Sage-femme ou gynécologue : à qui vous adresser et dans quel cas ?
En synthèse
Sage-femme ou gynécologue : qui consulter pour son suivi gynécologique ?
Contraception, frottis, grossesse, ménopause, douleurs ou dépistage : une sage-femme peut assurer de nombreux actes de suivi gynécologique et de prévention mais surtout a une approche très globale de la santé de la femme. Le gynécologue a une expertise qui lui permet d’intervenir notamment en cas de pathologie, de grossesse à risque ou de besoin d’examens spécialisés. Comprendre leurs rôles permet de mieux choisir le bon professionnel de santé selon sa situation.
Les sages-femmes : un rôle essentiel, un périmètre méconnu
Les sages-femmes sont des professionnelles de santé médicales, disposant d’un droit de diagnostic et de prescription. Elles exercent en toute autonomie, sous leur propre responsabilité médicale. Elles jouent un rôle central dans le parcours de santé des femmes, bien au-delà de la maternité et de l’accouchement. En effet, elles peuvent vous accompagner à toutes les étapes de votre vie de femmes : de l’adolescence à la ménopause, en passant par la contraception, prévention, dépistage des IST et des cancers gynécologiques, vaccinations, IVG médicamenteuse, ménopause…
Les principales compétences d'une sage-femme
Accouchement : elles réalisent 80 % des accouchements en France (source : ministère de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées)
Consultation gynécologique de suivi et de prévention. Elle peut réaliser un frottis, le dépistage de certaines infections sexuellement transmissibles (IST), prescrire un traitement.
Consultation de contraception : elles assurent la pose, le changement, et le retrait d’un dispositif contraceptif
Suivi de grossesse avec préparation à la naissance et réalisation d’actes d’échographies obstétricales.
Réalisation des vaccins figurant dans le calendrier des vaccins obligatoires et du vaccin contre la grippe et le Covid.
Pratique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse.
Dispense de soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement : suivi du nouveau-né, accompagnement à l’allaitement et à la parentalité, suivi postnatal et rééducation périnéale.
Repérage des situations de violences faites aux femmes, qu’elles peuvent orienter vers des structures de prise en charge spécialisées.
Pratique des échographies gynécologiques, obstétricales et de fertilité
Pratique de la rééducation pelvipérinéale
Pratique de l’acupuncture gynécologique et obstétricale
Marie-Jo Falévitch met en avant son rôle crucial et spécifique : « la sage-femme crée un lien de confiance avec chaque patiente pour améliorer sa santé globale, sexuelle, maternelle, infantile... Elle ne se limite pas à l’aspect anatomique de la femme et se positionne dans une relation d’écoute. Souvent les femmes lui confient des choses dont elles n’ont jamais parlé, comme des violences sexuelles. La sage-femme accompagne également en cas de perte, d’IVG, mais aussi de sevrage tabagique, notamment dans le cadre d’un projet de grossesse. Cette approche globale est efficace et pertinente pour l’accompagner au long des âges de la vie. »
En cas de suspicion d’une pathologie chez une patiente, la sage-femme l’adresse à un médecin gynécologue ou autre spécialiste.
Où consulter une sage-femme ?
Gynécologue : le spécialiste médical de l’appareil génital féminin
Comme la sage-femme, le gynécologue intervient sur l’ensemble du parcours de soins féminin, mais avec une expertise médicale et chirurgicale plus large. Il est le spécialiste de l’appareil génital de la femme, qui désigne la vulve, le vagin, l’utérus, les ovaires et les seins.
Les compétences spécifiques d'un gynécologue
Suivi de la femme, diagnostic et traitement de pathologies féminines (douleurs, endométriose, kystes, anomalies du col, tumeurs…).
Actes techniques : colposcopie, biopsie, chirurgie, assistance médicale à la procréation.
Suivi des grossesses à risque.
Gestion des situations complexes (ménopause sévère, troubles hormonaux…).
Détail sur les spécialités en gynécologie
La gynécologie médicale assure le suivi régulier de la femme. Elle aborde la contraception, détecte les maladies gynécologiques et pose un diagnostic.
La gynécologie obstétricale prend en charge les grossesses à risque, les accouchements, ainsi que certaines maladies gynécologiques.
