Éco-anxiété : préserver sa santé mentale face à la crise écologique
Les points-clés
- L’éco-anxiété désigne une inquiétude persistante face aux conséquences de la crise écologique, nourrie notamment par le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les pollutions et la dégradation des ressources naturelles.
- Lorsqu’elle devient envahissante, elle peut se manifester par des pensées obsédantes, des troubles du sommeil, de la fatigue, une hypervigilance, un isolement social ou des épisodes dépressifs.
- Certaines catégories de population semblent davantage concernées, notamment les jeunes adultes, les personnes diplômées et les habitants des grandes agglomérations.
- Agir à son échelle, individuellement ou collectivement, peut contribuer à atténuer le sentiment d’impuissance et renforcer le sentiment d’être utile.
- Lorsque l’éco-anxiété affecte durablement la santé mentale et le quotidien, un accompagnement par un professionnel de santé peut aider à retrouver un meilleur équilibre émotionnel.
L’éco-anxiété : un changement climatique qui pèse sur la santé mentale
Les événements climatiques extrêmes se multiplient ces dernières années, créant un sentiment d'urgence permanente. L’année 2026 ne déroge pas à la règle, marquée par un été où les épisodes de canicule se répètent mois après mois, entraînant des incendies dévastateurs, une faune et une flore en souffrance et des cours d’eau à sec.
Mais les sécheresses qui touchent la France à une fréquence accrue ne sont que les aspects les plus visibles du changement climatique. D’autres phénomènes, plus insidieux et inscrits dans le temps long, sont autant de signes d’une évolution inquiétante vers un climat de moins en moins tempéré : les saisons s’estompent avec des hivers de moins en moins marqués, les stations de ski réduisent leurs dates d’ouverture ou ferment définitivement, les tempêtes d'une violence inédite provoquent des dégâts impressionnants dans toutes les régions...
Ces dérèglements bouleversent progressivement nos repères et alimentent un sentiment croissant d’éco-anxiété.
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Face aux pics de températures, incendies et intempéries, le changement climatique devient palpable. AÉSIO aborde l'éco-anxiété avec des experts et des acteurs engagés, offrant des solutions contre ce sentiment d'impuissance.
Un sentiment d’éco-anxiété qui ne se résume pas à la crise climatique
Si le changement climatique constitue la facette la plus visible et médiatisée de la crise écologique globale, il ne peut à lui seul en résumer la complexité ni en définir la portée réelle.
Une équipe internationale de chercheurs du Stockholm Resilience Centre a identifié 9 limites planétaires qui, si elles sont franchies, peuvent provoquer des modifications profondes et potentiellement irréversibles de l’équilibre naturel :
- Le changement climatique ;
- L’atteinte à la biodiversité ;
- La pollution des sols et des nappes phréatiques par l’utilisation massive d’engrais ;
- La déforestation au profit de monocultures agricoles ;
- La perturbation du cycle de l’eau douce ;
- Le rejet de nouvelles substances nocives dans la nature ;
- L’acidification des océans ;
- La destruction de la couche d’ozone ;
- La progression du nombre de particules dans l’atmosphère.
Or, selon les travaux publiés par le Stockholm Resilience Centre, seules les deux dernières limites n’ont à ce jour pas été franchies.
Ces autres facettes de la crise écologique, souvent moins médiatisées, ont pourtant des répercussions très directes sur notre quotidien. C’est le cas, par exemple, de l’utilisation massive d’engrais azotés et de pesticides en agriculture, qui soulève aujourd’hui d'importants enjeux de santé publique.
Comprendre les symptômes de l’éco-anxiété et son impact sur la santé mentale
Les températures globales augmentent, les incendies, les inondations et les tempêtes touchent toutes les régions, des espèces animales et végétales disparaissent chaque jour, les cours d’eau et les nappes phréatiques sont de plus en plus polluées, rappelant à toutes et à tous que la planète est en train de changer sous nos yeux.
