Ménopause et troubles de l’humeur : comprendre, et retrouver l’équilibre
Pourquoi l’humeur peut-elle changer à la ménopause ?
Ce qu’on appelle communément la ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles. Elle est confirmée après 12 mois sans menstruations. Avant, il y a une phase de transition qui dure plusieurs années, dont on parle moins : la périménopause. Or c’est souvent là que les symptômes sont les plus marqués, car les hormones varient fortement d’un jour à l’autre.
Cette période correspond à une baisse globale des œstrogènes, ainsi que de la progestérone, avec des variations créant des « montagnes russes ». Résultat : vous vous sentez plus vulnérable au stress, plus irritable, ou encore vous avez le moral dans les chaussettes… Comme un syndrome prémenstruel permanent !
Cette période s’accompagne souvent de troubles du sommeil. En raison des variations hormonales simplement, ou des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes qu’elles peuvent générer… Vos nuits peuvent être fragmentées. Et quand on dort moins bien, cela impacte bien souvent notre humeur !
Enfin, cette période de vie s’accompagne parfois de changements importants (charge mentale, parents qui vieillissent, adolescents, évolution professionnelle, regard sur le corps…). Tout cela peut amplifier les émotions. Si vous avez déjà eu des épisodes d’anxiété ou de dépression, vous pouvez aussi être plus à risque d’en ressentir à nouveau.
Vous avez des symptômes de préménopause ? Pensez à en parler à votre médecin traitant ou votre gynécologue. En savoir plus sur la prise en charge de votre consultation.
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Troubles de l’humeur : comment les reconnaître ?
Les troubles de l’humeur à la ménopause ne se résument pas à « être de mauvaise humeur ». Ils peuvent prendre des formes très variées, avec une intensité plus ou moins forte.
- Irritabilité et impatience inhabituelles.
- Sautes d’humeur soudaines, larmes faciles, hypersensibilité.
- Anxiété, tensions, sensation d’être « à fleur de peau ».
- Baisse du moral, tristesse, perte d’élan.
- Difficultés de concentration, impression de brouillard mental.
- Fatigue et baisse d’énergie, souvent liées au sommeil.
- Perte de confiance ou préoccupations plus fortes autour du corps et du vieillissement.
Ces symptômes ne sont pas présents chez toutes les femmes mais ils peuvent faire partie de cette transition hormonale. S’ils restent ponctuels et légers, ils ne vous empêchent pas de vivre au quotidien.
En revanche, si le mal-être dure plusieurs semaines, s’intensifie, impacte votre travail, votre vie familiale ou votre sommeil, il est important que vous en parliez à un professionnel. Et en cas d’idées noires, vous devez consulter en urgence.
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Quand consulter un psychologue ?
En plus d’une consultation chez votre gynécologue ou une sage-femme, vous pouvez faire appel à un psychologue. Il ou elle pourra également vous accompagner dans cette étape. Quelle prise en charge de vos séances ?
Les bons gestes au quotidien (et les solutions naturelles)
Quand l’humeur vacille, l’objectif n’est pas d’être « parfaite », mais de remettre du confort et de la stabilité. Quelques ajustements simples peuvent déjà faire une vraie différence.
- Prioriser votre sommeil : respectez des horaires réguliers, privilégiez une chambre fraîche, limitez les écrans le soir, évitez l’alcool en fin de journée (il réchauffe et fragmente le sommeil).
- Bouger souvent : la marche rapide, le vélo, la danse, la natation, le renforcement musculaire… Quelle que soit l’activité physique pour laquelle vous optez, elle aide à réguler le stress, améliore le sommeil et soutient l’humeur.
- Miser sur une alimentation adaptée : protéines (œufs, poissons, viandes, légumineuses…) à chaque repas, fibres (légumes, fruits, céréales complètes…), oméga-3 (poissons gras, noix, avocats, graines de courge, de lin…), hydratation. Limitez les sucres rapides (pâtisseries, desserts sucrés, surtout industriels…)qui favorisent les coups de fatigue.
- Respirer et décharger la pression : pratiquez une activité qui vous libère du stress et fait baisser le taux de cortisol (hormone du stress). Cohérence cardiaque, yoga, respiration, méditation, étirements. Quelques minutes par jour suffisent... Ce qui compte, c’est la régularité !
- Garder du lien : voyez des ami(e)s, de la famille, parlez à un proche, rejoignez un groupe, adhérez à un club… L’important est que vous ne restiez pas seule avec ces symptômes.