Les spécialistes de la fertilité s’occupent des femmes, et des couples, ayant des difficultés à procréer.
La médecine anténatale s’attache aux maladies du fœtus.
La chirurgie gynécologique intervient sur les pathologies telles que les kystes, l’endométriose, les fibromes, les prolapsus ou les cancers de la sphère gynécologique.
Comment choisir à qui vous adresser ?
Comparatif des motifs de consultation sage-femme / gynécologue
Motif de consultation | Sage-femme | Gynécologue |
| Contraception | ✔️ | ✔️ |
| Frottis / dépistage | ✔️ | ✔️ |
| Suivi de grossesse normale | ✔️ | ✔️ |
| Grossesse à risque | ❌ si, en surveillance. Ce sont finalement les SF qui les voient au quotidien dans les établissements et 1 à 3 fois par semaine, ou encore tous les jours en exercice libéral | ✔️ |
| Accouchement | ✔️ (hors actes médicaux lourds) | ✔️ |
| IVG médicamenteuse | ✔️ | ✔️ |
| IVG instrumentale | ❌ | ✔️ |
| Pathologie gynécologique | ⚠️ selon cas | ✔️ |
| Chirurgie gynécologique | ❌ | ✔️ |
Peut-on consulter les deux en parallèle ?
Oui ! Et c’est même souvent recommandé. Vous pouvez par exemple :
Effectuer votre suivi annuel chez une sage-femme,
Consulter un gynécologue en cas de pathologie,
Être suivie par les deux durant une grossesse (ex. : consultations et échographies courantes chez la sage-femme / consultations et échographies spécialisées chez le gynécologue ou autre spécialiste).
Cette complémentarité offre notamment une prise en charge plus globale et permet de répondre à la problématique d’accès aux soins, dans un contexte de pénurie de gynécologues dans certains territoires.
Combien de praticiens en France ?
Selon les chiffres du ministère de la Santé et la Drees au 1er janvier 2025, on compte aujourd’hui en France :
Le ministère de la Santé estime qu’il fallait attendre en moyenne 44 jours pour obtenir un rendez-vous chez le gynécologue en 2017. Ce chiffre ayant dû empirer puisque le nombre de praticiens diminuent alors que le nombre de femmes augmentent.
La profession de sage-femme est donc beaucoup plus représentée, ce qui facilite le recours et réduit les délais de rendez-vous. Comme l’explique Marie-Jo Falévitch, les sages-femmes « prennent en charge toute la maternité, du pré au post-notal. L’idée est qu’elles deviennent les professionnelles de premiers recours. Nos compétences sont largement suffisantes pour assurer le suivi. Il vaut mieux garder l’expertise des gynécologues pour des situations pathologiques. On en a alors vraiment besoin et ils sont en nombre restreint. Aujourd’hui beaucoup de femmes se retrouvent en rupture de parcours de soins, en errance médicale. »
Depuis le 11 novembre 2023, vous pouvez déclarer une sage-femme référente à l’Assurance maladie. L’objectif est de renforcer la coordination des soins pendant et après la grossesse. Son rôle : informer, accompagner, prévenir et coordonner.
Combien ça coûte et comment est-ce remboursé ?
Tarifs d’une consultation chez un gynécologue
Secteur 1 : 30 à 32 €
Secteur 2 : 60 à 90 €, voire 100 € et plus
Remboursement : 70 % du tarif conventionné (environ 20 €) NB :
La mutuelle peut prendre en charge les dépassements.
En savoir plus sur les remboursements d’une consultation chez le gynécologue
En savoir plus sur les dépassements d’honoraires et les remboursements en secteur 1 et 2
Tarifs d’une consultation chez une sage-femme
Consultation au cabinet : 26.50 € (tarif conventionné)
Majoration selon horaires (ex. nuit, week-end) : jusqu’à 65 €
Remboursement : 70 % du tarif conventionné, 100 % pour certaines consultations dès la déclaration de grossesse et dès le 6ᵉ mois de grossesse jusqu’au 12e jour du post-partum pour tous les actes, ainsi que pour la rééducation périnéale jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Autre avantage à avoir en tête, comme le souligne Marie-Jo Falévitch, « depuis la revalorisation de certains actes médicaux en janvier 2026, la réalisation du frottis coûte moins cher chez une sage-femme que chez les gynécologues. Ce qui représente un plus pour les patientes et pour l’Assurance maladie ».
