#Santé au fémininMénopause

Temps de lecture estimé : 4 min

Le cholestérol chez la femme : un risque cardiovasculaire insidieux à la ménopause

Le cholestérol, dont l’impact est fréquemment sous-estimé chez les femmes, augmente de manière significative la probabilité d'accidents cardiovasculaires, notamment quand il est associé à d’autres facteurs de risques. Dans les cas les plus graves, il peut contribuer au déclenchement d’événements graves tels que l'infarctus du myocarde. Or, ce phénomène s’accentue à partir de la ménopause. Découvrez le rôle du cholestérol sur la santé de vos artères et les bonnes pratiques pour protéger votre cœur.
Une femme ayant acheté pleins de légumes

Le rôle insidieux du cholestérol dans les maladies cardiovasculaires

Le cholestérol est un corps gras fabriqué par notre organisme et présent dans notre alimentation. Pour rejoindre les différents organes, il est encapsulé dans une lipoprotéine : véritable moyen de transport biologique, cette enveloppe lui permet de se dissoudre dans le sang et de circuler ainsi plus facilement.

La nature de ce « véhicule » définit l'impact du cholestérol sur votre santé cardiovasculaire :

  • Le LDL-cholestérol est formé de lipoprotéines de faible densité, qui se déposent sur les parois des artères lorsqu’elles sont présentes en trop forte concentration ;

  • Le HDL-cholestérol est formé de lipoprotéines de haute densité, qui participent au transport du cholestérol en excès dans le sang vers le foie, où il peut être éliminé.

Cela correspond-il au bon et mauvais cholestérol, comme on les appelle communément ? préciser si c’est bien le cas

Les molécules de LDL-cholestérol s’accumulent sur les parois des artères pour y former des plaques d'athérome. Ce processus, appelé athérosclérose, entraîne une diminution, voire une obstruction totale du flux sanguin :

  • Pouvant mener à un angor instable (douleur thoracique soudaine liée à un manque d'oxygénation du cœur) ou à un infarctus du myocarde lorsque les artères coronaires sont touchées ;

  • Pouvant entraîner un accident vasculaire cérébral quand les artères irriguant le cerveau sont concernées.

Produits par l’organisme et présents dans l’alimentation, les triglycérides sont stockés dans les tissus adipeux et servent de réserves d’énergie. Ils majorent également le risque de troubles cardiovasculaires lorsqu’ils sont présents en excès. 

Des femmes particulièrement à risque lors de la ménopause

La ménopause est marquée principalement par la fin de la production d’estrogènes et de progestérone par les ovaires et la disparition des règles. Mais ce bouleversement hormonal présente également des impacts sur les taux de cholestérol chez les femmes. La ménopause marque en effet la chute de la sécrétion d’estradiol, une hormone qui favorise la production du HDL-cholestérol et l’élimination du LDL-cholestérol. Chez de nombreuses femmes, le taux de cholestérol total augmente alors, avec une progression du « mauvais » cholestérol et, selon les cas, une diminution du « bon » cholestérol.  

Sur le même sujet

Infarctus : reconnaître les symptômes chez la femme

L’infarctus du myocarde est une destruction partielle du muscle cardiaque qui touche aussi bien les hommes que les femmes, tout âge confondu. Mais saviez-vous qu’une femme qui fait une crise cardiaque n’a pas les mêmes symptômes qu’un homme ? Et saviez-vous que les symptômes chez une femme évoluent et diffèrent tout au long de sa vie ?

Pathologies féminines

Ce risque est accentué par des facteurs socioculturels. Malgré les campagnes de prévention, les maladies cardiovasculaires restent encore trop souvent perçues comme une pathologie plutôt masculine : une idée reçue qui conduit les femmes à sous-estimer leur propre vulnérabilité et à négliger les signaux d'alerte.