Vous pouvez par ailleurs vous orienter vers des solutions naturelles, des « remèdes de grands-mères ». Si vous ne présentez de contres indications (antécédents de cancer hormono-dépendants) vous pouvez notamment consommer des aliments aux propriétés hormonales oestrogéniques (qui contrôle le taux d’œstrogènes), comme le soja et ses dérivés (tofu, tempeh…), les graines de sésame, de lin, les pois chiches, les lentilles... D’autres nutriments peuvent avoir une action bénéfique, comme le safran, le magnésium, la vitamine D, l’huile d’onagre... Côté plantes, certaines semblent également posséder des vertus : le gatillier (équilibre émotionnel), l’actée à grappes noires (bouffées de chaleur), la sauge officinale (régulation des hormones)…
Les effets varient d’une personne à l’autre et ce n’est pas toujours adapté à votre situation (antécédents, traitements en cours, maladies). Demandez conseil à votre médecin traitant, votre gynécologue, votre sage-femme ou à votre pharmacien avant de commencer un complément.
Quand et qui consulter ? Quels traitements peuvent aider ?
Si votre humeur vous pèse, l’idée est de ne pas attendre que cela devienne ingérable. Un point médical permet de faire la part des choses, d’écarter une autre cause (thyroïde, carence, trouble du sommeil, surmenage) et de choisir la meilleure stratégie à adopter.
- Votre médecin traitant : c’est le premier interlocuteur que vous devez consulter pour évaluer les symptômes et coordonner la prise en charge.
- Votre gynécologue ou sage-femme : ce sera votre interlocuteur privilégié pour discuter des symptômes de la périménopause ou de la ménopause et des options thérapeutiques qui s’offrent à vous.
- Un psychologue : il ou elle pourra vous accompagner pour gérer votre anxiété, les ruminations et interrogations que vous rencontrez et vous aider à réguler votre sommeil. N’hésitez pas à consulter plusieurs professionnels si le premier que vous rencontrez ne vous inspire pas confiance.
- Un psychiatre : si les symptômes dépressifs ou anxieux sont marqués, ou si un traitement médicamenteux de l’humeur est envisagé, il peut vous être d’une grande aide.
Selon votre situation, le professionnel de santé pourra vous proposer plusieurs options :
- Le traitement hormonal de la ménopause (THM) : il peut améliorer certains symptômes (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) et, indirectement, votre sommeil et votre humeur. Il se discute au cas par cas, avec une évaluation des bénéfices/risques.
- Des traitements non hormonaux : utiles si le THM n’est pas indiqué, notamment quand les troubles du sommeil ou les bouffées de chaleur sont au premier plan.
- Médicaments de l’humeur : si une dépression ou un trouble anxieux est diagnostiqué, un traitement peut être proposé, en complément des mesures d’hygiène de vie.
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Mini-FAQ : vos questions les plus fréquentes
Les variations d’humeur sont fréquentes pendant la périménopause, mais leur intensité est très variable. Certaines femmes ressentent surtout de l’irritabilité ou de l’anxiété, d’autres traversent un véritable épisode dépressif. Si vous avez un doute, le plus utile est d’évaluer l’impact sur votre quotidien.
Souvent en périménopause (les années qui précèdent l’arrêt des règles), quand les hormones fluctuent le plus. Mais cela peut aussi persister au début de la ménopause, surtout si le sommeil reste perturbé.
Cela peut durer de quelques semaines à plusieurs mois et même plusieurs années. Chez certaines femmes, les symptômes vont et viennent sur une période longue. Plus les troubles sont pris en charge tôt (sommeil, stress, symptômes vasomoteurs, soutien), plus il est facile de retrouver un équilibre.
Oui, dans la grande majorité des cas. Quand la transition hormonale se stabilise et que le sommeil s’améliore, l’humeur redevient plus régulière. Et si un trouble anxieux ou dépressif s’installe, il existe des prises en charge efficaces : vous n’avez pas à « faire avec ».
À retenir : les troubles de l’humeur à la ménopause (irritabilité, anxiété, baisse du moral) sont souvent liés à la périménopause, au sommeil et au stress. En combinant hygiène de vie, activité physique, soutien psychologique et, si besoin, traitements (dont le traitement hormonal de la ménopause discuté au cas par cas), il est possible d’aller mieux durablement.








