Hygiène intime : la douche vaginale, une fausse bonne idée ?
Une indispensable toilette des zones intimes périphériques
L’Assurance maladie obligatoire recommande sur son site web une toilette intime quotidienne, doublée éventuellement en période menstruelle. Elle doit être réalisée à l’aide d’un savon doux, sans parfum et au pH neutre.
Vous devez nettoyer la vulve (petites et grandes lèvres) d’avant en arrière, directement avec vos mains soigneusement lavées. Le gant de toilette est à proscrire, car il peut contenir des germes et irriter les muqueuses les plus fragiles.
Vous pouvez également utiliser un gel ou un soin lavant spécialement conçu pour l’hygiène intime. Nous vous invitons à vérifier sa composition sur une application dédiée comme Yuka, QuelProduit, INCI Beauty ou Clean Beauty.
La douche vaginale, une pratique adoptée par de nombreuses femmes
La douche vaginale consiste à nettoyer l’intérieur du vagin à l’eau, éventuellement mélangée à un antiseptique, un médicament ou un soin lavant, à l’aide d’une poire ou d’un sac à lavement.
Elle était utilisée à l’origine comme un moyen de contraception, déjà recommandé dans l’Antiquité romaine, comme en témoignent les écrits du médecin gréco-romain Soranos d'Éphèse, qui exerçait au début du IIe siècle après J.-C. Elle a perduré au moins jusqu’au XXe siècle, comme en témoigne l’étude de Léa Keller intitulée Une brève histoire de la contraception et du contrôle des naissances.
Certaines femmes ont également adopté cette pratique comme une mesure d'hygiène, pensant ainsi se débarrasser d’odeurs naturelles jugées indésirables.
Les avancées de la médecine ont depuis mis en évidence les effets indésirables de la douche vaginale.
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Les risques d’une toilette « trop intime » sur le microbiote vaginal fragile
Le vagin abrite un microbiote complexe et fragile, dont l’équilibre empêche la prolifération de germes. Des bactéries utiles contribuent à prévenir l’apparition de certaines affections liées à des bactéries ou des champignons, telles qu’une vaginite ou une mycose. Des sécrétions claires permettent l’évacuation des germes et des cellules mortes vers l’extérieur. Ce fluide naturel assure un auto-nettoyage permanent et maintient l'acidité protectrice de la muqueuse.
Un nettoyage trop intrusif, comme c’est le cas avec la douche vaginale, peut perturber l’équilibre de la flore intime en éliminant notamment les lactobacilles. Un nombre trop faible de ces « bonnes bactéries » peut entraîner la prolifération de germes et favoriser le développement de vaginoses bactériennes et de mycoses.
Fausse bonne idée, la douche vaginale se révèle en effet bien souvent contre-productive.
Un lien potentiel entre douche vaginale et cancer de l’ovaire
Une étude publiée en 2016 par des chercheurs du National Institute of Environmental Health Science a démontré une corrélation possible entre douche vaginale et cancer de l’ovaire. Sur les 40 000 femmes âgées de 35 à 74 ans suivies pendant 6 années, 154 ont développé un cancer de l'ovaire. Or, les chiffres ont montré que les femmes qui ont déclaré pratiquer la douche vaginale présentaient un risque deux fois plus élevé de développer cette pathologie par rapport à celles qui s'en abstiennent.
Si les liens de cause à effet ne sont pas clairement établis, cette étude contribue à souligner les risques potentiels associés à cette pratique inutile et déstabilisatrice de la flore vaginale.
Au-delà de l'arrêt des pratiques à risque, découvrez l'importance de la prévention et du dépistage pour réduire les risques de cancer.
Améliorer son hygiène intime au quotidien
En complément d’une toilette se limitant à la vulve avec un savon ou un soin lavant adapté, vous pouvez également adopter les bons réflexes pour améliorer votre hygiène intime.
- Privilégiez les sous-vêtements en coton, qui permettent une meilleure évacuation de l’humidité et limitent la macération. Il est conseillé d'en changer quotidiennement et de les retirer pour dormir afin de laisser la peau respirer durant la nuit.
- Ne gardez pas sur vous des vêtements humides en contact avec votre zone intime : retirez par exemple immédiatement votre maillot de bain après votre journée à la plage ou votre séance à la piscine.
- Aux toilettes, utilisez de préférence du papier hygiénique non parfumé pour réduire les risques d’irritation et d’allergie. Il est également recommandé de toujours s’essuyer d’avant en arrière, pour prévenir toute contamination croisée entre les différentes zones intimes.
- Les crèmes contraceptives spermicides doivent être évitées si vous êtes sujette aux mycoses ou aux cystites : préférez-leur un autre moyen de contraception comme la pilule ou le préservatif. Vous pouvez utiliser un diaphragme, à condition de le laver après chaque rapport à l’eau savonneuse (sans désinfectant), de le rincer et de le sécher soigneusement.
- Après un rapport intime, adoptez le réflexe d’uriner. Cela évite la diffusion de germes qui pourraient provoquer des infections. De plus, si vous êtes sujette aux infections, l’utilisation d’un lubrifiant limitera les risques en diminuant les irritations par frottements. Optez pour un produit à base d’eau, moins irritants que ceux à base d’huile, et à PH neutre. Evitez les produits contenants de la glycérine, des arômes synthétiques, du glycérol, ou des huiles essentielles.
Ces gestes simples seront plus efficaces qu’une douche vaginale pour prendre soin de votre hygiène intime !
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