#Objectif bien-être

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Avez-vous déjà entendu parler de la BPCO ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) est une maladie des poumons et des voies aériennes qui, à ce jour, se traite mais ne se guérit pas. Elle peut engager le pronostic vital. AÉSIO mutuelle vous aide à mieux comprendre cette maladie.
Maladie BPCO

La BPCO, qu’est-ce que c’est ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive est une forme grave de bronchite qui affecte le souffle et provoque des dommages irréversibles des poumons. Elle se caractérise par une obstruction permanente des bronches et bronchioles. Le passage de l’air vers les alvéoles pulmonaires est freiné, l’oxygénation du sang est perturbée. Le fait de monter quelques marches d’escalier ou de porter une valise, peut devenir très difficile.

C'est une maladie à progression lente qui évolue sur plusieurs années. Elle est courante diagnostiquée plus particulièrement chez les fumeurs. Sa fréquence dans la population féminine est en constante augmentation, du fait du nombre croissant de fumeuses. De plus, pour une même consommation de tabac, les femmes développent des formes plus précoces et plus graves de BPCO que les hommes.

Comment diagnostiquer la BPCO ?

Les premiers symptômes de la BPCO sont ceux de la bronchite chronique :

  • Vous toussez et crachez, en particulier le matin. 
  • Vous constatez un essoufflement à l’effort. 
  • Vous avez souvent des bronchites qui ont du mal à guérir.
  • Vous avez une sensation de fatigue permanent.

Si vous cochez au moins 2 de ces cases, n’hésitez pas à consulter votre médecin, qui recherchera d’autres troubles : anxiété, dépression, amaigrissement, atteinte cardiovasculaire…

Les médecins ne peuvent pas guérir la BPCO mais ils peuvent améliorer vos symptômes, ralentir la dégradation de vos bronches et poumons et limiter les exacerbations poussées de la maladie. 

Quelles sont les causes de la BPCO ?

Le tabagisme est la cause de 80 % des BPCO. Le tabac entraîne la production d’une quantité excessive de mucus dans les bronchioles, ce qui favorise les infections bronchiques. Ces infections augmentent à leur tour la production de mucus et maintiennent l’inflammation des bronches et des bronchioles. Tous les fumeurs ne sont pas égaux face à la BPCO : à tabagisme égal, seuls 20 à 30 % des fumeurs développeront cette maladie.

La BPCO est une maladie professionnelle dans 15 % des cas : l’exposition répétée à certains produits augmente le risque d’affections pulmonaires.

Enfin, il existe une forme héréditaire de BPCO et d’emphysème, mais elle reste rare. La pollution atmosphérique peut également être la cause d’une BPCO.  

BPCO : attention aux métiers à risques

Les travailleurs du secteur minier sont à risque en cas d’exposition à la silice, de travaux au fond des mines de charbon ou de fer, avec inhalation de poussières ou fumées d’oxyde de fer.

Les métiers du bâtiment et travaux publics sont concernés en cas de creusement des tunnels, d’asphaltage des routes ou encore en cas d’exposition chronique et/ou à des niveaux excessifs de gaz, de poussières et de vapeurs.

Un risque de BPCO est également documenté dans les secteurs de la fonderie et la sidérurgie, en cas d’exposition à plusieurs particules minérales (poussières métalliques, charbon, silice), à des gaz ou des fumées (émissions des fours, fumées métalliques, oxyde de soufre ou d’azote). 

Dans l’industrie textile, ce sont les employés de filature de coton, lin, chanvre ou sisal qui sont exposés.

Quant aux métiers agricoles et d’élevage, plusieurs sont concernés par ce risque : ouvriers travaillant dans des silos, dans la production laitière, l’élevage de porcs ou de volailles ou encore en cas d’utilisation de pesticides. 

Peut-on prévenir la BPCO ?

Quelques habitudes à adopter peuvent réduire les risques de contracter une BPCO.

