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Femmes et travail : les clés pour booster l’estime de soi

Être reconnue dans votre travail, avoir confiance en vous, négocier votre salaire… Il y a des chances que ces objectifs vous parlent, a fortiori si vous êtes une femme !
Sarah Zitouni, créatrice de PowHER ta carrière et coach, aide les femmes à exprimer leur potentiel. Elle partage ses conseils avec AÉSIO mutuelle.

« Les femmes sont en moyenne payées 18% de moins que les hommes, 10.5% pour un travail à compétences et poste égaux », observe Sarah ZITOUNI dans son livre Tout vouloir tout avoir, sur la base des chiffres de 2015 communiqués par l’Insee et le ministère du Travail. Des indicateurs qui forcent à nous interroger sur la place des femmes dans le monde du travail. Pourquoi une telle inégalité ? Comment rétablir plus d’équité ? Quel rôle pouvons-nous chacun jouer ? Autant de questions auxquelles nous avons à cœur de répondre.

Depuis sa création, AÉSIO mutuelle se mobilise, en effet, en faveur de la santé des femmes, avec l’ambition de faciliter et accélérer la prise de conscience des enjeux en santé spécifiques aux femmes.

La #SantéAuFéminin, un sujet fort chez AÉSIO

Or, la santé se définit comme « un état de complet bien-être physique, mental et social », selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Et le bien-être mental se joue tant dans la sphère privée que professionnelle. Si l’on considère que nous passons en moyenne 39,1 heures au travail par semaine, selon l’Insee pour l’année 2019, il semble urgent de se pencher sur les pistes d’optimisation de notre bien-être au travail.

Comment lutter contre vos petites voix négatives qui vous empêchent d’avancer, de vous mettre en avant, de bénéficier de la reconnaissance que vous méritez ?

Comment faire face à un monde du travail « fait par les hommes pour les hommes » ? Comment découvrir votre pouvoir intérieur, lutter contre vos petites voix négatives qui vous empêchent d’avancer, de vous mettre en avant, de bénéficier de la reconnaissance que vous méritez ?

Sarah ZITOUNI répond à ces questions dans son livre Tout vouloir tout avoir. Elle partage en exclusivité pour nous quelques conseils et astuces, que vous pourrez déjà appliquer au quotidien.

Estime de soi, confiance en soi : sommes-nous tous égaux ?

La confiance en soi, voilà un ressenti qui interpelle probablement quelques-unes d’entre nous. Elle se caractérise par le ressenti que nous avons vis-à-vis de nous « C’est la sensation que l’on se sent à l’aise avec soi-même. On sait qui on est ». La notion d’estime de soi, quant à elle, est « davantage liée à une idée de valeur. On sait ce qu’on vaut, il n’y pas de notion de jugement », explique Sara ZITOUNI.

© Sarah ZITOUNI

Sommes-nous tous égaux face à ces notions ?

Il n’y a pas à proprement parler de personnes qui naissent sans. Tout dépend plutôt de la manière et des circonstances dont on va vivre les choses. Il est tout à fait possible d’acquérir la confiance en soi ou, au contraire, de la saboter. « La bonne nouvelle, c’est que c’est réversible » ! Sarah ZITOUNI en a fait elle-même l’expérience « Aujourd’hui, j’ai confiance, et je suis à l’aise avec qui je suis. Ça n’a pas été toujours le cas ! Je ne suis pas née avec une confiance en moi débordante. J’ai expérimenté les différentes méthodes, les neurosciences… À partir de ces expérimentations, sur presque 10 ans, j’ai pu établir la méthode PowHer ta carrière. J’ai exploré, fait des bêtises. Aujourd’hui, je peux aider les femmes à aller plus vite. »

Sarah propose des programmes de coaching sur 6 semaines, à l’issue desquelles ses "coachées" arrêtent de se déprécier ou parviennent à reconnaître quand elles le font.
De fait, elles peuvent relativiser le « syndrome de l’imposteur » dont elles souffrent alors. Elles évitent ainsi d’atteindre le burn-out, qui n’est « pas uniquement lié à la charge de travail mais aussi à la reconnaissance. Il est très important de savoir trouver sa reconnaissance en interne. Ça aide à poser ses limites, ce qui est difficile quand on pense qu’on a déjà de la chance d’être là. »

Aujourd’hui, j’ai confiance, et je suis à l’aise avec qui je suis. Ça n’a pas été toujours le cas ! (…) J’ai expérimenté différentes méthodes, les neurosciences… À partir de ces expérimentations (…) j’ai pu établir la méthode PowHer ta carrière. Aujourd’hui, je peux aider les femmes à aller plus vite. ”

Sarah ZITOUNI Coach & Auteur du livre "Tout vouloir tout avoir"

Meilleures à l’école, mais devancées en entreprise : la curieuse trajectoire des femmes

Pourquoi les meilleures élèves peinent en entreprise, soudain devancées par les hommes ? Simplement parce que « le monde du travail n’est pas du tout fait sur le même modèle que le modèle scolaire. A l’école, il y a des barèmes de notation, des plans… Tout est très codifié. Si l’on travaille beaucoup, on est récompensé. Dans le milieu professionnel, c’est très différent. Il n’y a pas de réponse juste ou fausse. On passe dans une logique de concours de rhétorique et d’auto-promotion. Le travail ne parle pas seul, il faut parler pour son travail. »

Les femmes ont tendance à agir sur la base des réflexes scolaires. Dès l’entrée en poste, pour la négociation de salaire, puis dans l’attente des marques de reconnaissance. « Si on pense qu’une entité supérieure va nous récompenser parce qu’on a bien travaillé, on va vers de grandes désillusions… ».

