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L’ostéoporose : comment prévenir et lutter contre la maladie ?

En France, l’ostéoporose serait responsable d’environ 150 000 fractures par an. Un chiffre important pour une maladie à qui la quasi-absence de symptômes a valu les surnoms de « voleur silencieux » et de « mal silencieux ». Considérée comme touchant presque exclusivement les seniors, son impact se voit souvent ignoré par les plus jeunes. Et toutefois négligé par les plus âgés qui ne s’aperçoivent de sa présence qu’une fois l’accident survenu. Comment la prévenir et la soigner au mieux ?

L’ostéoporose, c’est quoi concrètement ?

Un processus naturel de fragilisation des os

L'os est un tissu vivant qui se reconstruit en permanence pour conserver sa solidité. L’os ancien endommagé est ainsi remplacé par un nouvel os sain, lors d’un processus qui a lieu quatre à cinq fois dans notre vie.
Vers 20 ans, nous avons constitué notre capital osseux et à partir de 35 ans ce dernier se voit diminué pour les hommes comme pour les femmes. Jusqu’à environ 45 ans, les activités de résorption et de formation s'équilibrent et permettent le renouvellement de la structure osseuse.

Mais avec la diminution des hormones sexuelles, la masse osseuse va naturellement se réduire et l’ostéoporose apparait :

  • Lorsque le corps ne parvient pas à former suffisamment de tissus osseux nouveaux 
  • Lorsqu’une trop grande quantité d’os anciens est réabsorbée par le corps. 

→  Ainsi cette dernière se manifeste souvent chez les personnes âgées de 65 ans et plus, mais elle peut survenir plus tôt.

Un risque de fracture accru

L’une des premières conséquences de l’ostéoporose est l’augmentation très significative du risque de fracture. Les fractures spontanées (un os qui se casse tout seul) restent rares, mais un simple choc ou une chute peuvent facilement en provoquer une chez une personne atteinte d’ostéoporose. Les fractures les plus répandues touchent les vertèbres, le poignet et, après 80 ans, le col du fémur.

Les conséquences peuvent être sans gravité, mais aussi impacter grandement votre existence avec une perte d’autonomie ; ou, en cas de maladie qui touche la hanche, une réduction de votre qualité de vie.

Une maladie qui ne touche que les femmes ?

L’ostéoporose est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme.
Autour de l’âge de 65 ans, on estime que 39% des femmes souffrent d’ostéoporose. Chez celles âgées de 80 ans et plus, cette proportion monte à 70%. Cela est notamment dû à la ménopause, qui occasionne une chute conséquente d’hormones sexuelles. La perte osseuse est importante chez 30% des femmes au début de cette période. 

Cependant, si vous êtes un homme, sachez qu’à l’âge de 65 à 70 ans, la perte osseuse est quasiment identique pour les deux sexes.
L’ostéoporose masculine liée à l’âge est moins fréquente, plus tardive que chez la femme, mais elle n'est pas sans conséquence, puisqu’un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez l’homme.

Les différents facteurs de l’ostéoporose 

Mais alors, il est impossible de prévenir l’ostéoporose ? En vérité l’ostéoporose repose sur plusieurs facteurs, certains sur lesquels vous pouvez influer et d’autres qui vous sont imposés. Le risque d'ostéoporose est d'autant plus marqué que les facteurs favorisants se cumulent. C’est pourquoi il est important pour vous de les connaître. Vous pourrez ainsi agir rapidement et efficacement afin de limiter les risques.

Les facteurs sur lesquels vous ne pouvez pas influer 

1. Le vieillissement 

Il s’agit de la première cause de l’ostéoporose, ainsi vous avez beaucoup plus de chance d’être atteint si vous avez plus de 65 ans.  

2. Le sexe 

Comme nous l’avons vu plus tôt, les femmes sont plus touchées que les hommes, surtout celles ménopausées avant 40 ans.

3. La génétique 

Vous pouvez être prédisposé à l’ostéoporose, notamment si vous avez des personnes qui en sont atteintes dans votre famille.

Les facteurs sur lesquels vous pouvez influer 

Les carences

  • Une carence en vitamine D : cette carence peut être due à un manque d'ensoleillement en hiver, notamment chez les personnes âgées à mobilité réduite. Demandez conseil à votre médecin traitant, qui pourra vous en prescrire en complément.

  • Une carence en calcium : cette carence apparaît en raison d’un apport insuffisant ou d’un régime inapproprié (riche en sel et en protéine par exemple) qui favorise la fuite de calcium dans les urines, entraînant une déminéralisation osseuse. Là encore, vous pouvez compenser la carence.

Vos habitudes de vie 

  • Une minceur excessive : si votre indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 19, vous avez plus de risque de souffrir d’ostéoporose. 
  • L’absence d’activité physique ou une immobilisation prolongée.
  • Une consommation excessive de tabac et d’alcool : ces derniers forcent le système immunitaire à se défendre et déclenchent une vague de stress qui peut ensuite engendrer des dommages qui déclenchent le développement de cellules ostéoclastes.
  • Une consommation excessive de caféine : la caféine augmente les pertes de calcium en allongeant le débit urinaire. Veillez à ne pas boire plus de 3 tasses de café par jour.

Vos traitements

De nombreux traitements peuvent favoriser la perte de votre densité osseuse et notamment : 

  • Les traitements par corticoïdes à dose importante pendant une durée d'au moins trois mois consécutifs, par exemple en cas de polyarthrite rhumatoïde ou de maladie de Crohn. 

