#Changer de regard

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Protections périodiques : choisissez celles qui vous conviennent vraiment !

Connaissez-vous les avantages et inconvénients des protections hygiéniques dites "classiques" ? Les avez-vous toutes essayées pour trouver celles qui vous conviennent vraiment ? Et si vous trouviez la protection périodique qui vous plaît et qui a un plus faible impact sur l’environnement ?
Jeune femme en peignoir, avec serviette hygiénique et cup à la main, dans sa salle de bains

Tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips… Existe-t-il une protection hygiénique plus sûre pour votre santé qu’une autre ? Comment bien choisir la protection qui vous convient ?

Découvrez un panorama des protections intimes, leur composition, des alternatives aux protections que vous connaissez grâce au témoignage de quelques-unes de nos adhérentes.

Quelle est la composition de vos protections périodiques ?

Savez-vous ce qui se trouve dans les protections classiques ?

Les serviettes hygiéniques, les protège-slips et les tampons sont des protections périodiques qui sont en contact avec des zones intimes et sensibles de l’anatomie des femmes, comme le vagin ou la vulve. Portées pendant des jours, plusieurs fois par mois, ces protections doivent être adaptées à chaque femme et être confortables. Mais comme pour les vêtements, nous ne savons pas toujours ce qui se trouve dedans…

Selon une enquête de 60 millions de Consommateurs [lien], la composition des protections hygiéniques serait : 

- Voile de surface : matière au contact du corps qui est faite de coton biologique, polyester, polypropylène, polyéthylène…
- Couche inférieure : matière au contact de la lingerie, souvent constituée de film en polyéthylène, amidon, fibres synthétiques...
- Adhésif : matière en contact avec votre culotte, de type alimentaire, colle, résine…
- Parfum dans certains cas, à la composition non communiquée.

Et pour les tampons :

- Applicateur : parfois en carton, souvent en plastique.
- Fibres absorbantes : viscose.
- Cordon de retrait : en coton, polyester…

Comment savoir si ces matières ont un impact sur notre santé ? D’autant que la composition des protections périodiques n’est pas obligatoire sur les emballages. Comment choisir une protection en toute connaissance de cause ?

Une composition pas toujours propre…

Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (l’Anses) paru fin 2019 sur 27 produits d’hygiène féminine, les protections intimes des femmes contiennent des substances toxiques telles que :

  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques : des constituants naturels du charbon et du pétrole.
  • Lilial : composé chimique souvent utilisé comme parfum dans les cosmétiques ou dans les lessives.
  • Pesticides (dans les serviettes hygiéniques) dont le glyphosate, pourtant interdit en France.
  • Dioxines (dans les tampons) …

Ces substances ne sont pas ajoutées volontairement aux produits intimes, mais le sont par contamination des matières premières lors de la production. Elles ne dépassent pas non plus les seuils sanitaires.

Femme avec chignon dessiné, se tient le ventre, fond rouge - Marilou Faure

© illustration Marilou Faure pour AÉSIO mutuelle

S’il n’y a pas de danger immédiat – car ces substances toxiques sont présentes en faible quantité – le risque zéro n’est pas garanti, d’autant qu’utiliser des protections intimes pendant des années confronterait les femmes à des perturbateurs endocriniens

Croissance 10.000 à 15.000 produits menstruels c'est le nombre de protections utilisées par une femme au cours de sa vie, soit 290 par an*

* Chiffres Planétoscope

De quoi se poser la question de comment trouver une protection sûre pour vous… et pour l’environnement.

Le saviez-vous ? Il faut plus de 500 ans pour que les serviettes hygiéniques jetables se dégradent dans la nature, autant que pour une bouteille en plastique. C’est ainsi l’une des industries les plus polluantes au monde…

Le syndrome du choc toxique

Vous en avez surement entendu parler, le syndrome du choc toxique (SCT) est lié à des toxines présentes naturellement dans l’organisme, les staphylocoques dorés, et serait à l’origine d’infections graves pouvant aller jusqu’à l’amputation d’une jambe. Toutefois, si le SCT concerne une centaine de femmes par an en France, il est majoritairement dû à une mauvaise hygiène et à un mauvais usage des protections intimes, non aux substances toxiques présentes en faible quantité dans celles-ci.

Pensez à changer vos protections en suivant les indications de la notice et à bien vous laver les mains avant et après chaque manipulation.

Le saviez-vous ?

Depuis septembre 2021, les protections périodiques jetables sont gratuites pour toutes les étudiantes. Des distributeurs ont été installés dans les résidences universitaires des Crous et les services de santé universitaires, les lieux de passage…

Et certaines universités distribuent régulièrement des protections hygiéniques réutilisables.
Renseignez-vous si vous êtes concernée !

Précarité menstruelle et évolution des mentalités autour du cycle menstruel

À l’occasion d’un partenariat avec Marie-Claire pour Octobre Rose, nous avons mené un questionnaire sur Le rapport aux femmes à la prévention et leur perception du cancer, qui nous a permis de rassembler, en un dossier, différents thèmes sur lesquels AÉSIO mutuelle se positionne sur les enjeux de la « Santé au féminin ».

