Cancer du sein : le parcours de soin pas à pas
Le Kilimandjaro, Sandrine Wilmet-Besson en rêvait depuis l’âge de 20 ans. Mais jusque-là, les épreuves de la vie l’en avaient éloignée : d’abord un burn-out en 2017, suivi d’une reconversion. Puis l’épidémie de Covid-19 en 2020, et son coup d’arrêt brutal. La même année, la passionnée d’alpinisme voit sa vie prendre un autre tournant abrupt. Elle est diagnostiquée d’un cancer du sein.
La maladie, pour autant, n’a pas affaibli sa détermination à voir les neiges du Kilimandjaro. C’est même, au contraire, ce qui a ancré son rêve dans la réalité. En rémission de son cancer, la Dinannaise de 60 ans s’est lancé le défi de gravir ce mont mythique début octobre 2025. Et la date choisie ne doit rien au hasard : chaque année, la campagne Octobre rose sensibilise au dépistage du cancer du sein.
Dans son sac à dos, elle a d’ailleurs glissé un message d’espoir pour toutes les femmes touchées par la maladie :

Ce sommet, je vais le grimper pour toutes celles qui, comme moi, ont traversé la tempête du cancer, pour dire que, oui, après la maladie, on peut encore croire en nos rêves ”
Un défi porté par l’espoir
Élu AÉSIO mutuelle, Jean-Pierre Delmoral a cru, lui aussi, au rêve de Sandrine Wilmet-Besson, et il n’a pas été le seul : « Lorsque je l’ai exposé à AÉSIO mutuelle, ce projet a été retenu directement parce qu’il s’inscrit parfaitement dans cette dynamique qu’on a voulu imprimer autour de la santé des femmes, et la santé avec un côté positif », explique-t-il.
Le soutien d’AÉSIO mutuelle a ainsi permis de financer en partie la réalisation du projet de l’ancienne DRH, baptisé #MonKilimandjaro, et de le faire connaître au plus grand nombre. Une cagnotte a également été lancée et reste ouverte jusqu’au 31 décembre. Une partie des dons collectés sera reversée à des associations qui accompagnent les femmes dans leur reconstruction après la maladie.
Visionnez le témoignage de Sandrine et découvrez-en plus sur le défi qu’elle a relevé
Dépister tôt pour mieux guérir
Comme Sandrine Wilmet-Besson, plus de 60 000 femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein chaque année. En France, il représente 33 % des cancers féminins, soit le plus fréquent. C’est aussi la deuxième cause de décès des femmes. Mais plus ce cancer est dépisté tôt, plus les chances de guérison sont élevées : 99 % de survie à 5 ans pour un dépistage précoce, contre 26 % à un stade tardif, selon les chiffres de l’Assurance maladie.
D’où l’importance de suivre les recommandations de dépistage, même sans symptômes. À savoir, réaliser une mammographie tous les 2 ans pour les femmes entre 50 et 74 ans. « Pour moi, c’est un point clé de la lutte contre le cancer », souligne Sandrine Wilmet-Besson. Ce dépistage est gratuit et organisé par l’Assurance maladie. Les femmes concernées reçoivent un courrier d’invitation, accompagné d’un bon de prise en charge et d’une liste de radiologues agréés.
Repérer les signes d’alerte
Mais comme le rappelle Sandrine Wilmet-Besson, le dépistage ne démarre pas « à partir de 50 ans, quand on reçoit sa convocation, c’est plutôt quand on commence sa vie de femme ». C’est pour cela que dès l’âge de 25 ans, il est conseillé de se faire examiner les seins une fois par an. Cet examen peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
L’autopalpation est tout aussi importante. Il s’agit simplement de se palper la poitrine pour rechercher d’éventuelles anomalies : apparition d’une boule, modification de la peau (rougeurs, œdème…), du mamelon ou de l’aréole (changement de coloration, suintement…), changements dans la forme des seins.
« C’est très important de connaître son corps. Quelque part, c’est aussi en prendre soin. Et si on détecte la moindre anomalie, c’est de pouvoir alerter et d’aller se rassurer aussi en allant consulter » un professionnel de santé, rappelle Sandrine Wilmet-Besson.
Si la mammographie révèle également des anomalies, des examens complémentaires sont prescrits, comme une biopsie, une IRM ou un scanner. Ces examens permettent de confirmer le diagnostic et de définir le type de cancer. Là encore, ils sont pris en charge par l’Assurance maladie.
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Diagnostic et propositions thérapeutiques
Les femmes dont le diagnostic de cancer du sein est confirmé sont reçues par un oncologue. Celui-ci précise la nature de la maladie et évoque les différents types de traitements possibles.
