêtements proposés sur les étals. Ces vêtements sont tous issus de pays occidentaux comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou la France, pour être ensuite triés, revendus ou, pour 40% d’entre eux, déposés dans des décharges à ciel ouvert…

Lorsque vous achetez un T-shirt issu de la fast-fashion que vous porterez à 2 reprises avant de vous en débarrasser, vous ne vous doutez pas toujours que ce vêtement n’aura pas une seconde vie.

Pourtant, changer sa garde-robe aussi souvent est problématique de bien des façons.
Ces vêtements, qui finiront pour beaucoup dans des décharges, ne seront jamais dégradables dans l’environnement, car leurs matières sont composées de produits chimiques, de teintures, de plastique, etc. Ceux qui finiront dans les océans seront ingérés par les poissons, que vous mangerez à votre tour…

Un cycle sans fin, donc.

Penderie 5 vêtements, 1 paire de chaussure

© photo by Amanda Vick, on Unsplash

Faites attention au greenwashing !

Ces dernières années, les consommateurs se sont de plus en plus intéressés à la fabrication et la provenance des vêtements qu’ils achètent, parfois même en se détournant des marques de fast-fashion.

Afin de ne pas perdre de consommateurs, celles-ci ont alors développé un nouveau secteur : la "mode durable".
Vous l’avez sans doute aperçue dans de nombreux magasins sous la forme d’étiquettes "bio" ou de pastilles "éthique", de publicités "mode durable" ou "respectueuse de l’environnement"… C’est ce que l’on appelle le greenwashing.

Si les consommateurs ont l’impression que les marques se tournent vers l’éthique et le responsable – que ce soit dans la récolte de coton, la production de vêtements, le droit des ouvriers, le transport contrôlé, etc. – la vérité est toute autre : la marque fait en effet un pas en avant à travers un label particulier, mais cela ne veut pas dire que ce label est réellement éthique, ni que les autres labels le sont.

Mode "durable" ne veut pas dire "éthique" !

Des labels "verts" à examiner de près

Certaines marques lancent par exemple un label « mode durable » alors que les sont en viscose (une matière obtenue grâce à un procédé qui recrée des fibres artificielles à partir de cellulose végétale). La marque fait ainsi la promotion de cette viscose fabriquée avec de la pulpe de bois et réalisée avec du bois issu de forêts contrôlées et certifiées durables. Toutefois, elle n’explique pas que pour transformer le bois en pulpe de bois, puis en fibre et enfin en tissu, il faut énormément de produits chimiques polluants et d’eau. L’appellation « mode durable » recouvre seulement l’idée d’utiliser un bois certifié durable.

La conception, la production, la main d’œuvre, le transport… les autres étapes n’ont pas été améliorées.

Il faut donc être extrêmement prudent avec les marques qui vendent leurs vêtements comme des produits "verts" mais pour lesquels, en réalité, la plupart des maillons de la chaîne ne sont pas respectés.

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoit l’interdiction de détruire (décharge ou incinération) les stocks d’invendus de vêtements à partir de 2022. Cela permettra de pousser les entreprises à mieux gérer leurs stocks et à développer la seconde main et le recyclage.

Une bonne nouvelle pour le 2ème secteur le plus polluant au monde !

4 alternatives simples à la fast-fashion

  • Acheter un nouveau vêtement si vous en avez vraiment besoin.
  • Privilégier la seconde main : dans les fripes, la qualité des vêtements vintage est plus intéressante que ce que l’on produit aujourd’hui, mais aussi sur des sites en ligne de reventes entre particuliers.
  • S’essayer à l’upcycling : vive le DIY, qui permet de transformer une robe en jupe pour lui donner une nouvelle vie, par exemple.
  • Louer sa garde-robe sur des sites spécialisés, moyennant un abonnement mensuel ou annuel. Et n’acheter – éventuellement – que les articles qui vous plaisent réellement.

La fast-fashion a donc complètement changé notre façon de consommer et continue d’avoir un impact négatif sur l’environnement et sur l’humain. Pourtant, de plus en plus de marques soucieuses de leur impact cherchent à produire en quantité contrôlée des vêtements éthiques et responsables que l’on pourrait garder des années.

Les points positifs à consommer différemment

Utiliser ces petites astuces permet de :

Diminuer les gaz à effet de serre, l’utilisation d’eau et d’énergie polluante ;
Limiter les décharges à ciel ouvert, dont les produits finissent par polluer les sols et les océans ;
Encourager une production plus responsable pour la santé des salariés et des consommateurs ;
Dépenser moins, à long terme, car les vêtements éco-responsables sont utilisables des années…

 

Tous ensemble, nous pouvons faire de notre mieux pour nous tourner vers une mode éthique, durable, et une économie circulaire. Car notre environnement et notre santé doivent être une priorité d’aujourd’hui comme de demain !