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Mieux comprendre les médicaments génériques

Autorisés en France depuis 1996, les médicaments génériques suscitent encore de la méfiance chez certains patients. Ce sont pourtant des médicaments sûrs et efficaces, décryptage.

Médicaments originaux / médicaments génériques, quelle différence ? 

Le médicament d’origine, ou "princeps" et le médicament générique : 

  • Contiennent la même dose, du même principe actif moléculaire ;
  • Ont un mécanisme et une vitesse d’action, dans l’organisme, identiques ;
  • Possèdent une forme thérapeutique similaire (poudre, pilule, sirop…).

En revanche, les excipients, c’est-à-dire les ingrédients associés au principe actif, peuvent changer et agir sur : 

  •  La forme ;
  •  La couleur ;
  •  Le goût du médicament générique. 

Mais ces différences n’impactent pas l’efficacité du médicament.

Le parcours du médicament générique  

Lorsque le brevet d’exploitation d’un médicament arrive à échéance, il tombe dans le domaine public. Cela signifie que des copies du médicament peuvent être commercialisées pour un tarif d’en moyenne 30% inférieur à celui du médicament d’origine. 

Les raisons de ce coût réduit pour le générique ? La seule différence entre le médicament originel et le médicament générique, est que ce dernier ne compte pas les frais de recherche qui ont permis d’élaborer le médicament d’origine.
Un médicament innovant est mis sur le marché après 10 ans d’études scientifiques. Il est ensuite utilisé pendant 10 ans avant de pouvoir être proposé en version générique.  

On appelle médicament "générique”, un médicament fabriqué à partir d’un principe actif dont le brevet d’exploitation est tombé dans le domaine public, et qui a prouvé son efficacité sur le marché pendant 10 ans.

Quels sont les réglementations sur les médicaments génériques ? 

Les médicaments génériques sont soumis aux mêmes règles de fabrication et aux mêmes inspections que les autres médicaments, notamment lors de la fabrication, la production et la commercialisation. 

Si tous les contrôles sont positifs, ils obtiennent une autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. 

La distribution est également réglementée. Depuis le 1er janvier 2020, la loi du financement de la Sécurité sociale prévoit 2 nouvelles obligations : 

  • Votre médecin ne peut plus écrire « non substituable » sur un médicament, sans justification ;
  • Vous serez moins bien remboursé, si vous refusez les médicaments génériques proposés par votre pharmacien. 

Pourquoi cette loi ? La France en retard sur ses voisins européens ?

Le sociologue Etienne NOUGUEZ explique dans un article pour le journal du CNRS :

En 2018, les médicaments génériques représentent 36% des médicaments remboursés par l’Assurance maladie, contre 2% au début des années 1990. Nous rattrapons progressivement notre retard sur nos voisins européens, même si nous sommes encore loin des 80% affichés par les Allemands et des 83% du Royaume-Uni. ”

Etienne NOUGUEZ sociologue
En savoir plus

C’est à la fin des années 1990 que les pouvoirs publics se lancent dans une promotion active des médicaments génériques.

En 1999, les pharmaciens sont autorisés à remplacer tout médicament sur ordonnance par son équivalent générique (le fameux « droit de substitution »).
La machine est lancée et les médicaments génériques s’imposent progressivement dans les habitudes des Français.

 Si entre molécule et marque, votre cœur balance…

… sachez que vous n’êtes pas les seuls !

Selon le baromètre 2018 de l’Observatoire sociétal du médicament réalisé par Ipsos, les Français ont plus *confiance dans les médicaments de marque* (79%) que dans les médicaments génériques (69%). 

Testés et approuvés, les génériques doivent encore remporter la bataille de la confiance !

  • 78% des Français ont recours à des médicaments génériques lorsqu’ils sont malades ;
  • Lorsqu’ils en utilisent, 93% des Français se disent satisfaits des médicaments génériques ;
  • 82% des médecins généralistes et 97% des pharmaciens déclarent en prendre lorsqu’ils sont malades ;
  • 28% des Français demeurent réticents à se soigner avec un générique.

 

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