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Hygiène intime : faites le point, mesdames !

Pendant longtemps, l’hygiène intime chez la femme a été taboue. Pourtant, elle est essentielle et bien plus complexe qu’on pourrait le croire. Bien faite, elle permet non seulement de rendre le quotidien plus confortable, mais aussi de se prémunir de certaines pathologies et infections.

Petit point sur l’anatomie féminine

L’hygiène intime désigne l’action de laver la zone génitale. Une zone qui demeure encore mystérieuse pour de nombreuses femmes.

Elle se compose de la vulve (fente bordée par les petites et grandes lèvres), dont le rôle est de protéger des agressions physiques, chimiques ou bactériennes l’utérus (organe situé entre la vessie et le rectum) et le vagin (tube constitué de muscles, fixé sur le col de l’utérus), dont l’entrée est juste en dessous de l’orifice de l’urètre (canal qui évacue l'urine de la vessie). Enfin, à l’arrière de la vulve se trouve l’anus (orifice du rectum qui donne passage aux matières fécales).

Pourquoi est-il important d'avoir une bonne hygiène intime ?

Votre vagin est tapissé de sécrétions claires qui le protègent des infections. Cependant ces dernières ne suffisent pas à garantir la bonne santé de votre zone génitale.

C’est pourquoi, outre le confort au quotidien, une mauvaise hygiène intime peut nuire à votre santé. Le vagin est composé d’une flore vaginale qui comprend elle-même plusieurs types de bactéries plus ou moins bonnes. Parmi elles : les lactobacilles qui empêchent les microbes de se développer, en créant une barrière protectrice au niveau de la muqueuse intime.

Au cours de certaines périodes (la ménopause par exemple) ou en raison d’une mauvaise hygiène intime, la flore intime peut être déséquilibrée et le nombre de lactobacilles se réduit. Le vagin devient alors beaucoup plus vulnérable aux germes qui se multiplient, laissant la porte ouverte aux infections et aux irritations.

Il est très important de prendre soin de votre hygiène intime et d’appliquer les bons gestes au bon moment.

Comment vous y prendre ?

Le vagin se nettoie naturellement seul, grâce à ses sécrétions vaginales naturelles. Il n’est donc pas nécessaire de savonner son intérieur. Au contraire, le faire favorise la survenue d’infections comme les mycoses vaginales.

Pour les autres zones, sous la douche, procédez par étapes :

  1. Nettoyez consciencieusement votre vulve d’avant en arrière ;
  2. Lavez ensuite la région anale, sans revenir en avant. Cela permet d'éviter la propagation des bactéries de l'anus vers le vagin et ainsi une possible cystite ;
  3. Rincez abondamment à l’eau claire ;
  4. Ne frottez pas avec votre serviette, séchez-vous en tamponnant doucement de préférence toujours de l’avant vers l’arrière.

Quels produits utiliser ?

Contrairement à une idée reçue, ne pas savonner l’intérieur du vagin ne veut pas dire que le reste doit être nettoyé à l’eau. En revanche, vous devez choisir précautionneusement les produits employés.

Les gels douche dits « classiques » sont à proscrire, de même que les antiseptiques moussants et les huiles essentielles, surtout si vous souffrez de mycose ou de sécheresse vaginale.

Il vaut mieux vous tourner vers des gels et des savons doux, sans parfums, conçus spécifiquement pour la toilette intime, avec un pH qui respecte le pH physiologique de cette zone du corps.

Pour conserver une bonne hygiène intime :

  • Évitez les toilettes intimes trop fréquentes : une par jour, ou éventuellement deux, c’est largement suffisant.
  • Utilisez vos mains plutôt qu’un gant de toilette, qui est un véritable nid à microbes.
  • Ne vous servez pas de déodorants intimes, qui peuvent susciter des allergies et des irritations. • Proscrivez les vêtements trop serrés et les vêtements mouillés (comme un maillot de bain) qui favorisent le développement des bactéries.
  • Utilisez des sous-vêtements en coton, et non en tissu synthétique, et veillez à bien en changer chaque jour.
  • Ne portez pas de sous-vêtements lorsque vous dormez.
  • Essuyez-vous d’avant en arrière après un passage aux toilettes, sinon vous pourriez amener des bactéries dans le vagin et développer une cystite ou une vaginite.
  • Consultez un gynécologue régulièrement.