  • Si vous fumez, le mieux est d’arrêter : c’est la clé du traitement, et il n’est jamais trop tard. Faites-vous aider et bénéficiez d’un suivi médical, demandez conseil à votre médecin traitant !
  • Respirez sainement. Évitez les zones enfumées et polluées. Consultez les bulletins de qualité de l’air et, les jours où celui-ci est pollué, faites moins d’effort physique. Si vous faites de la course à pied, par exemple, courez le matin tôt et évitez la proximité des grands axes.
  • Respirez efficacement. Pour augmenter vos capacités respiratoires, apprenez à respirer par l’abdomen. Cet apprentissage est plus facile à faire en position couchée. Placez vos mains de chaque côté du nombril, relaxez vos muscles abdominaux puis inspirez profondément par le nez en gonflant le ventre. Vous devez sentir vos mains monter. Expirez par la bouche en maintenant les lèvres presque fermées.
  • Soufflez des bougies. Imaginez-vous devant une bougie allumée. Inspirez profondément, fermez presque complètement vos lèvres et entraînez-vous à expirer autant d’air que possible.
  • Faites de l’exercice. L’activité physique améliore l’endurance et permet donc d’être plus actif en se sentant moins fatigué. Faites de la marche tous les jours à votre rythme.
  • Habillez-vous confortablement. Évitez les ceintures qui compriment le ventre et les vêtements trop serrés, qui empêchent de respirer profondément.
  • Surveillez la météo. Un air trop chaud ou trop froid renforce la difficulté à respirer. Si vous le pouvez, restez au frais par temps chaud ou sortez dans des lieux climatisés. Lorsqu’il fait froid, si vous devez sortir, enveloppez votre nez et votre bouche avec une écharpe pour réchauffer l’air que vous respirez.

Attention aux sirops !

La bronchite s’accompagne souvent d’une toux grasse et persistante. Il ne faut jamais prendre d’antitussifs sans avis médical, car la toux permet d’évacuer les mucosités. De plus, les antitussifs contenant un opiacé (codéine…) sont contre-indiqués en cas de BPCO, ils peuvent aggraver l’insuffisance respiratoire. Les fluidifiants bronchiques doivent être pris uniquement selon la prescription de votre médecin.

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Comment soigne-t-on la BPCO ?

Le premier traitement contre la BPCO consiste, bien entendu, à cesser de fumer. Votre médecin peut vous prescrire des médicaments ou des substituts nicotiniques (gommes, patchs...), qui faciliteront l’arrêt du tabac. Il peut y associer des thérapies cognitivo-comportementales. Votre pharmacien peut également vous accompagner dans l’arrêt du tabac.

Actuellement, il n'existe pas de médicaments qui permettent de guérir de la maladie. Les médicaments destinés à dilater les bronches sont utilisés afin d'apporter plus d'air aux alvéoles.

Des séances de kinésithérapie respiratoire peuvent également vous aider à respirer, en facilitant l'élimination des sécrétions bronchiques et en apprenant à bien expectorer (toux, crachats).

Dans la mesure du possible, une activité physique adaptée doit être pratiquée. Chez les personnes en insuffisance respiratoire chronique, on utilise l'oxygénothérapie, où le patient inspire un air enrichi en oxygène plusieurs heures par jour.

Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge de la BPCO ?

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de la BPCO. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à de meilleures capacités cardiorespiratoires et une plus grande autonomie dans la vie quotidienne.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de BPCO : par exemple, athlétisme, karaté, natation.

Doit-on se faire vacciner contre la grippe en cas de BPCO ?

Les personnes qui souffrent de BPCO doivent se faire vacciner contre la grippe tous les ans.

La vaccination contre la grippe est particulièrement importante : elle réduit de moitié le risque de décès dû à la grippe chez les personnes de plus de 65 ans.

La vaccination contre les infections à pneumocoques est également recommandée pour toutes les personnes souffrant de BPCO.