#Système de santé et remboursementsSanté au travail : droits et obligations

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Pourquoi la prévoyance collective est-elle devenue aussi importante pour les entreprises ?

La prévoyance de vos salariés est souvent méconnue et mal comprise. Quasiment aussi importante que la complémentaire santé, elle constitue pourtant le second pilier de la protection collective. Désormais attendue par les salariés, elle est devenue pour les entreprises un levier d’attractivité, à envisager dans une protection de façon globale.
Travailleurs blessés

La prévoyance en entreprise, entre méconnaissance et disparités

La prévoyance en entreprise est largement méconnue, c’est ce qui ressort notamment d’une étude approfondie sur le marché de la prévoyance, menée en octobre 2025 par Les Echos Etudes pour AÉSIO mutuelle1. Une autre enquête2 montre que seuls 24 % des particuliers se sentent suffisamment informés sur l’assurance prévoyance, et plus de 30 % des personnes ayant un contrat de prévoyance déclarent d’ailleurs qu’ils ne sont pas sûrs des risques que celui-ci couvre.

La prévoyance est méconnue, car absente du quotidien. Dans la note d’éclairage sur la protection collective que vient de publier AÉSIO mutuelle (à télécharger en bas d'article), Faïcal CARKI, responsable du département Inventaire chez AÉSIO, explique : « le principal frein, c’est l’absence de bénéfice immédiat. Contrairement à la santé, on peut cotiser longtemps sans « profiter » de sa garantie. À cela s’ajoutent des arbitrages budgétaires : en période de tension, ces contrats sont perçus comme non prioritaires. »

Didier FAQUIN, directeur commercial adjoint du Réseau de distribution ajoute : 

On assure facilement sa voiture ou sa maison, mais beaucoup moins sa propre vie ou celle de ses proches. La prévoyance est souvent trop technique et mal expliquée. Beaucoup pensent être couverts ou préfèrent ne pas y penser, alors qu’ils ne le sont pas suffisamment. Elle touche aussi à des sujets sensibles (maladie grave, accident, décès) que l’on préfère éviter. ”

Didier FAQUIN Directeur commercial adjoint du Réseau de distribution

Pourtant, cette méconnaissance ne signifie pas que les salariés sont mal protégés. Dans le privé, les salariés sont ainsi plus de 94 % à être couverts grâce aux négociations de branches professionnelles, avec des garanties souvent supérieures au régime de base3.  

Dans la note d’éclairage, Mylène FAVRE-BEGUET, associée et responsable du pôle Protection sociale du cabinet Galea & Associés, précise :

Les branches professionnelles et les entreprises ont construit des régimes dont les salariés bénéficient sans en avoir pleinement conscience.  ”

Mylène FAVRE-BEGUET Associée et responsable du pôle Protection sociale du cabinet Galea & Associés

Mais ces aspects positifs ne doivent pas cacher que le secteur privé connaît aussi d'importantes disparités selon les secteurs, les catégories de salariés et la taille des entreprises4.  

Il existe aussi de fortes disparités entre le privé et le public. D’abord parce que les cadres du privé disposent historiquement d'une prévoyance obligatoire depuis 1947, alors que les agents publics ont des protections variables selon leur employeur. Un rapport 2026 de l’IGAS montre ainsi que la couverture des risques lourds (incapacité, invalidité, décès) demeure très hétérogène dans la fonction publique.5  

Et tous secteurs et statuts confondus, l’état des lieux n’incite pas à l’optimisme : 25 % des Français sont en effet particulièrement vulnérables, puisqu’ils ne disposent ni de protection prévoyance, ni d’une épargne suffisante pour faire face aux aléas graves qu’ils pourraient connaître. Dans le même temps, 45 % des actifs déclarent ne pas pouvoir tenir plus de 3 mois face à une baisse importante de leurs revenus.2

Un aléa de la vie peut faire basculer les finances d’un salarié, comme celles d’un dirigeant et son entreprise

« Le travail, c’est la santé… », chantait le facétieux Henri SALVADOR... Lorsque le contexte et les conditions d’exercice sont favorables, le travail peut effectivement contribuer de façon positive à la santé. Et lorsqu’un salarié a un besoin de santé, il peut compter sur le régime général, et sur sa complémentaire santé d’entreprise, pour couvrir ses dépenses médicales.  

Mais prendre soin de sa santé, c’est aussi anticiper les aléas de la vie : arrêt de travail prolongé, invalidité, dépendance, décès... 

Car malheureusement, lorsque les accidents de parcours les plus graves surviennent, ils peuvent lourdement affecter les revenus d’un salarié et la situation financière de son foyer, de ses proches. C’est tout aussi vrai pour un dirigeant, avec la crainte en plus de fragiliser son entreprise.  

