Maladies auto-immunes chez les femmes : causes, symptômes et traitements

Les femmes premières concernées par les maladies auto-immunes
Les maladies auto-immunes touchent aujourd’hui près de 5 % de la population dans les pays industrialisés, et sont la 3e cause de maladie après les cancers et les pathologies cardiovasculaires. Or, les femmes ont 4 fois plus de risques de développer une maladie auto-immune dans leur vie que les hommes.
Qu’est-ce qu’une maladie auto-immune ?
Votre système immunitaire vous protège contre les agents pathogènes tels que les virus, les bactéries, les parasites ou les champignons. Mais il arrive parfois qu’il se dérègle et se mette à agir de façon inadaptée, avec des conséquences allant de l’inconfort à des symptômes plus graves :
Les allergies surviennent lorsque le système immunitaire se montre trop sensible à certains facteurs extérieurs. C’est par exemple le cas du « rhume des foins », qui traduit une réaction excessive lorsque vous inhalez du pollen.
Les maladies auto-immunes surviennent lorsque votre système immunitaire perçoit certains éléments de votre organisme comme une menace et l’attaque comme il ferait face à un virus ou une bactérie.
Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par les maladies auto-immunes ?
La forte proportion de femmes parmi les patientes atteintes par ces pathologies interpelle la communauté scientifique, et de nombreuses études ont tenté d’apporter des réponses. Aucun consensus n’est établi, mais des origines multifactorielles sont le plus souvent invoquées pour expliquer cet état de fait.
Les facteurs génétiques sont mis en cause dans l’apparition de nombreuses maladies auto-immunes. Dans la majorité des cas, le facteur génétique ne provoque pas directement la maladie, mais augmente considérablement le risque de développer certaines pathologies. Certains scientifiques expliquent en partie la prédisposition féminine aux maladies auto-immunes par la présence de deux chromosomes X chez la femme, quand l’homme présente une paire de chromosomes XY à la place. L’un de ces deux chromosomes X est physiologiquement inactivé, mais ce mécanisme peut dysfonctionner avec un risque de surreprésentation de certains gènes impliqués dans l’immunité.
Certaines hormones féminines, telles que les œstrogènes ou la prolactine, possèdent également un rôle dans le contrôle du système immunitaire. Certaines recherches avancent l’hypothèse que ces hormones puissent contribuer à un surrisque chez la femme.
Quels sont les autres facteurs augmentant le risque d’auto-immunité ?
Au-delà des facteurs de risque propres aux femmes, d’autres éléments sont pointés du doigt par les scientifiques.
Le microbiote intestinal fait partie des pistes évoquées pour expliquer le développement de certaines maladies auto-immunes. En 2024, une étude scientifique menée par l’Inserm établit un lien entre la présence en excès d’une bactérie (Akkermansia muciniphila) dans la flore intestinale et la maladie de Berger qui touche principalement les reins.
Certaines infections pourraient également jouer un rôle dans le développement de certaines maladies auto-immunes. Sans qu’un lien de cause à effet soit clairement établi, des études ont ainsi montré que les personnes atteintes de maladies auto-immunes présentaient plus souvent des infections à herpèsvirus, telles que le virus Epstein-Barr ou le cytomégalovirus, que le reste de la population.
Le tabagisme compte également parmi les facteurs de risque évoqués, car les fumeurs et anciens fumeurs sont surreprésentés dans les cas de polyarthrite rhumatoïde, de sclérose en plaques et de dysthyroïdie auto-immune.
Certains médicaments anticancéreux destinés à renforcer l'immunité pour lutter contre les tumeurs peuvent aussi augmenter le risque de développer une maladie auto-immune. Leurs bénéfices restent nettement supérieurs aux risques potentiels.
Quelles sont les principales maladies auto-immunes chez la femme ?
Les maladies auto-immunes peuvent revêtir un grand nombre de formes et avoir des conséquences diverses sur votre santé.
Dans le diabète de type 1, le système immunitaire attaque et détruit les cellules du pancréas qui sécrètent l’insuline. Les patientes qui souffrent de cette maladie doivent compenser cette absence de sécrétion par des injections d’insuline.
La sclérose en plaques, qui touche 3 fois plus de femmes que d’hommes, résulte d’une réaction inflammatoire du système immunitaire qui entraîne la destruction de la gaine de myéline entourant les fibres nerveuses dans le cerveau. La polyarthrite rhumatoïde s’attaque quant à elle aux articulations et évolue comme la sclérose en plaques par poussées.
Dans le lupus érythémateux disséminé, le système immunitaire se retourne contre des molécules présentes sur de nombreuses cellules du corps, avec des lésions potentielles sur un grand nombre d’organes.
Les dysthyroïdies désignent un ensemble de maladies auto-immunes qui touchent la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto et la maladie de Basedow.
Les symptômes de la maladie cœliaque se manifestent essentiellement lors de la consommation de certains aliments. Le système immunitaire réagit à une protéine présente dans le gluten et produit des auto-anticorps qui enflamment et lèsent l'intestin.
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Maladies auto-immunes : des traitements existent
De nombreux traitements peuvent soulager les symptômes d’une maladie auto-immune ou freiner son développement.
Le diagnostic : un parcours parfois compliqué
De nombreuses maladies auto-immunes sont bien connues des médecins et facilement diagnostiquées. De nouveaux marqueurs génétiques sont régulièrement mis en évidence, et permettent une surveillance accrue pour les patientes à risque.
Cependant, la grande pluralité de symptômes complique parfois le diagnostic, et certaines patientes doivent parfois attendre plusieurs années pour mettre un nom sur leur pathologie. En France, les centres de référence multi-sites pour la prise en charge des maladies rares (CRMR) facilitent le diagnostic et la prise en charge pluridisciplinaire de ces pathologies peu connues. Parlez-en à votre médecin traitant, qui vous orientera le cas échéant vers ce type de structure.
Des traitements en constante progression
Un traitement adapté à votre état de santé vous sera proposé une fois le diagnostic établi :
Les traitements symptomatiques se focalisent sur le soulagement des symptômes : des antidouleurs et des anti-inflammatoires sont par exemple prescrits dans le cadre d’affections articulaires.
Les immunosuppresseurs ou les immunomodulateurs contrôlent ou inhibent l’auto-immunité : ils réduisent ainsi l’action néfaste des auto-anticorps pour limiter les symptômes ou freinent la progression de la maladie.
Les biothérapies font partie des traitements de nouvelle génération : elles ciblent spécifiquement l’un des éléments impliqués dans le processus pathologique. Le plus souvent spécifiques à une affection particulière, elles offrent des perspectives prometteuses.
Ces avancées thérapeutiques améliorent le quotidien de millions de femmes atteintes d’une maladie auto-immune en France. Votre médecin traitant et les professionnels de santé sont à votre écoute pour vous accompagner dans le diagnostic et le traitement de votre pathologie.
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