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Jeune et déprimé : que faire ?

Vous êtes-vous déjà senti triste, morose, mal dans votre peau et démotivé pendant une longue période ? Une déprime, ça arrive à tout le monde de temps en temps, mais il faut réagir lorsque cela devient plus profond ou se prolonge. En France, 1 jeune sur 4 déclare être « souvent déprimé » en 2021. Comment se porte la santé mentale des jeunes aujourd’hui ? Comment détecter son propre mal-être ou celui de ses enfants et comment réagir pour le soigner au mieux ? AÉSIO mutuelle vous aide à faire le point.

La déprime : un phénomène préoccupant chez les jeunes

Un sentiment de tristesse et de mal-être qui ne veut pas partir 

Être triste ou avoir un coup de blues, ça arrive à tout le monde. Ce sentiment d’abattement soudain, de fatigue, disparaît généralement de la même façon qu’il est apparu pour laisser place à d’autres émotions plus positives. Mais parfois la tristesse et la morosité s’installent et ne veulent plus repartir, les choses perdent de leur intérêt, le quotidien devient monotone et inintéressant, et on a plus le moral pour rien. C’est la déprime et elle est très présente chez les jeunes Français aujourd’hui. 

1 jeune Français sur 4 déprimé, selon une enquête UNICEF

En 2021, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) sort un rapport sur la situation des enfants dans le monde Dans ma tête : Promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale des enfants. Il constitue l’analyse la plus complète jamais menée par l’UNICEF sur la santé mentale des enfants, des adolescents et des personnes s’occupant d’enfants au XXIe siècle.

Les chiffres recueillis en France auprès de 25 000 jeunes dressent un tableau alarmant :

1 jeune sur 5 dans le monde se dit souvent déprimé

En France, ils sont 24%, soit 1 jeune sur 4, à ressentir la même chose.

De même :

  • 76,6% des répondants français indiquent qu’il leur arrive d’être triste ou cafardeux, 53,3% de n’avoir plus goût à rien et 64,2% de perdre confiance en eux ;
  • 35,2% seulement ont pu rencontrer un médecin ou un psychologue pour en parler et 60,6% ont parlé de leur mal-être à leurs parents ou à un membre de leur famille.

Des chiffres assez marquants mais d’autant plus préoccupants dans la catégorie des plus âgés (13-18 ans) qui témoigne d’un profond état de mal-être. Dans cette tranche d'âge, 10,3% d’entre eux, soit 1 adolescent sur 10, reconnaissent avoir déjà tenté de se suicider et 27,2% y avoir déjà pensé.

La santé mentale des jeunes est donc plus que jamais menacée en France !

Pourquoi les jeunes sont-ils déprimés ? 

Y a-t-il des facteurs déclencheurs ?

En vérité, il n’y pas de « profil type du jeune déprimé ». Certains critères peuvent favoriser l’apparition et l’installation de la déprime chez les jeunes. Connaître ces critères, c’est déjà avoir des pistes pour déterminer l’origine d’un mal-être profond chez un jeune. On peut notamment relever :

1. La présence de troubles mentaux diagnostiqués

  • Trouble déficitaire de l’attention ou hyperactivité ;
  • Anxiété ;
  • Troubles du comportement : troubles bipolaires, alimentaires ou schizophrénie ;
  • Certains handicaps comme l’autisme et le handicap mental sont également catégorisés comme des causes éventuelles.

2. L’environnement familial et social 

Les facteurs de protection, tels que des parents aimants, des environnements scolaires sûrs et des relations positives avec les pairs contribuent fortement à réduire les risques de déprime. Si vous êtes exposé à la violence ou la négligence dès l’enfance, vous aurez beaucoup plus de chance d’être triste et mal dans votre peau que si vous grandissez dans un environnement sain et bienveillant. 

3. Le milieu économique

Bien sûr l’argent ne fait pas le bonheur et grandir dans une famille avec un petit revenu ne veut en aucun cas dire que vous serez déprimé à l’avenir. Néanmoins, les jeunes qui manquent de soutien financier ont une plus grande tendance à déprimer que les autres, en partie aussi parce que cela suscite une profonde frustration chez l’enfant et l’adolescent, et les empêche parfois d’accéder au soutien dont ils ont besoin.  

Le Covid-19, la « partie émergée de l’iceberg »

Le Covid-19 et le confinement n’ont pas été faciles à vivre pour les jeunes. Isolés de leurs amis, privés de sorties et d’activités, beaucoup ont sombré dans la déprime à force de subir un quotidien à leurs yeux morose et inintéressant. Néanmoins, le rapport de l’UNICEF qualifie le Covid-19 de simple « partie émergée de l'iceberg ».

En effet, même avant la crise, la santé mentale des jeunes était déjà très préoccupante. Ainsi, selon une étude de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) datant de 2019 :

Plus d'1 adolescent sur 7 âgé de 10 à 19 ans vivrait avec un trouble mental diagnostiqué.

De même, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déjà en 2019, près de 46.000 adolescents se suicidaient chaque année, ce qui en fait l'une des cinq principales causes de décès pour cette tranche d'âge. 

Comment lutter contre la déprime quand on est jeune ? 