Face à ces risques, les prestations du régime obligatoire ne permettent souvent pas de maintenir le niveau de vie du salarié ou du dirigeant : c’est la prévoyance collective qui vient combler cet écart de revenus. Nos deux cadres d’AÉSIO mutuelle, et Clément BANET, directeur d’une PME, précisent pourquoi la prévoyance collective, qui protège financièrement les salariés et leurs proches, est tout aussi importante que la complémentaire santé.  

« Par rapport à la complémentaire santé, la prévoyance s’inscrit dans une logique d’anticipation. Elle protège contre des événements plus rares, mais aux conséquences lourdes, avec un objectif clair : préserver le niveau de vie, pour soi et ses proches. Sans revenus, tout peut être remis en cause. Un accident de la vie peut remettre en cause l’équilibre financier d’un foyer en quelques moi »  Didier FAQUIN, directeur commercial adjoint du Réseau de distribution.  

faical charki

Les aléas de la vie peuvent arriver à tout âge : c’est justement parce qu’ils sont imprévisibles qu’il faut les anticiper. Plus les revenus sont modestes, plus l’impact d’une perte de revenus est fort. Sans protection, l’équilibre financier peut être fragilisé très rapidement.  ”

Faïcal CHARKI Responsable du département Inventaire

« Au départ, en tant que créateur d’entreprise, la prévoyance était pour moi une simple obligation liée à notre convention collective. Plusieurs accidents à l'étranger m'ont fait prendre conscience de l'importance d'être bien couvert et de compléter mes garanties. En tant que dirigeant, un arrêt de travail ne signifie pas seulement une perte de revenus : lorsqu'on porte le développement commercial de l'entreprise, certaines opportunités disparaissent tout simplement avec notre absence. »  Clément BANET, fondateur de Coqpit    

Arrêts de travail, santé mentale, vieillissement des actifs, carrières longues… : les risques augmentent !

Depuis la crise du Covid-19, les entreprises sont confrontées à une augmentation durable de l'absentéisme, notamment des arrêts longs liés aux troubles psychologiques, aux maladies chroniques et à l'usure professionnelle.

L’après pandémie ne s’est pas accompagnée d’un retour à la normale, au contraire : l’édition 2026 de l’Observatoire de la performance sociale 6, souligne en effet une reprise de l’absentéisme (taux de 4,98 % en 2025, contre 4,84 % en 2024), et une tendance à la hausse.

La santé mentale, enjeu majeur de santé au travail.

L’absentéisme se durcit notamment avec des arrêts de longue durée (plus de 90 jours) à leur plus haut niveau : selon l’Assurance maladie :

  • Croissance plus de 1,1 million de ces arrêts ont ainsi été indemnisés en 2024 (hausse de 21 % depuis cinq ans)

  • 43 % des arrêts de travail sont liés à des motifs psychologiques.

La note d’éclairage d’AÉSIO mutuelle montre ainsi qu’en matière de santé mentale, les entreprises ne peuvent plus rester passives. 

Les employeurs comprennent que ce n'est plus seulement une question de santé publique, mais aussi un enjeu de performance collective. ”

Angèle MALATRE-LANSAC Déléguée générale de l'Alliance pour la santé mentale

Le vieillissement de la population active et l'allongement des carrières augmentent aussi les risques d'incapacité, d'invalidité et d'arrêt maladie. Plus les carrières s'allongent, plus les séniors sont nombreux en activité, plus la protection contre les accidents de la vie et les arrêts longs devient cruciale. Ces évolutions accroissent les besoins des salariés en matière de garanties arrêt, incapacité, invalidité et maintien de revenu.  

Avec ces risques plus fréquents, la prévoyance devient même un véritable enjeu pour les employeurs. L'absentéisme et les arrêts renchérissent le coût des régimes, et leur sinistralité constitue un indicateur du climat social. Elle est donc plus qu'un simple contrat d'assurance : elle devient un outil de pilotage des ressources humaines !  

Les salariés attendent davantage de protection de leur employeur

Une société inquiète, fragilisée par l’imprévu, et en quête de protection  

Les Français doutent de plus en plus de leur capacité à se protéger face aux difficultés de la vie. Dans un contexte économique, social, climatique et géopolitique incertain, le besoin de sécurité physique, financière et sanitaire devient essentiel. Leurs attentes principales se concentrent sur la santé, le l’pouvoir d’achat, accès aux soins…

Interrogés pour la 5e édition du baromètre de l’Observatoire de la Protection d’Aéma Groupe, réalisée avec OpinionWay, 88 % des Français expriment ainsi le désir d’une rupture pour se sentir mieux protégés face à l’augmentation des risques.  