Ce monde inédit et plus dangereux en train de se mettre en place inquiète un nombre croissant de Françaises et de Français, qui doivent vivre avec une incertitude aggravée par un profond sentiment d’impuissance. Dans ses formes les plus sévères, l’éco-anxiété devient une source de souffrance quotidienne. Plusieurs symptômes similaires à ceux des troubles anxieux peuvent alors apparaître : pensées obsédantes tournées vers les catastrophes environnementales, troubles du sommeil, fatigue importante, hypervigilance, isolement progressif et parfois épisodes dépressifs.
L’éco-anxiété ne touche pas l’ensemble de la population de façon homogène. Une étude de l’Ademe publiée en 2025 montre en effet des corrélations fortes avec l’âge, le lieu de vie et le niveau d’étude :
- Les personnes âgées de 25 à 34 ans, diplômées ou habitant dans de grandes agglomérations sont les plus éco-anxieuses ;
- Les ruraux et les retraités présentent un niveau d’éco-anxiété globalement moins élevé ;
Cette surreprésentation des jeunes s’explique en partie par le fait que cette classe d’âge sera la plus affectée par le changement climatique et la crise écologique, car elle va grandir et vieillir dans un monde dont on ne peut que supposer l’évolution à horizon 2050, 2080 ou 2100.
La solastalgie, une détresse face à un changement environnemental
Définie en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht, la solastalgie fait référence à un sentiment de profonde détresse face à la destruction ou à la transformation d’un environnement familier. Il peut s’agir, par exemple, de la disparition d’un bois proche de chez soi, victime d’un incendie ou de l'abattage d'arbres, d’un ruisseau autrefois limpide envahi par la pollution, ou de terres agricoles transformées en zone commerciale.
Contrairement à l’éco-anxiété, qui exprime une angoisse globale face à la crise écologique, la solastalgie traduit une douleur psychologique intense, comparable dans une certaine mesure au deuil ou à la perte d’un proche. Elle contribue d'ailleurs souvent à nourrir l’éco-anxiété, en matérialisant l'ampleur des atteintes environnementales à travers une expérience personnelle douloureuse.
Agir au quotidien pour réduire l’impact de la crise climatique et écologique
L’éco-anxiété se nourrit souvent d’un sentiment d’impuissance. Pourtant, nous disposons tous de leviers concrets pour agir à notre échelle. De nombreuses actions individuelles permettent de réduire significativement notre empreinte écologique :
- Adopter une alimentation plus durable : réduire sa consommation de viande et privilégier les produits locaux, de saison ;
- Consommer moins d’énergie : engager des travaux de rénovation énergétique (isolation, chauffage), enfiler un vêtement chaud en hiver plutôt que d'augmenter le chauffage, limiter le recours à la climatisation en été et réduire sa consommation d'eau (privilégier une douche courte à un bain) ;
- Repenser ses déplacements : choisir la marche, le vélo ou les transports en commun pour les trajets du quotidien, et privilégier le train ou le covoiturage plutôt que l'avion pour les plus longues distances ;
- Vivre ses vacances autrement : partir en France ou en Europe, privilégier des destinations accessibles en train, se ressourcer au contact de la nature et adopter le slow tourisme ;
- Consommer moins mais mieux : favoriser la seconde main, éviter les vêtements issus de la Fast Fashion, opter pour des appareils électroménagers et multimédias économes et dotés d'un fort indice de réparabilité, et conserver ses équipements plus longtemps ;
- Réduire ses déchets : trier soigneusement ses emballages, composter ses déchets organiques et limiter l’achat de produits à usage unique ;
- Adapter ses choix d’épargne : opter pour une banque ou des solutions d'épargne engagées dans la transition écologique.
Environnement : des bonnes nouvelles souvent minimisées
Les médias se focalisent essentiellement sur les actualités les plus sensationnelles, et les nouvelles positives sont souvent peu mises en avant. Pourtant, des actions concrètes permettent chaque jour de faire face, à une échelle locale, nationale ou mondiale, aux enjeux climatiques et écologiques de notre siècle.
Des programmes de conservation ont par exemple permis de sauver de l’extinction des espèces en danger critique. Le lynx ibérique a ainsi vu ses effectifs passer de 62 spécimens adultes en 2001 à près de 2 000 individus en 2024. Le condor de Californie, qui ne comptait plus que 22 animaux à l’état sauvage dans les années 1980, en recense aujourd'hui près de 400 évoluant en liberté.