Reconnaître les symptômes 

Déprimer sur sa vie, ça n’a rien d’exceptionnel. Tout le monde rencontre des hauts et des bas. D’une douloureuse rupture amoureuse à un simple mauvais temps, de nombreuses raisons peuvent nous pousser à déprimer, les jeunes ne font pas exception.

Les symptômes d’une déprime sont divers et variés mais les plus courants sont : 

  • Un manque de motivation : un mot simple : la « flemme », flemme de travailler, mais aussi de manger, de s’habiller ou de faire quoi que ce soit qui implique de bouger de votre lit. Une soudaine mollesse vous a envahi et vous vous sentez plutôt comme un « mollusque bien à l’aise dans sa coquille ». Sortir, voir vos amis ou même passer un appel devient vite pénible, ce qui vous conduit souvent à vous isoler. La journée est longue et ennuyeuse quand on a la motivation pour ne rien faire.
  • La spirale de négativité : une pensée négative en entraîne une autre qui en entraîne une autre. « Je suis nul », « ma vie est sans intérêt », « rien ne va jamais s’arranger », toutes ces pensées parasites suscitent rapidement de la tristesse voire du désespoir. Ce qui renforce votre sentiment d’inutilité et votre paresse.  

La déprime c’est un sentiment passager et si elle ne passe pas d’elle-même et qu’on ne fait rien pour l’aider à s’en aller, alors elle peut se transformer en dépression et avoir des conséquences graves sur votre santé mentale et parfois physique. C’est pourquoi une fois cette dernière identifiée, il faut tout faire pour la combattre. 

Combattre la déprime 

Ne niez pas vos sentiments 

Lorsqu’on est jeune, on a tendance à penser qu’on est invincible. On est en perpétuelle évolution et on se préoccupe beaucoup de ses relations sociales, sans prendre forcément le temps de se focaliser sur sa relation avec soi-même.

Prendre votre tristesse en compte et vous donner quelques minutes ou quelques heures pour l’identifier et la comprendre, c’est très important. Pas pour vous apitoyer sur votre sort, mais au contraire pour trouver une solution. De même, si vous êtes le parent d’un jeune et que vous vous apercevez que ce dernier a une tendance à la déprime, ne négligez pas les sentiments et les émotions de votre enfant ou votre adolescent, ils peuvent avoir de réelles conséquences. 

Commencez de nouvelles activités

C’est connu, dans la vie si on a un but on avance mieux et plus vite. Avoir un objectif quand on se lève le matin, c’est capital. Si vous vous sentez découragé et démotivé, ne soyez pas trop exigeant envers vous-même dès le départ et procédez par stade.

Vous pouvez commencer par faire des choses qui vous font du bien : regarder une émission humoristique, lire un livre, vous faire un chocolat chaud. Puis vous pouvez passer graduellement à des activités plus ambitieuses comme dessiner, aller à la boulangerie acheter un bon gâteau, faire un casse-tête, participer à une balade à vélo et finalement sortir de nouveau régulièrement pour vous changer les idées. 

Consultez vos proches 

Généralement quand on est jeune, on a l’impression qu’un problème est insoluble, mais il s’avère très souvent que ce n’est pas le cas. Parlez-en à vos amis et à vos parents. Ils ont été jeunes aussi, vous vous apercevrez probablement que vous n’êtes pas le seul à avoir expérimenté ce problème et que des solutions existent.

Ne vous enfermez surtout pas dans une logique selon laquelle vous êtes « seul au monde ». De même si vous êtes le parent d’un jeune déprimé et que vous ne saisissez pas la nature de ses soucis ou comment les résoudre, n’hésitez pas à en parler autour de vous à vos proches. Ils ont une chance sur quatre d’avoir assisté au même phénomène de déprime chez leurs enfants, et ont peut-être des solutions à vous apporter. 

Demandez l’aide d’un professionnel 

Si la déprime est bien installée et ne paraît pas vouloir s’en aller malgré vos efforts, alors, il faudra vous décider à demander de l’aide à un professionnel au plus vite, afin de ne pas laisser cette dernière prendre des formes plus graves. Si vous êtes un parent inquiet et que vous décidez de requérir l’aide d’un psychologue ou d’un thérapeute, n’oubliez pas de bien expliquer à votre enfant qu’il s’agit d’une simple aide pour soigner un mal-être et non la preuve que vous pensez qu’il est fou.

En effet, quand on est jeune, « psychologue » et « folie » sont deux mots naturellement associés et donc souvent rejetés. Or, parler à quelqu’un d’extérieur et d’expérimenté qui a des réponses à apporter peut être fondamental dans le processus de guérison. De nombreuses ressources sont également mises à la disposition des jeunes par l’intermédiaire de plateformes telle que Jeunesse, J’écoute.   
 

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Parce que chez AÉSIO mutuelle nous sommes très conscients que le bien-être mental est une composante essentielle de la santé, nous avons décidé, fin juin 2021, de nous mobiliser en sa faveur par l’intermédiaire de notre Fondation.

La Fondation AÉSIO soutient et accompagne des structures à but non lucratif engagées dans des projets innovants de sensibilisation, de prévention en santé mentale et d’accompagnement des personnes en souffrance psychique et de leurs proches. Elle soutient notamment 2 projets phares pour les trois prochaines années : ceux de l’association PSSM France et de l’association L’BURN.

Rédigé par : Clotilde CHEVALIER