Nous y abordons notamment le sujet de la précarité menstruelle et, plus globalement, celui de l’évolution des mentalités autour du sujet sur le cycle menstruel, comme en témoigne cette vidéo d’interview de la Dr. Tiphaine de Foucher.

Dr. Tiphaine de Foucher, gynécologue à la Maison des femmes de Saint-Denis.

Des alternatives aux protections hygiéniques classiques ?

Si les protections intimes classiques peuvent provoquer des irritations, des allergies et de l’inconfort, il existe des alternatives meilleures pour la santé des femmes et pour l’environnement.
Découvrez-les avec Romane, Sarah et Anne, 3 de nos adhérentes !

1. La cup

La cup est une coupe souple, en forme de cloche inversée (avec une tige qui sert au retrait) fabriquée en caoutchouc naturel, silicone médical ou latex, et qui s’insère dans le vagin pour stocker le sang menstruel.

Romane, qui privilégie la culotte menstruelle, a aussi essayé la cup pendant un moment. Pourtant, le confort qu’elle retrouve avec la culotte ne l’a pas convaincue avec la cup : « les jours de grande abondance, je devais la vider toutes les 2h, au lieu des 6h à 8h recommandées, donc ce n’était pas l’idéal pour moi ».

Il existe pourtant des cups pour différents flux : Romane n’avait peut-être pas choisi la bonne taille ?

Pour Anne, au contraire, la cup est « le meilleur moyen de rester au sec » pendant ses règles.

    Cup menstruelle sortie d'un pochon en tissu, mais de femmes

    Elle ne supporte pas les tampons et n’apprécie pas non plus le manque d’informations sur leur composition, mais la cup lui permet d’avoir l’esprit tranquille pendant quelques heures.
    Elle regrette toutefois une chose : « Ce n’est pas évident lorsqu’on doit la changer au travail. Il faut la retirer, la rincer, la remettre… Je pense utiliser la culotte menstruelle plus souvent, du coup. »

      Ce n’est pas évident lorsqu’on doit la changer au travail (...) mais je suis rassurée sur la composition de la cup, contrairement à celle des tampons ! ”

      Anne

      D’ailleurs, comment laver sa cup ?

      • Pendant le cycle : videz le sang de votre cup dans les toilettes, rincez la cup à l’eau et appliquez-la de nouveau.
      • À la fin du cycle : rincez la cup pour bien enlever tous les résidus de sang, puis plongez-la environ 7 minutes dans une casserole d’eau bouillante pour la stériliser (la durée précise est écrite sur la notice), avant de la passer sous l’eau froide. Vous pouvez ensuite la ranger dans son pochon de rangement jusqu’à la prochaine utilisation. Il est conseillé de réaliser cette stérilisation une nouvelle fois au début du cycle suivant.

      Certaines femmes apprécient la cup pour son utilisation zéro déchet et son confort, d’autres ne tolèrent pas d’avoir une protection dans leur vagin, comme c’est le cas pour la cup ou les tampons. Comme quoi, il existe différentes protections intimes qui ne conviennent pas à toutes…
       

      2. La culotte menstruelle

      Plus communément appelées les "culottes de règles", les culottes menstruelles se portent de jour comme de nuit, et absorbent le sang menstruel sans débordement.

      Leur composition varie d’une marque à l’autre mais elles sont généralement constituées de la manière suivante : 
      - une couche supérieure, en contact avec votre peau, en tissu absorbant.
      - une couche intermédiaire, très absorbante, qui est anti-bactéries, odeurs et humidité.
      - une couche inférieure en tissu imperméable pour éviter les fuites.

      S’il faut bien sélectionner sa taille et son niveau de flux menstruel afin d’éviter de petits accidents, elles sont réputées pour leur confort lorsqu’elles sont bien choisies. 

      Romane a testé un grand nombre de protections hygiéniques et préfère les culottes menstruelles : « Les jours de grands flux, je suis au sec toute la journée, et j’en ai toujours une dans mon sac quand je vais travailler, pour la changer à ma pause déjeuner. »

      Sarah utilise quant à elle régulièrement les serviettes et les tampons classiques, mais elle aimerait essayer la culotte menstruelle pour des raisons écologiques. Un doute l’empêche de sauter le pas : « J’ai beaucoup d’a priori, notamment si c’est efficace et si ça absorbe bien… ».

      Pourtant, pour Romane, une chose est sûre :

      Elles ne se voient pas à travers le pantalon et elles ont le même confort que mes culottes classiques. Je peux les garder toute la journée et il n’y a aucune odeur. ”

      Romane

      Interrogées sur la question du budget que constitue l’achat de ces culottes menstruelles, Sarah et Romane trouvent que le prix est un frein principal qui empêche beaucoup de femmes de se lancer : entre 20 et 40 euros par culotte en moyenne. S’il est conseillé de la porter 12 heures maximum, soit 2 /jour, certaines femmes seraient plus à l’aise en la changeant plus régulièrement. Il faut ainsi prévoir un certain nombre de culottes pour tenir lors des 3 à 7 jours moyens d’un cycle de règles.

