Communauté de collaborateurs —

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Comment prévenir les risques psychosociaux en entreprise ?

Selon une étude menée en 2016 par La Dares et le ministère du Travail, au moins 64% des actifs occupés déclarent être soumis à un travail intense ou subir des pressions temporelles.

Comment se manifestent les risques psychosociaux chez le collaborateur ?

Les risques psychosociaux sont multiples et existent dans toutes les entreprises. Ils sont définis comme les « risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».
(source : Michel Gollac in « Les risques psychosociaux au travail : d'une "question de société" à des questions scientifiques », Travail et emploi, n° 129, janvier-mars 2012).

Ces risques proviennent de causes, a priori banales, allant d’une charge de travail importante, à une organisation de travail bancale, des délais à respecter, ou encore des objectifs et des attentes qui manquent de clarté.

Selon l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), ces risques psychosociaux (aussi appelés RPS) peuvent engendrer « des troubles de la concentration, stress dans l’exécution des missions, irritabilité, nervosité, fatigue importante, palpitations… »

Concrètement, ils créent des blocages et peuvent avoir des conséquences physiques et psychologiques pour le collaborateur, que ce soit sur sa vie personnelle et/ou professionnelle. Et l’INRS s’inquiète d’un « nombre grandissant de salariés [qui] déclarent souffrir de symptômes liés à des risques psychosociaux ».

Heureusement, il est possible de prévenir ces risques et de proposer des solutions concrètes aux collaborateurs.

Quelles actions de prévention et de sensibilisation des risques psychosociaux mène-t-on chez AÉSIO ?

Pour répondre et s’adapter aux nouveaux risques psychosociaux engendrés – ou du moins, mis en lumière – par l’isolement lié au COVID, notre mutuelle a mené différentes actions de prévention pour épauler les collaborateurs dans leurs besoins individuels et collectifs.

  • Pour le collectif, avant la crise sanitaire, il avait déjà été mis en place une conférence qui a rassemblé 300 managers pour « Manager autrement » ;
  • Un baromètre portant sur la situation de fusion entre nos 3 mutuelles a été diffusé ;
  • La mise en place d’ateliers, sous forme de demi-journées, pour accompagner au mieux les collaborateurs au changement ;
  • Très récemment, une Semaine de bonnes pratiques et résolutions a été lancée. En invitant les collaborateurs, sur des temps courts et plutôt informels, à participer à 2 ateliers cuisine et alimentation. Un autre sur le sommeil, un encore pour stimuler la mémoire ou encore s’initier à la relaxation avec le "do-in".

Nos directions travaillent sur la mise en place d’actions à destination des collaborateurs pour répondre aux potentiels irritants (le process incivilité, les mesures de protection en agence, le positionnement et l'aménagement des agences, les outils d'information et de communication...).

Il ne s’agit que de quelques mesures, mais notre service passe également son quotidien à prévenir les RPS (suivi du manager, la bienveillance des collègues, des délais réalistes, l’aménagement des locaux et leur localisation…).

Chez AÉSIO, nous avons la chance d’avoir un Département Santé au travail en interne, avec deux Responsables santé au travail et deux assistantes, ce qui permet de réaliser plus facilement des entretiens avec les salariés, dans le respect du secret médical, et ainsi identifier les problématiques que rencontre le salarié.

Avec Marie-Laure Bourgeois, Infirmière de santé au travail, nous essayons d’accompagner au maximum les collaborateurs pour identifier les RPS dont ils peuvent être victime. Nous réalisons des entretiens infirmiers et orientons si besoin vers le médecin du travail qui va proposer des actions ou préconisations pour mettre en sécurité le collaborateur. Par la suite, nous pourrons intervenir sur le poste du salarié – si ce dernier le souhaite - et auprès du manager.
Notre rôle est d'abord d’accompagner et coordonner les différentes mises en relation entre les acteurs. Et de garantir le maintien à l’emploi du collaborateur. ”

Florian RICHAUD Responsable Dpt Prévention Santé au travail

Quelles conséquences peuvent avoir les RPS ?

—  Les troubles sur la santé

La dégradation de la santé mentale et physique peut engendrer un mal-être ou une souffrance souvent irréversibles et peuvent aller jusqu’à provoquer de nombreuses maladies, comme des troubles musculo-squelettiques, des maladies cardiovasculaires, ou encore des troubles de santé mentale chez le salarié. Dans le contexte de la crise sanitaire, les RPS sont nombreux et changeants : peur de la maladie, isolement et dégradation ou perte du lien social, perte soudaine de la rupture entre le travail et la vie personnelle, etc.

Un exemple flagrant de ces nouveaux RPS est celui du télétravail, dont le passage s’est fait assez brutalement pour de très nombreux collaborateurs, et qui a pu être déstabilisant.

Ces risques peuvent se manifester de façon symptomatique, par des problèmes physiques, des conduites addictives ou encore avec des syndromes dépressifs.

—  Les impacts sur l’entreprise

Au-delà des conséquences sur le salarié, l’entreprise est également touchée par ces troubles, avec par exemple

  • l’augmentation de l’absentéisme
  • la diminution de la productivité ou encore
  • une dégradation du climat social.

La qualité de vie au travail des salariés est essentielle pour garantir à chacun un bien-être constant et prévenir le stress au travail.

D’ailleurs, les employeurs sont dans l’obligation de prendre des mesures nécessaires pour « assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés » comme l’expliquent les articles L. 4121-1 à 5 du Code du travail. Et proposer à chacun des solutions adaptées à ses besoins et réussir ensemble à trouver un équilibre constant.

En entreprise, les risques psychosociaux peuvent être perçus dans toutes les strates hiérarchiques et à tout moment de l’année. Le facteur travail est l’élément essentiel des risques psychosociaux, mais il peut être abondé par un facteur personnel instable. À un moment donné, l’un et l’autre ne peuvent pas se dissocier, et même s’alimenter entre eux. Selon moi, nous ne pouvons pas dire que tel ou tel poste est générateur de risques psychosociaux, nous devons garder une vigilance à tous les niveaux et à tous les postes, pour garantir des conditions de travail adéquates. ”

Florian RICHAUD

Quel est le plan d’action à mettre en place pour accompagner le collaborateur ?

La prévention des risques psychosociaux s’inscrit dans l’obligation générale de protection de la santé physique et mentale des travailleurs, l’article  L. 4121-1 du Code du travail précisant les 3 principales mesures :

  1. Des actions de prévention des risques professionnels
  2. Des actions d'information et de formation
  3. La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés

Parmi les différents outils qui doivent être mis en place, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), est une obligation légale à toutes les entreprises, et recense l’ensemble des risques liés au poste.

Le DUERP, mis en place par Caroline LAURENT-BILLET (Responsable Département hygiène sécurité), est à disposition de tous les salariés. Il permet d’identifier les risques psychosociaux auxquels le collaborateur peut être confronté sur son poste.
En parallèle, la fiche entreprise, réalisée par la médecine du travail sur le lieu de travail du collaborateur porte sur les risques potentiels.

N'hésitez pas à solliciter de l’aide : en interne, auprès de votre manager, de la DRH, du pôle santé ou d’un collègue, auprès du médecin du travail ou traitant, de la ligne d’écoute, de votre entourage familial ou personnel...

Les RPS, chacun peut y être confronté, chacun peut les prévenir pour soi et son entourage !

Rédigé par : Sofia TAALIBI