Le travail ne parle pas seul. Il faut parler pour son travail ! ”

Sarah ZITOUNI

Les femmes sont conditionnées par l’éducation reçue. Alors que pour les garçons, on valorise l’audace, l’exploration, la parole ; pour les filles, on aura tendance à beaucoup dire « fais attention ! », sans que l’on sache d’ailleurs à quoi, à qui.
En opérant ainsi, « on instaure une croyance limitante, une peur de l’échec » chez la petite fille. Et d’ailleurs, beaucoup de femmes n’ont jamais échoué, « l’échec est vécu comme un croque-mitaine énorme, tapi dans l’ombre ! ».

Un autre travers, c’est la parole. Dans notre société et dans les sociétés, on valorise la parole de l’homme. Une étude sur la cour Suprême de Justice des Etats-Unis, réalisée il y a 2 ans, démontrait que les hommes coupaient 2 fois plus la parole aux femmes. Une manie tellement répandue qu’elle porte même un nom : le "manterrupting" !

3 conseils pour booster votre confiance en vous 

L’inégalité entre les hommes et les femmes est profondément ancrée dans notre société.
L’objectif de Sarah ZITOUNI n’est pas de proposer LA révolution, mais des pistes pour que chacune puisse mener sa propre révolution. Pour cela, elle arme les femmes, afin qu’elles puissent « poser des limites et se sentir écoutées quand elles parlent ».

  • Conseil n°1 : travailler sur vous

La première chose à faire, c’est de « travailler en interne, sur soi : identifier son désir, ce qu’on veut, ce qui nous importe. Une fois ces fondations établies, on pourra alors l’appliquer en externe, par rapport à ses collègues ».

  • Conseil n°2 : tenir la liste de vos accomplissements

Les accomplissements, c’est ce que vous réussissez à faire dans la vie. Or « notre cerveau se souvient 5 fois plus d’un événement négatif que positif ! Ecrire ses accomplissements, sur un carnet, son portable, son PC peu importe, permet de lutter contre le syndrome de l’imposteur. D’un point de vue scientifique, les souvenirs s’impriment par couches successives : quand on écrit, on lit aussi, du coup, on produit plusieurs couches, le souvenir s’imprime 2 fois. »

Il faut veiller à ne pas banaliser nos accomplissements : une réunion de travail cruciale, même si elle s’est bien passée, n’en perd pas de la valeur !
Et chaque accomplissement compte, pas uniquement les gros. Ainsi, « avoir survécu à la crise sanitaire, physiquement et mentalement en bonne santé, est en soi un accomplissement », note Sarah ZITOUNI.

  • Conseil n°3 : distinguer vos 2 voix

Il est assez répandu chez les femmes d’entendre deux voix, deux sons de cloches intérieurs.
L’un qui dit « je mérite mieux », et l’autre qui correspond à la voix du syndrome de l’imposteur, qui sabote la perception, en véhiculant des messages tels que « je ne peux pas demander une augmentation, je n’ai pas le diplôme pour ce poste ».
Sarah ZITOUNI conseille de mettre un nom sur cette voix négative. « Ça peut être Semoule, Diablo, Fenouil ou le nom d’une personne qui nous a fait souffrir… Cela permet de prendre du recul par rapport à cette voix, de se dire que ça n’est pas moi qui parle mais mon saboteur ! C’est déjà un premier pas ».

Si vous ne dites rien, ne pensez pas que votre hiérarchie va reconnaître votre travail ! Personne ne verra rien (pas forcément par mauvaise foi). Aussi, il faut raconter votre histoire, faire votre auto-promo, au quotidien. ”

Sarah ZITOUNI

Quelques clés pour négocier votre salaire

« La première chose à savoir, c’est que vous pouvez toutes négocier, que vous soyez salariée, freelance ou dans la fonction publique. Celles qui ne discutent pas n’auront rien ! » Il est important d’avoir à l’esprit qu’il est normal de négocier son salaire et vous n’avez rien à perdre à demander.

Négocier son salaire, c’est déjà un état d’esprit. Contrairement à certaines croyances, négocier son salaire ne va pas entraîner votre dépréciation. Au contraire, « des études montrent que si on est mieux payé, on est mieux valorisé. C’est comme pour un objet : si j’achète un pull un peu cher, je vais en prendre grand soin ».


Côté salaire, comment savoir ce que vous valez ?
Vous pouvez vous appuyer sur les statistiques tenues par différents organismes, des simulateurs [lien]. Vous pouvez aussi regarder les statistiques des syndicats par métiers. Ou encore, et c’est souvent très intéressant, parler de salaires avec vos collègues. Cela vous donnera des billes pour faire part de votre ressenti à votre boss, en vous appuyant sur vos différentes recherches.

 

Merci à Sarah ZITOUNI pour ces précieux conseils !

couverture livre "Tout vouloir tout avoir"

Prêtes à mettre tout ces conseils en pratique ?

À 31 ans, Sarah ZITOUNI est stratège en système de propulsion et ingénieure motoriste dans un groupe automobile en Suède. Elle a fondé PowHER ta carrière en 2020 pour accompagner les femmes dans le monde professionnel.

  • Retrouvez ces conseils et beaucoup d’autres dans son livre : « Tout vouloir tout savoir - Assume la boss qui est en toi ! », Editions Kiwi