Un monde du travail traversé d’importantes mutations qui bousculent les repères de l'entreprise :  

  • Parcours professionnels moins linéaires, plus fragiles,  
  • Généralisation du numérique,  
  • Emergence de l'intelligence artificielle,
  • Essor du travail hybride,  
  • Frontière vie professionnelle et vie personnelle plus ténue,
  • Allongement des carrières,  
  • Nouvelles aspirations et attentes en matière de protection plus fortes.  

Dans ce contexte, et alors que les structures familiales changent aussi, les besoins des salariés deviennent plus hétérogènes, avec cependant un point commun : tous recherchent plus de sécurisation, de protection de leurs parcours. Cette attente de protection se tourne notamment vers l’employeur. A tel point, que de nombreux salariés et entreprises considèrent désormais la prévoyance comme un élément « du contrat social ».

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Un patron employeur

La protection sociale collective : un levier d'attractivité et de fidélisation des talents

Au-delà de la seule prévoyance, alors que certains métiers peinent à recruter, la protection sociale collective est devenue un argument de marque employeur. Désormais, les salariés regardent en effet le "package" rémunération + santé + prévoyance + retraite, avant de choisir un employeur.  

Les avantages sociaux acquièrent d’autant plus d’importance avec l’inflation et les conséquences de la crise sanitaire. Pour les salariés et les entreprises, la protection collective n'est plus perçue comme une simple obligation réglementaire, mais comme un enjeu stratégique de confiance et d'engagement. 

Santé, prévoyance, prévention… : une note pour accompagner les entreprises et éclairer le débat

Face à ces mutations, ces attentes et enjeux, AÉSIO mutuelle veut proposer aux entreprises des clés de lecture pour comprendre les transformations qui redessinent les liens entre travail, santé et protection collective.  

Elle vient de publier une note d’éclairage, "Travail, santé, prévoyance : repenser la protection sociale collective", afin de contribuer au débat et d’accompagner les décideurs économiques et sociaux. Ses objectifs sont de poser un diagnostic, d’expliquer les changements, et d’illustrer les impacts pour les entreprises et les salariés.  

Le constat est que la protection sociale collective ne relève plus uniquement de la couverture des risques. Pour les entreprises, elle s’affirme désormais comme un levier stratégique de cohésion sociale, de performance, d'attractivité et de résilience. Elle englobe désormais l’accompagnement, la prévention et les services.

  • La première partie décrit les changements à l’œuvre dans le travail et la protection collective.  Alors que les repères traditionnels évoluent, les entreprises sont mises au défi de préserver un socle de protection commun quand les parcours se diversifient.  
  • La deuxième partie montre que dans le contexte du travail (difficultés de recrutement, absentéisme, vieillissement, difficultés de santé mentale, d’accès aux soins), la santé collective est devenue un levier stratégique pour le fonctionnement des entreprises, lesquelles acquièrent un rôle de prévention.  
  • La troisième partie s’interroge sur la prévoyance. Méconnue, alors que les risques augmentent et qu’elle touche à des enjeux essentiels, elle devient un complément nécessaire à la santé pour sécuriser les parcours de vie et accompagner les salariés.  
  • La dernière partie décrit comment l’entreprise devient un nouvel acteur clé de la solidarité, de la structuration de la protection collective, notamment pour répondre aux attentes croissantes des salariés, au-delà du cadre de la relation d'emploi.  

La prévoyance collective est devenue essentielle, elle répond à la hausse des risques et aux nouvelles attentes des salariés en matière de sécurité et de protection sociale. Elle ne peut plus être vue de façon isolée, il importe désormais de la regarder de façon globale.

Télécharger la note d'éclairage : travail, santé, prévoyance.

1 « Le marché de la prévoyance », étude des Echos Etudes pour AÉSIO mutuelle, octobre 2025.  

2 Baromètre Prévoyance 2025, réalisé par OpinionWay pour l’Observatoire de l’imprévoyance, janvier 2026.

3 La couverture en prévoyance des salariés du secteur privé, étude de la FIPS et de Kanonik, juillet 2026.

4 Enquête Protection Sociale Complémentaire d'Entreprise (PSCE) 2025, réalisée par l’IRDS.  

5 La protection sociale complémentaire en entreprise : un dispositif à réformer ? Rapport IGAS (2026).

6 Observatoire de la performance sociale 2026, Ipsos bva pour Diot-Siaci, avril 2026 

Rédigé par : Équipe éditoriale

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