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Burn-out : en France, avoir l’air heureux au travail, est-ce suspect ?

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail qui a lieu ce 28 avril, parlons sans tabou du burn-out. Surcharge de travail, relations parfois tendues entre collègues ou avec son manager, sensation de perte de sens, difficultés liées à l’environnement de travail ou au télétravail… sont autant de facteurs de stress qui ont été renforcés par le contexte de crise sanitaire. Comment les réduire ? Comment essayer d’être heureux au travail, sans pour autant y laisser sa santé ?

Là où le travail devrait être une source d’épanouissement personnel, il est hélas considéré par de nombreux Français comme une source de stress, qui finit par nuire au quotidien.

Le burn-out, la dépression du travailleur

  • Près de 65% des Français considèrent que le travail revêt un aspect « très important » dans leur vie. Une proportion bien plus élevée que dans la plupart des autres pays européens, selon le rapport “Quelle place le travail occupe-t-il dans la vie des Français par rapport aux Européens ?” (Lucie Davoine, Dominique Méda ; dans Informations sociales 2009/3).
  • 42% des Français pensent qu’ils « s’accomplissent souvent dans le travail », pour une moyenne européenne de 30% (Solom, 2006) et plébiscitent les notions d’accomplissement et de fierté au travail.

Paradoxalement, ils sont les plus nombreux en Europe à souhaiter réduire la place que le travail occupe dans leur vie, au profit d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, par exemple (pour 88% des Français interrogés en 1999).
Le revers de la médaille de cet amour pour notre vie pro ? C’est le nombre de salariés français qui se déclarent soumis au stress, plus important qu’ailleurs !

Le risque à long terme ? Surmenage, dépression pouvant aller jusqu’au burn-out 🙁 

Le burn-out est défini par le Larousse comme un « syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir ». Des symptômes assez proches de la dépression, donc.

Il existe différents burn-out :

  • Le burn-out  "classique" : est causé par le stress dû à l’activité professionnelle. Avec la crise et la hausse du télétravail, souvent votre travail s’effectue depuis la maison. Il faut donc adopter une nouvelle organisation et votre activité professionnelle est mouvementée par des événements externes impossible à contrôler.
  • Le burn-out parental ou familial : en plus de vos journées de travail, vous devez vous occuper de vos enfants, de leurs temps d’école à la maison, leur trouver des occupations... le tout dans un environnement où la proximité peut devenir un poids. Cela peut créer des conflits entre vos obligations professionnelles et parentales, et ainsi mettre vos nerfs à rude épreuve.
  • Le burn-out numérique : toute la journée, vous travaillez sur écran. Et en plus de votre charge de travail, votre téléphone ou votre télévision vous assomme d’informations liées à l’actualité du COVID-19...

Savoir reconnaître l’épuisement professionnel 

Celui ou celle qui va connaître un burn-out va sans cesse penser à son travail. Il / Elle se rendra toujours plus disponible, ne tiendra pas compte de ses limites. Dans notre société, l’hyperactivité a tendance à être valorisée et parfois on a tendance à en faire trop, au point de s’oublier soi-même.
Les symptômes de cette maladie ‒ puisqu'elle est reconnue comme telle – sont multiples : à la fois psychiques et physiques, comme : l’irritabilité, l’agressivité, les troubles du sommeil, une grande fatigue qui ne passe pas alors que vous revenez de congés. À cela s'ajoutent des petites maladies comme le rhume, des problèmes digestifs…
Là où il faudrait idéalement viser un objectif pour être épanoui au travail, votre vie professionnelle ne doit - à aucun moment - devenir uniquement une source de préoccupations !
Surveillez ces symptômes, car, s’il est “acceptable” d’avoir l’esprit préoccupé, cela ne doit pas devenir chronique. Si vous sentez que la situation vous échappe, ne restez plus seul, faites-vous aider. Parlez-en à une personne de confiance, à votre médecin traitant, ou à la médecine du travail.
 

Photo © parlonsrh.com

Quelques conseils pour faire face aux situations de stress intense

Il faut bien comprendre qu’une personne qui fait un burn-out n’est pas fragile, mais c’est quelqu’un qui s'investit avec passion et qui se donne entièrement pour son entreprise, parfois un peu trop ! C’est pour cela qu’il est important de définir des limites et apprendre à gérer le stress quotidien, et se sentir épanouie.

Prenez du recul sur votre situation professionnelle au travail

  • Si vous vous sentez submergé par la charge de travail, faites-vous un planning de travail, des to do list pour la journée, concentrez-vous sur vos priorités et essayez de décaler les choses non essentielles à plus tard. En vous fixant des objectifs atteignables vous vous sentirez plus serein en fin de journée. 
  • Pouvez-vous déléguer une tâche ? Si oui, n’hésitez pas.
  • Apprenez à dire non, en expliquant objectivement le motif de votre refus. Mais avant d’en arriver là, faites-vous préciser vos objectifs. Votre manager doit vous les expliquer, en les priorisant et en vous donnant des délais précis.
  • En télétravail, pendant une réunion, votre enfant vient vous interrompre ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e), vos managers ou votre équipe sont sûrement dans la même situation que vous. Parlez-lui en, peut-être même que vous pourrez échanger des conseils pratiques ! 
  • Gardez un rythme de vie sain : prenez soin de votre sommeil, mangez équilibré, déconnectez-vous une fois votre travail terminé.

Relâchez la pression

Vous avez le droit de faire une pause, et votre conjoint(e) aussi ! Parlez-en pour que chacun y trouve son compte. Pour vos enfants, expliquez-leur tout simplement que les ont aussi besoin de temps de repos !
Nos conseils de bonheur en solo :

  • Dans votre cuisine : amateur d’émission culinaire, mais jamais le temps pour faire de bons petits plats ? C’est le moment ! Cuisiner est un autre moyen de se détendre.
  • Dans votre salon : votre salle de sport a fermé ? Pas de souci, votre salon fera l’affaire ! Avec un simple tapis et quelques vidéos, vous pouvez continuer votre routine sportive et évacuer le stress ! Et pour le yoga ou la méditation, vous trouverez plusieurs applications comme Daily Yoga, Petit Bambou… 
  • Dans votre chambre : vous pouvez vous allonger seul(e) dans votre lit, lire un bouquin, rester dans le calme pour réfléchir. Exploitez votre créativité en dessinant, en coloriant ou en faisant de l’origami, des activités qui vous permettent de lâcher prise. Des moments solitaires qui peuvent vous requinquer !
  • Dans votre jardin/balcon : si vous avez la chance d’avoir un espace extérieur, jardinez ! Avec le printemps, prenez soin de vos plantes et elles fleuriront très vite.
  • Dans votre salle de bain : votre routine beauté (et oui, même pour vous messieurs) : soins pour la peau, pour la barbe… Si vous avez une baignoire, prenez un bon bain à la fin de votre journée. Bichonnez-vous et prenez soin de vous autrement et surtout restez positif !

En résumé, grâce à ces petites sources de satisfaction, il est tout à fait possible d’alterner moment pour soi et convivialité familiale !
 

L’épuisement professionnel n’arrive pas qu’aux autres ! Si vous-vous sentez concerné ou en ressentez le besoin, rapprochez-vous de l’infirmier du travail ou de votre médecin traitant. Ils pourront vous accompagner et trouver, avec vous, des solutions adaptées à votre situation.

Rédigé par : Sofia TAALIBI