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L’alcoolisation fœtale, qu’est-ce que c’est ?

Première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant, le syndrome d’alcoolisation fœtale concernerait entre 1 à 3 naissances sur 1 000 par an en France. À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation au syndrome d'alcoolisation fœtale, le 9 septembre, enquête sur ce syndrome encore tabou…

L’alcoolisation fœtale : qu’est-ce que c’est ? 

L’alcoolisation fœtale est le fait de consommer de l’alcool pendant la grossesse. Cela peut être volontaire lorsqu’une femme enceinte boit un verre occasionnellement ou lorsqu’elle est touchée par l’alcoolisme, ou involontaire lorsqu’une femme boit de l’alcool en ne sachant pas encore qu’elle est enceinte. 

Selon une enquête menée par Santé publique France, seuls 25 % des Français savent qu’il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque pendant la grossesse.

Or, les risques sont très importants !

L’alcool qui est consommé lors d’une grossesse passe dans le sang du fœtus à travers le placenta. Fortement toxique pour le fœtus, cela peut engendrer des conséquences graves sur son développement… et être à l’origine du syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) qui constitue la conséquence la plus grave d’une consommation d’alcool pendant la grossesse.

Quelques chiffres

1 femme sur 10 déclare avoir occasionnellement consommé de l'alcool pendant sa grossesse.

6 femmes sur 10 déclarent avoir été informées des risques de la consommation d'alcool par un professionnel de santé.

10 à 20 naissances sur 1 000 par an sont touchées par l’ensemble des troubles liés à l’alcoolisation du fœtus.

Sources : Baromètre santé 2017, Santé publique France, et Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Objectif zéro alcool pendant la grossesse !

Le risque immédiat est la possibilité de faire une fausse couche ou d’avoir un accouchement prématuré. Lorsque le bébé est né, les conséquences peuvent être plus ou moins visibles mais tout aussi dramatiques :

  • Malformations ;
  • Retards de croissance ;
  • Troubles de développement neurologique : retard mental, difficultés d’apprentissage, troubles du calcul et du langage… ;
  • Trouble des facultés d’adaptation sociale, du comportement…

Selon la Haute Autorité de Santé, les enfants atteints du SAF ou d’une autre forme de trouble lié à la consommation l’alcool durant la grossesse ont un diagnostic qui est souvent posé lorsque les troubles d’apprentissage et du comportement apparaissent à l’école. Parmi ces enfants, un certain nombre pourra développer des conséquences sur le long terme telles que : 

  • L‘échec scolaire ;
  • La délinquance, l’incarcération et/ou la consommation de substances ; 
  • Des difficultés d’insertion sociale…

Bien entendu, toutes les prises d’alcool pendant la grossesse ne résultent pas forcément d’un SAF pour l’enfant, comme tous les enfants atteints du SAF ne seront pas forcément touchés par ces conséquences sur le long terme !  

Toutefois, les études ne permettent aujourd’hui pas de déterminer la quantité d’alcool qui devient toxique pour un fœtus. C’est pourquoi, une consommation ponctuelle d’alcool reste un risque : en France, l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé recommande de ne pas consommer du tout d’alcool pendant la grossesse !
 

Bon à savoir : il n’y a pas d’alcool plus ou moins risqué dans le cas d’une grossesse. Une bière n’aura pas moins de conséquences qu’un verre de whisky !

Femmes vulnérables : une attention accrue

Si toutes les femmes sont concernées, le SAF est d’autant plus difficile à vivre pour les femmes qui sont vulnérables. 
On entend par vulnérables les femmes isolées, victimes de violences conjugales, souffrant de troubles mentaux, présentant déjà des addictions...

Vous êtes témoin d’alcoolisation fœtale ?  

Si chaque femme a une histoire et une vulnérabilité différente, l’accompagnement que l’on peut leur apporter varie d’une femme à l’autre.

Pour autant, si l’on repère une addiction à l’alcool chez une femme enceinte, 2 règles sont à suivre quand cela est possible : 

  • La mettre en confiance et l’écouter avec empathie et respect.
  • L’ inviter à consulter des spécialistes dans les domaines médical, psychologique et social, qui l’accompagneront pendant sa grossesse et après l’accouchement. 

Briser le tabou peut s’avérer difficile mais il est possible de les aider en en parlant. 

Vous êtes directement concernée et vous vous posez des questions ?

Vous êtes enceinte et avez consommé de l’alcool avant de découvrir votre grossesse, ou vous consommez de temps en temps ou plus régulièrement de l’alcool ?

Demandez conseil à votre médecin traitant, sage-femme, gynécologue sur la procédure à suivre. Si vous préférez l’anonymat, il existe des associations spécialisées pour répondre à vos questions et vous aider.

N’hésitez pas à vous renseigner et, le cas échéant, à vous faire accompagner. 

Enceinte, vous avez envie d'un verre ou on vous propose un ? 

Il peut arriver qu’à la maison ou en soirée, l’idée d’une coupe de champagne ou d’une bière vous tente, ou que votre entourage se montre insistant.

Voici quelques conseils pour vous aider patienter quelques mois : 

  • Informez vos hôtes que vous ne prenez pas d’alcool car bébé n’aime pas ça.
  • Si vous sentez la moindre pression sociale, n’hésitez pas à dire un « non » ferme. Ne pas boire d’alcool ne vous exclue pas du groupe !
  • En sortie comme à la maison, il existe des cocktails, bières, boissons sans alcool qui peuvent être très bons. Pourquoi ne pas faire de nouvelles découvertes ?


Plus d’informations sur SAF France 

Rédigé par : Mélina ALBIN