      Pour Romane, le seul inconvénient de la culotte menstruelle c’est « le prix un peu élevé au début » mais « vite rentabilisé » et pour Sarah, le fait de devoir en acheter plusieurs d’un coup, « donc un fort budget aux premiers achats ».

      Comment laver sa culotte menstruelle ?

      • Le prélavage : une fois retirée, prélavez votre culotte dans l’évier sous un jet d’eau froide pendant 2 minutes environ, jusqu’à ce que l’eau ne soit plus tâchée de sang. 
      • Le lavage : mettez-la en machine avec vos autres vêtements à 30 °C maximum et en évitant les produits chimiques et autres détachants ou adoucissants. En machine, mettez votre culotte dans un filet, ça la protègera plus longtemps.
      • Le séchage : laissez-la sécher sur un étendoir et évitez à tout prix le sèche-linge, qui abimera les fibres de la culotte et diminuera sa durée de vie.

      →  Les culottes menstruelles sont aussi utiles pour les fuites urinaires, ou les petites pertes !
       

      3. La serviette hygiénique lavable

      Basées sur le principe des serviettes hygiéniques jetables, les serviettes lavables constituent une protection extra-vaginale composée généralement de coton biologique, d’une ou plusieurs couches de tissus absorbants, et de PUL, le tissu imperméable qui est en contact avec la culotte.

      Comment ces serviettes s’utilisent-elles ? Par un système de pressions qui se clipsent sous la culotte pour les maintenir en place.

      Attention toutefois à bien choisir sa serviette : il existe de nombreuses tailles qui varient aussi en fonction de votre flux.

      Serviettes hygiéniques lavables, avec motifs de fleurs et animaux

      Anne, qui a une préférence pour la cup, utilise régulièrement les serviettes hygiéniques lavables en complément. Elle les privilégie quand elle doit se déplacer la journée car celles-ci peuvent se porter jusqu’à 8h d’affilée et sont confortables : « Pour moi, c’est une protection multiusage pratique. »

      Je la porte toute la journée sans même y penser. Si je dois la changer, je la glisse dans un petit pochon et je la rince quand je rentre le soir, en attendant la prochaine lessive. ”

      Anne

      Comment laver ses serviettes hygiéniques réutilisables ?

      • Tout comme les culottes menstruelles, les serviettes hygiéniques lavables doivent être prélavées à l’eau, lavées (en machine, de 30 à 60 °C) et séchées à l’air libre.
      • Lavez-les le plus tôt possible pour éviter que le sang n’adhère trop. Si besoin, utilisez du carbonate de sodium pour éliminer les taches de sang. Le vinaigre blanc aura, lui, un rôle d’assouplissant naturel.

      Les serviettes lavables ont la même capacité d’absorption que les serviettes jetables. Si vous utilisez habituellement 2 serviettes jetables par jour, vous aurez besoin de 2 serviettes lavables à la place.

      Les avantages et inconvénients de ces protections hygiéniques

       Les +Les -
      Les serviettes réutilisables

      - Elles sont réutilisables et confortables.
      - Elles sont facilement transportables.
      - Elles se portent jusqu’à 8h d’affilée.
      - Durée de vie : 5 à 10 ans environ.

      - Il en faut plusieurs pour pouvoir les changer.
      - Il faut les laver soigneusement, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on est en déplacement.
      Les cups

      - Elles sont réutilisables.
      - Elles sont économiques car elles coûtent en moyenne entre 15 et 40 €.
      - Elles se portent jusqu’à 8h d’affilée.
      - Durée de vie : 10 ans environ.

      - Elles doivent être changées plusieurs fois par jour. Sans cela, elles peuvent également provoquer le syndrome du choc toxique.
      - Elles peuvent être compliquées à insérer au début.
      - Il faut penser à bien les stériliser à chaque fin de cycle.

      Les culottes de règles

      - Elles sont réutilisables.
      - Elles sont confortables et se portent sous tous les vêtements, même la nuit.
      - Elles s’adaptent aux différents flux.
      - Elles sont écologiques si vous les achetez sur les sites spécialisés, et que vous vérifiez leur composition et fabrication.
      - Elles se portent jusqu’à 12h d’affilée.
      - Durée de vie : 5 à 7 ans environ.

      - Il en faut plusieurs pour pouvoir les changer (environ 2 par jour).
      - Elles constituent un budget initial important.
      - Il faut les laver soigneusement, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on est en déplacement.

      Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise protection hygiénique. Chacune a ses avantages comme ses inconvénients, pour la santé et pour l’environnement.
      L’important n’est-il pas finalement de choisir celle ou celles qui vous conviennent le mieux ?

      Merci à Sarah, Anne et Romane pour leur témoignage !