Adapter son alimentation pour limiter le « mauvais » cholestérol

Vous pouvez réduire votre risque cardiovasculaire en adoptant une alimentation saine et équilibrée :  

  • Consommez du poisson 2 à 3 fois par semaine, dont une fois sous forme de poisson gras (maquereau, sardine ou hareng) ;

  • Mangez quotidiennement 5 fruits et légumes, en variant les couleurs pour bénéficier d'un large éventail d'antioxydants : polyphénols (fruits rouges, raisin, agrumes), vitamines (poivron, kiwi, brocoli) et caroténoïdes (carotte, patate douce, épinard, tomate) ;

  • Privilégiez les viandes maigres comme la volaille (poulet, dinde),  filet mignon de porc, escalope de veau ou lapin…  

  • Choisissez des huiles végétales sources d’acides gras insaturés oméga-3 et oméga-6 : huile de colza, de lin (particulièrement intéressante à la ménopause pour ses oméga-3 et ses phytoestrogènes), de noix ou de soja ;

  • Accroissez votre consommation de fibres alimentaires, principalement présentes dans les céréales complètes, les fruits et les légumes.

Il est à l’inverse recommandé de limiter la consommation de certains aliments :

  • Sel (5 g par jour) ;  

  • Viandes rouges (moins de 500 g par semaine) ;

  • Charcuterie ;

  • Alcool ;

  • Boissons sucrées (sodas, sirops…) et aliments riches en sucres ajoutés ou ultra-transformés..

Si une alimentation plus saine et plus équilibrée peut vous aider à prendre soin de votre cœur et de vos artères, vous ne devez pas pour autant vous priver définitivement de vos plats et desserts préférés. L’heure du repas doit rester un moment de plaisir et de convivialité, et vous pouvez vous permettre occasionnellement un écart. Un régime trop restrictif est en effet rarement tenable, car il mène à la frustration et au découragement. 

Consultation chez un nutritionniste ou un diététicien : quel remboursement ? Découvrez ici

Les bienfaits de l’activité physique pour le cœur des femmes

L’exercice régulier stimule la production de HDL-cholestérol et aide à réduire les triglycérides. En préservant l'élasticité de vos artères, le sport combat également le stockage de la graisse abdominale, facteur de risque majeur. Visez 30 minutes d’activité quotidienne comme la marche rapide, pour des bénéfices à long terme sur votre santé.

En savoir plus : activité physique, bouger pour rester en pleine forme

Bénéficier d’un suivi médical adapté à l’âge de la ménopause

Votre médecin traitant peut vous prescrire un bilan lipidique, qui permet de connaître les différents taux de cholestérol :  

  • Cholestérol total ;

  • LDL-Cholestérol  ;

  • HDL-Cholestérol.

Le bilan lipidique permet d’évaluer votre profil en mesurant le cholestérol total : un taux élevé de LDL constitue un facteur de risque important, en particulier lorsqu’il est associé à un faible niveau de HDL. L’analyse intègre aussi votre taux de triglycérides. Bien que distincts du cholestérol, ces lipides constituent un facteur de risque supplémentaire : un excès de triglycérides peut signaler un déséquilibre métabolique et s’associer à des complications cardiovasculaires, notamment en cas de HDL bas.

Votre médecin traitant pourra alors vous accompagner dans l'ajustement de vos habitudes de vie, en vous proposant des mesures concrètes pour arrêter de fumer, rééquilibrer votre alimentation ou pratiquer une activité physique régulière. Un traitement médicamenteux hypolipémiant peut aussi s'avérer nécessaire : les statines (des médicaments qui réduisent la production de cholestérol par le foie) sont alors privilégiées, mais d'autres molécules peuvent être envisagées si vous présentez des contre-indications ou des besoins spécifiques.

L’augmentation du cholestérol chez la femme lors de la ménopause n’est pas une fatalité. Grâce à une hygiène de vie adaptée, une alimentation équilibrée et un suivi médical régulier, vous pouvez prendre soin de votre cœur et de votre santé. 

Sur le même sujet

50 ans, un âge clé pour la femme

Notre mutuelle engage aujourd’hui un projet dédié à l’accompagnement des femmes autour de l’âge de 50 ans, véritable tournant de vie. Cette période charnière s’accompagne de changements majeurs, non seulement physiologiques, notamment liés à la ménopause, mais aussi d’évolutions dans la vie sociale, professionnelle et familiale. Ces transitions peuvent avoir un impact direct sur la santé physique, psychologique et le bien-être global.

Rédigé par : Benjamin Thiers

A lire aussi