  • Les traitements provoquant la baisse ou l’arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles. Par exemple les cas d’endométriose traités par antigonadotropes ou les traitements hormonaux du cancer du sein ou de la prostate.

Comment vous prémunir efficacement de l’ostéoporose ?

Les mesures préventives que vous pouvez appliquer au quotidien 

C’est une chose de savoir sur quels facteurs on peut influer, mais comment agir sur ces facteurs ?
Il existe de nombreux procédés à adopter au quotidien pour limiter le risque d’ostéoporose, en ayant en tête que plus vous vous y prenez tôt, mieux c’est ! 

—  Pratiquez une activité physique régulière

Faire de l’exercice physique régulièrement est excellent pour les os et cela dès le plus jeune âge. En effet, être actif pendant votre enfance et votre adolescence vous permettra de vous constituer un squelette plus résistant et donc de faire des réserves de masse osseuse pour l’âge adulte. En étant en forme physiquement, vous développez également une meilleure coordination et améliorez votre équilibre, ce qui réduit votre risque de chute.

Ainsi, il est recommandé de pratiquer un minimum de 30 minutes d’activité physique au moins 3 fois par semaine. Ce qui importe le plus n’est pas la durée des séances, mais leur fréquence.

Quelques exemples de types d’exercices bons pour le renforcement des os :

  • Pour solliciter les articulations portantes : course à pied, tennis, sports d’équipe, vélo, natation… Tous ces sports ont pour point commun le fait d’avoir un effet de gravité sur votre squelette. Ils forcent ainsi le corps à soutenir l’ensemble de son poids et sont bénéfiques pour la conservation de la masse osseuse. 
  • Pour stimuler la résistance : musculation, Pilates, jardinage… Ils consistent à déplacer des objets ou votre propre corps de sorte à produire une résistance. Pratiquez au moins une heure par semaine. 
  • Pour améliorer l’équilibre : saviez-vous que pratiquer un sport comme le tai-chi est excellent pour votre équilibre et permet ainsi de réduire le risque de chute ? Il en va de même pour le yoga et la gymnastique.

—  Apportez du calcium à votre corps 

Le calcium est un métal blanc présent dans l’organisme humain dont presque toutes les cellules de votre corps ont besoin pour bien fonctionner. Avoir une alimentation qui contient suffisamment de calcium permet de combler les besoins de votre corps sans qu’il ait à puiser dans ses réserves, c’est-à-dire les os.

Le calcium se trouve dans les produits laitiers, bien sûr, mais aussi dans certains poissons, tels que le saumon et la sardine, dans certains légumes vert foncé comme le brocoli et dans des produits à base de soja tels que le tofu et le lait de soja.

—  Ayez un bon apport en vitamine D

La vitamine D est une substance organique vitale pour la santé des os et des dents. Elle améliore l’absorption du calcium dans l’intestin et participe à sa fixation dans les os.

Vous en synthétisez une partie lorsque vous vous exposez aux rayons UV du soleil. Vous pouvez également en trouver dans certains poissons (sardine, maquereau, hareng, saumon, etc.), dans les jaunes d’œufs et dans le chocolat noir, par exemple.

—  Adoptez de bonnes habitudes

  • Ayez une bonne posture : redressez la tête et gardez le dos bien droit, tout en maintenant les épaules en arrière. 
  • Soutenez votre cou à l’aide d’un petit coussin lorsque vous êtes assis dans un fauteuil ou que vous conduisez.
  • Manipulez correctement les charges lourdes : évitez de pencher le haut du corps pour saisir et soulever une charge, pliez plutôt les genoux et gardez le dos droit pendant que vous la déplacez.

Comment détecter l’ostéoporose ?

L’ostéoporose ou le "voleur silencieux"

L’ostéoporose n’engendre généralement aucun symptôme, d’où ses surnoms de "voleur silencieux" ou de "mal silencieux", et la difficulté à la détecter.

Ainsi, il est tout à fait possible que vous ne réalisiez avoir une ostéoporose qu’en cas de fracture. Vous pouvez par exemple constater en être atteint, à la suite d’une réduction de votre taille de 4 cm, voire plus, en raison d’une fracture vertébrale.

Le test d’ostéodensitométrie 

Il existe un test d’ostéodensitométrie qui mesure la densité minérale osseuse, c’est-à-dire la teneur de divers minéraux (calcium, phosphore, etc.) dans les os. Pour cela, il existe plusieurs techniques. N’hésitez pas à solliciter votre médecin traitant qui saura vous renseigner et vous orienter.

Vivre avec une ostéoporose : quels traitements ? 

Vivre avec la maladie au quotidien

Aujourd’hui il n’existe pas de dispositifs permettant de guérir définitivement l’ostéoporose. Cependant, de nombreux traitements peuvent freiner la dégénérescence osseuse. Lorsque l’ostéoporose est diagnostiquée et traitée, il est possible de stabiliser ou d’améliorer l’état des os au point de réduire de 50 % les risques de subir une fracture. 
Le traitement de base combine :

  • La prise de suppléments de vitamine D 
  • Du calcium
  • Une médication adéquate (comme les bisphosphonates, la calcitonine, le raloxifène, le dénosumab, le tamoxifène, la parathormone synthétique…)
  • Un programme d’exercice adapté

L’ostéoporose n’est pas une fatalité, adoptez dès aujourd’hui les bons réflexes et n’hésitez pas à en parler à votre médecin si vous avez des inquiétudes ou interrogations.