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L’indicateur du vivre mieux : un outil pour mesurer la qualité de vie ?

Qu’est-ce que l’indicateur du vivre mieux ? A quoi sert-il ? Vit-on mieux aujourd'hui dans les pays de l'OCDE qu'il y a 10 ans ? On vous explique tout dans cet article.

Qu’est-ce que l’indicateur du vivre mieux ?

L'indicateur économique du Vivre mieux (en anglais, better life index), est un outil interactif créé par l'OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques.

Cet outil, mis à la disposition des citoyens, a l'ambition de les faire participer au débat sur le bien-être, tout en révélant leurs propres préférences. Cet indicateur est mis à jour chaque année avec de nouvelles données. Il ne se base pas que sur les chiffres du PIB et autres statistiques économiques, mais sur 11 critères importants qui permettent de mieux appréhender la notion de bien-être :

  • logement
  • revenu
  • emploi
  • liens sociaux
  • éducation
  • environnement
  • engagement civique
  • santé
  • satisfaction
  • sécurité
  • équilibre travail-vie

Créez votre indicateur personnalisé

Cette initiative internationale de l’OCDE a le mérite d’exister. Alors, même si la notion de bien-être reste très subjective et si la qualité de vie ne se résume pas à 11 thèmes, créez votre indicateur personnalisé ! Il vous permettra de comparer les résultats des pays en fonction du poids que vous accordez à chaque critère, mais aussi de voir la différence entre hommes et femmes en termes de bien-être dans chaque pays.

Mode d’emploi

Pas de chiffres, pas de statistique, l’indicateur se présente sous forme de fleurs. On vous explique tout dans la vidéo. 

« Comment va la vie ? » en 2020 

Selon la dernière édition du rapport de l'OCDE Comment va la vie ? de nombreux habitants des pays de l'OCDE bénéficient de meilleures conditions de vie au cours des 10 dernières années :

  • Dans la majorité des pays, le revenu disponible des ménages a progressé ; 
  • Le  taux d'emplois des personnes de 25 à 64 ans a augmenté en moyenne de 5% (aujourd'hui, presque huit adultes sur dix ont un travail rémunéré) ;
  • L'espérance de vie s'est allongée et on vit mieux plus longtemps ;
  • Le nombre de ménages vivant dans un logement surpeuplé a baissé ; 
  • Les taux d'homicides ont baissé de 25%, et les habitants se sentent en général plus en sécurité dans les villes ; 
  • La qualité de l’air s’est améliorée avec un impact positif sur la santé.

Cependant, ce rapport montre aussi que certains aspects du bien-être se sont dégradés, comme le patrimoine médian des ménages ou la participation électorale et les inégalités de revenus qui stagnent. D’autre part, près d’un habitant sur dix, vivant dans les pays de l’OCDE, se déclare peu satisfait de son existence (le nombre de morts par désespoir est d'ailleurs 3 fois plus élevé que le nombre de morts sur la route).

Ce rapport pointe aussi un sentiment de perte de lien et de relations sociales : de façon générale, on consacre moins de temps à ses amis et à sa famille, on s’engage moins dans la vie politique ou associative de sa ville ou de son village… Et ce problème est accentué chez les personnes âgées et/ou en situation de handicap : plus d’isolement, moins de famille et amis sur qui elles peuvent compter. Pour lutter contre cet isolement, des actions solidaires se développent : 

Ces nouvelles tendances ne seraient-elles pas un indicateur de progrès social et de la naissance d’une société plus sociale et solidaire ?

Un optimisme modéré sur fond de crise du COVID

L’année 2020, dans l’ensemble du monde, restera marquée par la crise sanitaire et économique du COVID 19. Lors de la présentation du rapport à Paris, le Secrétaire général de l'OCDE, Angel GURRIA a déclaré que cette crise menaçait profondément notre bien-être :  

Les gains que nous avons constatés en matière de bien-être sont une source d’optimisme, mais ils sont inégaux au sein des pays et entre eux et sont toujours menacés, notamment en raison de l’évolution de la situation environnementale. L'épidémie de coronavirus qui touche maintenant tant de pays n'est que le dernier bouleversement en date qui menace profondément notre bien‑être. Il met en danger non seulement notre santé, mais aussi les liens sociaux et le capital social et – dans la mesure où ses effets économiques commencent déjà à se faire sentir – les revenus et les moyens de subsistance des individus. ”

Angel GURRIA Secrétaire général de l'OCDE