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Consultation gynécologique : questions fréquentes
À partir de quel âge faut-il consulter ?
Il n’y a pas d’obligation mais il est recommandé de consulter à partir des premières règles et surtout avant le début de la sexualité, notamment pour aborder la question de la prévention des IST et la contraception. Vous devez consulter en cas de douleurs ou de troubles du cycle. Comme Marie-Jo Falévitch l’observe, « j’ai fait beaucoup de consultations de grossesse mais j’accompagne aussi des adolescentes, en prévention IST, HPV… Ainsi que des femmes lors de la ménopause. Si une sage-femme ne peut prescrire le traitement hormonal de la ménopause (THM) elle peut prescrire les traitements hormonaux locaux, ce qui optimise la vie des femmes ».
À quelle fréquence ?
Il est recommandé de consulter tous les ans pour un bilan gynécologique, selon l’âge et le risque. En effet, certaines périodes de la vie nécessitent un suivi plus régulier : puberté, grossesse, ménopause… Selon Marie-Jo Falévitch, « en termes de prévention, tous les ans c’est bien. En dehors de toutes raisons qui amèneraient à consulter, telles qu’un inconfort, une gêne ou des douleurs gynécologiques (seins, vulve, vagin…), sexuelles pelviennes… » De même que dans le cas de difficultés à procréer, de douleurs ou d’anomalies observées. Marie-Jo Falévitch met en avant l’importance d’un suivi préventif régulier puisqu’ « il peut arriver qu’on voit quelque chose qui fait qu’on va refaire un frottis ou bien on peut déceler des pathologies, ne serait-ce que des fuites urinaires, un prolapsus… »
Faut-il faire un frottis tous les ans ?
Entre 25 et 29 ans, vous devez réaliser 2 premiers tests à 1 an d’intervalle. Puis vous devez effectuer un frottis tous les 3 ans. Le frottis permet de dépister le cancer du col de l’utérus, dû aux papillomavirus humains (HPV).
Entre 30 et 65 ans, un test HPV-HR est réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique normal puis tous les 5 ans s’il reste négatif.
Puis-je consulter en accès direct ?
Oui, pour les sages-femmes et pour les gynécologues (contraception, dépistage, grossesse…).
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Quels avantages et inconvénients à consulter une sage-femme ou un gynécologue ?
Consulter une sage-femme offre une plus grande disponibilité, les délais de RDV sont plus courts. Elle prendre en charge le suivi préventif et contraceptif à chaque moment-clé de la vie d’une femme dans une approche de santé globale et sexuelle. Elle pratique rarement des dépassements d’honoraires. En revanche, elle ne prend pas en charge les pathologies complexes et ne pratique pas d’actes chirurgicaux.
Consulter un gynécologue permet de couvrir une plus large palette de situations (pathologies, chirurgie, fertilité). Il est indispensable en cas de grossesse à risque. En revanche, il est moins accessible sur le territoire, les délais de rendez-vous sont généralement plus longs et les dépassements d'honoraires fréquents en secteur 2.
Les principales compétences d'une sage-femme :
Accouchement
Consultation gynécologique de suivi et de prévention.
Consultation de contraception : elles assurent la pose, le changement, et le retrait d’un dispositif contraceptif
Suivi de grossesse avec préparation à la naissance et réalisation d’actes d’échographies obstétricales.
Réalisation des vaccins figurant dans le calendrier des vaccins obligatoires et du vaccin contre la grippe et le Covid.
Pratique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse.
Dispense de soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement : suivi du nouveau-né, accompagnement à l’allaitement et à la parentalité, suivi postnatal et rééducation périnéale.
Repérage des situations de violences faites aux femmes, qu’elles peuvent orienter vers des structures de prise en charge spécialisées.
Pratique des échographies gynécologiques, obstétricales et de fertilité
Pratique de la rééducation pelvipérinéale
Pratique de l’acupuncture gynécologique et obstétricale

Marie-Jo Falévitch est sage-femme, formatrice et praticienne d’acupuncture obstétricale.
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