Le protocole de Montréal, signé en 1987, est un exemple de coopération internationale réussie autour d’un enjeu écologique majeur. La réduction de 99 % des gaz responsables de la destruction de la couche d’ozone a porté ses fruits. Le trou de la couche d’ozone ne cesse de diminuer, et la restauration de cette protection naturelle contre les rayons ultraviolets préviendrait jusqu’à 2 millions de cas de cancers de la peau par an selon l’Organisation des Nations Unies.
Vous pouvez également agir au niveau collectif pour la planète :
- Rejoindre une association : s'investir dans une association ou un collectif (jardins partagés, protection de la biodiversité, ateliers de réparation), participer à des actions de nettoyage de la nature ou s'engager dans un réseau d'entraide citoyenne ;
- S'impliquer dans la vie politique locale : participer aux conseils citoyens ou aux budgets participatifs de sa commune, se présenter comme conseiller municipal, interpeller les élus locaux sur les enjeux écologiques (pistes cyclables, cantines scolaires bios et végétales, espaces verts) et voter en tenant compte des engagements écologiques des candidats ;
- Agir au sein de son entreprise, de son école ou de son université : devenir éco-ambassadeur, proposer des initiatives concrètes à son employeur (mobilités douces, tri au bureau, choix de fournisseurs responsables) ou initier une démarche RSE ou s’impliquer dans le processus ;
- Participer à des initiatives de quartier : créer ou rejoindre un composteur collectif, organiser une Amap (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou initier une boîte à livres et d'entraide entre voisins ;
- Sensibiliser et transmettre sans culpabiliser : animer ou participer à des ateliers collectifs tels que la Fresque du Climat, échanger avec ses proches pour partager les bonnes pratiques et soutenir la recherche ou les ONG écologiques.
Ces actions, individuelles ou collectives, redonnent du sens et aident à faire face aux enjeux écologiques avec le sentiment d’être utile et engagé.
Bénéficier d’un accompagnement psychologique pour faire face à l’éco-anxiété
Lorsque la préoccupation environnementale présente des répercussions sur la santé mentale, ou se transforme en « éco-frayeur », un accompagnement psychologique devient indispensable pour préserver sa santé mentale et retrouver un équilibre émotionnel.
L’approche thérapeutique s'adapte aux différentes manifestations :
- Sur le plan émotionnel : apprendre à réguler son éco-stress et ses éco-émotions négatives en s’appropriant des techniques d'apaisement et d'autorégulation, telles que la méditation de pleine conscience, la cohérence cardiaque et la visualisation positive ;
- Sur le plan cognitif : travailler sur l'acceptation, désamorcer les ruminations et apprendre à ne pas se laisser envahir par un flux d'informations négatives ;
- Sur le plan physiologique : traiter les répercussions physiques de l'anxiété, telles que les troubles du sommeil, l'épuisement et la fatigue chronique ;
- Sur le plan relationnel : rompre l'isolement social et le sentiment d'incompréhension en intégrant des espaces d'écoute bienveillants (groupes de parole, collectifs engagés) ;
- Sur le plan de l'action : surmonter le sentiment d'impuissance en s'engageant, à sa mesure, dans des projets citoyens ou des démarches locales porteuses de sens.
Dans le cadre du dispositif « Mon soutien psy », vous pouvez bénéficier sous conditions de la prise en charge de 12 séances par an chez un psychologue conventionné : l’Assurance maladie obligatoire rembourse votre consultation à hauteur de 60 %, le ticket modérateur pouvant être couvert par votre complémentaire santé.
Certains contrats de complémentaire santé prévoient également une prise en charge de vos séances auprès d’un psychologue ou d’un psychothérapeute hors dispositif « Mon soutien psy ». C’est notamment le cas des niveaux de garanties 2 à 5 des contrats AÉSIO Santé Particuliers et AÉSIO Santé Pro, ainsi que des niveaux de garanties 2 à 7 d’AÉSIO Santé Entreprises.