Doit-on toujours appliquer la même hygiène intime ? Cas spécifiques à connaître

Les conseils donnés plus haut sont toujours valables, mais certains cas spécifiques demandent quelques précisions :

— Pour les petites filles

Ce n’est pas parce qu’on est jeune, qu’on n’a pas besoin de toilette intime. Les petites filles souffrent aussi de désagréments intimes, dont 50 à 70% sont liés à une hygiène inadaptée.

Quelques petits conseils, en plus des précédents :  Préférez les douches aux bains pour éviter la macération et donc le risque d’irritations, faites porter à votre fille des vêtements amples au niveau de l'entrejambe, surtout en cas d’irritations, faites-lui prendre une douche après une baignade en mer ou en piscine et  dites-lui ne pas se retenir trop longtemps lorsqu’elle a envie d’aller faire pipi

En rentrant dans l’adolescence, dès l’âge de 10-12 ans chez certaines jeunes filles, la flore vaginale se développe et les hormones sexuelles augmentent.

Les premières pertes blanches apparaissent alors. En tant que parents, il est très important de rassurer votre enfant en lui expliquant que ces dernières sont totalement normales et n’ont rien d’étrange ou de honteux.

— En période de règles

Pendant les règles, l’hygiène intime devient encore plus rigoureuse. Vous pouvez vous laver matin et soir, voire plus en fonction du flux et de la nécessité, tous les corps sont différents.

La principale conséquence de vos menstruations sur votre zone intime, c’est la sécheresse de la vulve. En effet, elles occasionnent une importante chute des hormones et le port prolongé de serviettes hygiéniques n’arrange rien.

Encore faut-il trouver la bonne protection périodique. C’est pourquoi, il vaut mieux utiliser des produits hydratants (et toujours spécifiquement conçus pour votre hygiène intime).

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#Changer de regard

De même, si vous utilisez un tampon ou une serviette hygiénique, veillez à le remplacer toutes les quatre à six heures maximum et lavez-vous les mains avant et après chaque changement de protection intime.

Enfin, évitez les rapports sexuels durant vos règles car vous pouvez plus facilement recevoir des bactéries à l’issue de ces derniers.

— Avant/après des rapports sexuels

S’il n’est pas nécessaire de prendre une douche avant et/ou après un rapport sexuel, cela ne veut pas pour autant dire qu’aucune hygiène intime n’est de mise.

Celle-ci passe avant tout par l’utilisation de protections, si vous et votre partenaire n’avez pas effectué de tests au préalable. Cela vous évitera d’attraper des infections sexuellement transmissibles (IST) qui pourraient par la suite nuire grandement à votre santé.

De plus, lors d’un rapport sexuel, l’urètre subit des frottements, qui peuvent entraîner des brûlures, voire une cystite. C’est pourquoi il est conseillé d’uriner une fois le rapport fini pour éliminer les bactéries et se prémunir ainsi des infections urinaires, surtout si vous y êtes sujette.

— Pendant la grossesse

Au cours de la grossesse, le corps produit énormément d’hormones et la flore vaginale est sous forte pression, les irritations sont donc fréquentes.

Cette forte production provoque l’augmentation du taux de glycogène qui lui-même peut favoriser le développement du Candida albicans, une levure responsable des mycoses vulvo-vaginales. Pour votre hygiène intime, soyez encore plus vigilante que d’habitude et privilégiez des soins doux et hypoallergéniques.

— Une fois ménopausée

La ménopause suscite chez la femme une grosse chute d’hormones. En effet, le vagin et la vulve ne bénéficient plus des hormones féminines, ce qui génère une sècheresse vaginale plus ou moins prononcée. Si vous êtes ménopausée, optez pour des produits spécialement conçus pour protéger et renforcer votre sphère intime.

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Rédigé par : Clotilde CHEVALIER