L’annonce est généralement un moment très angoissant, qui peut provoquer un choc psychologique important. Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à venir accompagnée d’un proche qui pourra vous soutenir dans cette épreuve. N’hésitez pas non plus à exprimer vos angoisses. Cette consultation permet justement de pouvoir poser vos questions et d’être mieux informée sur l’impact du cancer sur votre qualité de vie.
Après l’annonce, l’équipe médicale (oncologue, chirurgien…) décide du traitement le plus adapté lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire. Cette proposition de traitement est appelée proposition thérapeutique. Elle est détaillée lors d’une consultation dédiée avec votre médecin : bénéfices attendus, possibles effets indésirables, soins pour traiter les conséquences de la maladie et du traitement…
Le programme de personnalisé de soins (PPS)
Si vous le souhaitez, vous pouvez à ce moment-là demander un deuxième avis médical. Pour cela, vous devez remettre une copie de votre dossier médical au deuxième médecin sollicité. Ce dossier doit comprendre vos examens d’imagerie originaux, vos résultats d’analyses et les rapports médicaux déjà réalisés.
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Même sans deuxième avis, il peut être utile de tenir un carnet de suivi tout au long du parcours. Vous pouvez y noter, par exemple, les comptes rendus de vos rendez-vous et vos éventuelles questions.
Enfin, si vous acceptez la proposition thérapeutique, le médecin vous remet un document appelé programme personnalisé de soins (PPS). Ce document précise les dates et la durée des traitements, ainsi que les coordonnées de l’équipe soignante.
Traitements et suivi
Selon la nature de la maladie, plusieurs traitements peuvent être proposés, seuls ou combinés :
Chirurgie : deux types d’interventions peuvent être réalisées, soit une tumorectomie qui consiste à enlever la tumeur en conservant la plus grande partie du sein, soit une mastectomie, qui consiste à retirer la totalité du sein.
Chimiothérapie : il s’agit d’un traitement médicamenteux qui vise à détruire les cellules cancéreuses. La chimiothérapie peut être administrée avant la chirurgie pour réduire la tumeur, ou après pour diminuer le risque de récidive, soit par perfusion ou comprimés.
Radiothérapie : ce traitement utilise des rayons ou des particules à haute énergie, là aussi pour réduire la taille de la tumeur avant la chirurgie ou à détruire les cellules cancéreuses restantes après l’intervention.
Hormonothérapie : aussi appelée traitement endocrinien, l’hormonothérapie s’appuie sur des médicaments pour bloquer l’action des hormones (œstrogènes, etc.) auxquelles la tumeur est sensible. Ce traitement peut ainsi aider à ralentir ou empêcher sa croissance.
Immunothérapie : en complément des traitements classiques, l’immunothérapie stimule le système immunitaire pour l’aider à reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses. Les médicaments peuvent être administrés sous forme de comprimés, par intraveineuse ou par application sur la peau.
La durée de ces traitements varie, mais elle peut aller de 6 mois à plus d’un an. Un suivi thérapeutique est ensuite mis en place par l’équipe médicale. Cette surveillance est essentielle pour détecter une récidive de la maladie ou l’apparition d’un autre type de cancer. Les consultations sont programmées tous les 3 à 6 mois la première année, puis une fois par an.
Aides et soutien
Face à la maladie, vous pouvez bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide et d’accompagnement. Les cancers entrent dans la catégorie des affections de longue durée (ALD). Les traitements sont donc pris en charge à 100 %, sans avance de frais. Vous pouvez également faire appel à une assistante sociale pour vous aider dans toutes vos démarches : pour obtenir des aides financières, par exemple, ou pour faire une demande d’aménagement de travail.
Sur le plan de la santé mentale, vous pouvez vous tourner vers un psychologue pour être accompagnée tout au long de votre parcours. Il existe également des associations ou groupes de parole dédiés. Ce sont des soutiens précieux pour exprimer vos émotions et trouver du réconfort dans les périodes de doute. Même dans la « tempête » dont parle Sandrine Wilmet-Besson, des ressources existent pour avancer et retrouver le chemin de ses rêves.
Et même oser rêver plus grand : « Il y a une vie après la maladie. Certes, plus la même, mais elle peut être encore très belle et on peut peut-être faire des choses qu’on ne s’est pas permis de faire avant. Je suis passée par des étapes très difficiles, et je les ai dépassées. Il y a une lumière au bout du tunnel. Il ne faut surtout pas perdre espoir », conclut celle qui peut dire fièrement désormais que le Kilimandjaro, « elle l’a fait ».
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