Dans les situations les plus graves, une véritable « éco-terreur » s’installe durablement. Un psychiatre peut alors apporter une aide précieuse, comprenant la prescription d’un traitement médicamenteux adapté.
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Le psychiatre est habilité à poser un diagnostic basé sur une évaluation aussi bien mentale que physique, et prescrit un traitement ou un arrêt de travail quand cela s’avère nécessaire.
Éco-anxiété : questions / réponses
L’éco-anxiété correspond à une inquiétude ou une angoisse liée aux conséquences actuelles et futures des crises climatiques et écologiques. Elle peut être alimentée par les événements météorologiques extrêmes, la disparition d’espèces, les différentes formes de pollution ou, plus largement, par le sentiment d’assister à une dégradation progressive de l’environnement.
Lorsqu’elle devient particulièrement intense, l’éco-anxiété peut provoquer des manifestations proches de celles des troubles anxieux : ruminations autour des catastrophes environnementales, troubles du sommeil, fatigue importante, hypervigilance ou isolement. Dans certaines situations, elle peut également s’accompagner d’épisodes dépressifs.
L’éco-anxiété désigne une inquiétude globale face à la crise écologique et à ses conséquences. La solastalgie correspond davantage à une détresse provoquée par la transformation ou la destruction d’un environnement familier, par exemple après un incendie, une pollution ou la disparition d'un espace naturel auquel une personne était attachée.
Mettre en place des actions concrètes peut aider à réduire le sentiment d’impuissance. Il peut s’agir de modifier certaines habitudes de consommation et de déplacement, de réduire ses déchets ou sa consommation d’énergie, mais aussi de s’engager dans une association, un collectif ou une initiative locale. L’objectif est de privilégier des actions adaptées à ses possibilités, qui permettent de retrouver du sens sans alimenter la culpabilité.
Un accompagnement psychologique peut être utile lorsque les préoccupations environnementales commencent à affecter durablement le sommeil, le bien-être, les relations sociales ou le fonctionnement quotidien. Le travail thérapeutique peut notamment porter sur la régulation des émotions, les ruminations, les manifestations physiques de l’anxiété, le sentiment d’isolement ou d’impuissance.
Le dispositif « Mon soutien psy » permet, sous conditions, de bénéficier d’une prise en charge de 12 séances réalisées auprès d’un psychologue conventionné. Certains contrats de complémentaire santé peuvent également prévoir une prise en charge de consultations auprès d’un psychologue ou d’un psychothérapeute en dehors de ce dispositif.
Conclusion
Face à la multiplication des bouleversements climatiques et environnementaux, ressentir de l’inquiétude est compréhensible. L’éco-anxiété peut toutefois devenir difficile à vivre lorsqu’elle occupe une place trop importante dans le quotidien et affecte le sommeil, les relations sociales ou le bien-être psychologique.
Transformer cette inquiétude en actions concrètes, individuelles comme collectives, peut aider à retrouver un sentiment d’utilité et de maîtrise. Il ne s’agit pas de porter seul la responsabilité de la crise écologique, mais d’identifier les moyens d’action qui ont du sens à son échelle. Lorsque l’angoisse devient trop présente, se faire accompagner par un psychologue ou un autre professionnel de santé permet également de mieux comprendre ses émotions et d’apprendre à les réguler.
- https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/article/limites-planetaires
- https://www.ademe.fr/presse/communique-national/eco-anxiete-quelles-menaces-sur-la-sante-mentale-des-francais/
- https://iucn.org/press-release/202406/iberian-lynx-rebounding-thanks-conservation-action-iucn-red-list
- https://www.fws.gov/program/california-condor-recovery
- https://www.fws.gov/sites/default/files/documents/2026-02/2025-california-condor-population-status_508-compliant.pdf
- https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/16/climat-le-trou-dans-la-couche-d-ozone-continue-de-se-resorber-a-un-rythme-encourageant_6641317_3244.html
- https://www.un.org/fr/climatechange/preserving-the-ozone-layer
- https://www.francetravail.fr/actualites/bien-dans-mon-quotidien/gestion-emotions-visualisation.html
- https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/aides/accompagnement-psychologique-mon-soutien-psy





