La polyarthrite rhumatoïde chez la femme : causes, symptômes et traitement
La polyarthrite rhumatoïde : une maladie articulaire inflammatoire
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune : le système immunitaire présente un dysfonctionnement qui le conduit à agir contre l’organisme qu’il est censé protéger. En d’autres termes, certains anticorps s’attaquent directement à des cellules saines de l’organisme.
Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, les anticorps défaillants s’attaquent principalement à la membrane synoviale des articulations.
Le saviez-vous ?
La membrane synoviale est la fine pellicule qui tapisse l'intérieur de vos articulations (genoux, poignets, doigts...). Son rôle est de sécréter la synovie, un liquide lubrifiant qui permet à vos os de glisser les uns sur les autres sans frottements, un peu comme de l'huile dans un rouage.
Si elle peut survenir à tous les âges, la maladie apparaît habituellement entre 30 et 50 ans, avec un pic autour de 45 ans. Elle débute le plus souvent par :
- Des douleurs articulaires :
- Globalement symétriques au niveau des extrémités (poignets, mains, doigts, pieds) ;
- Se manifestant notamment en fin de nuit, et s’accompagnant d’un engourdissement et d’une raideur le matin au réveil pendant au moins 30 minutes ;
- À la fermeture du poing ;
- À la pression (entre les mains et les doigts ou au niveau des orteils).
- Des gonflements sur 2 ou 3 articulations.
Ces premiers symptômes s’installent dans le temps et sont ressentis pendant au moins plusieurs semaines.
Les premiers signes ne sont pas systématiques et peuvent varier d’une personne à l’autre : les atteintes articulaires peuvent concerner d’emblée les genoux, les chevilles, voire dans certains cas les hanches et les épaules.
La polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées, entrecoupées de périodes d’accalmie au cours desquelles les symptômes diminuent, voire parfois disparaissent. Les poussées s’accompagnent habituellement d’une fatigue intense.
En l’absence de prise en charge médicale adaptée, la maladie s’étend à de nouvelles articulations et provoque des déformations : les doigts dévient sur le côté et se replient sur eux-mêmes, les pieds subissent des altérations qui peuvent gêner la marche, les coudes restent fléchis, les épaules perdent en mobilité…
Une maladie auto-immune qui touche principalement les femmes
La polyarthrite rhumatoïde concerne essentiellement les femmes. Selon l’Assurance maladie obligatoire, 72 % des 320 000 personnes traitées en France en 2022 sont des femmes.
Les causes sont encore méconnues, mais l’Organisation mondiale de la santé établit un lien entre certains facteurs de risques associés au mode de vie ou intrinsèques :
- Mode de vie : tabagisme, sédentarité, obésité, mauvaise hygiène dentaire, alimentation déséquilibrée, etc. ;
- Facteurs non modifiables : sexe (féminin), prédispositions génétiques, augmentation de l’incidence selon l’âge
Les raisons de la surexposition des femmes à la polyarthrite rhumatoïde ne sont pas totalement connues ou confirmées, mais plusieurs pistes sont étudiées de près par les scientifiques.
Les œstrogènes jouent un rôle de régulation dans plusieurs processus biologiques, y compris au niveau du système immunitaire. Selon une étude publiée en 2023 par des chercheurs de l’université de Gênes, un taux élevé d’œstrogènes réduit l’inflammation, tandis qu’un taux faible peut à l’inverse présenter un effet pro-inflammatoire. La chute du taux d’œstrogènes à la ménopause expliquerait en partie la fréquence accrue des nouveaux cas à l'âge de 45 ans.
Des recherches scientifiques explorent également la piste génétique. La présence d’une paire de chromosomes XX chez la femme (contre une paire XY chez l’homme) semble jouer un rôle important dans l'apparition des maladies auto-immunes. En effet, un mécanisme propre aux femmes inactive aléatoirement l’un des deux chromosomes X dans chaque cellule. Celui-ci peut cependant être incomplet ou laisser des traces : des molécules spécifiques à cette inactivation peuvent être interprétées par erreur comme des intrus par le corps. Cela finit par alerter inutilement le système immunitaire et favorise l'apparition de maladies auto-immunes.
Mieux vivre avec la polyarthrite rhumatoïde : traitement et qualité de vie
Vous ressentez des douleurs articulaires chroniques ? Vous pensez présenter certains des symptômes évoqués ? Votre premier réflexe est d’en parler à votre médecin traitant. Un suivi médical précoce, associant votre médecin traitant et un rhumatologue, vous permet effectivement de mieux vivre avec la maladie au quotidien.
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Un traitement médicamenteux permet à la fois de réduire, d’espacer ou de supprimer les poussées, tout en soulageant les symptômes au quotidien :
- Des médicaments contre la douleur, associant antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et corticoïdes, peuvent améliorer votre qualité de vie au quotidien ou durant les poussées.
- Un médicament immunosuppresseur, le plus souvent du méthotrexate, est prescrit en première intention pour diminuer la réaction immunitaire et ainsi réduire l’état inflammatoire.
- Une biothérapie à base d’anticorps monoclonal anti-TNF, habituellement en association avec un médicament immunosuppresseur, permet de bloquer l’action d’une substance produite par certaines cellules immunitaires qui jouent un rôle clé dans l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde.
- Un inhibiteur des Janus kinases (des protéines qui agissent comme des "interrupteurs" transmettant les signaux de l'inflammation à l'intérieur des cellules), le plus souvent en association avec un médicament immunosuppresseur, permet de bloquer l’action d’enzymes impliquées dans le processus inflammatoire.
Ces traitements peuvent présenter des effets secondaires importants et nécessitent une observance stricte de la posologie et un suivi médical régulier. Ces traitements permettent néanmoins d'obtenir une amélioration significative de votre qualité de vie et réduisent les risques d’aggravation de la maladie.
Une rééducation, des séances de kinésithérapie ou d’ergothérapie, ainsi que des programmes d'activité physique, peuvent vous aider à conserver votre mobilité ou à adapter vos gestes à la maladie. Vous pouvez également vous faire accompagner dans l’aménagement de votre domicile. La balnéothérapie peut aussi apporter un mieux-être en favorisant la décontraction musculaire et l’augmentation de la flexibilité articulaire.
Pour vous accompagner dans votre parcours de soins
- Kinésithérapie : Informez-vous sur les modalités de prise en charge et le remboursement de vos séances de kinésithérapeute.
- Médecines douces : Découvrez comment les médecines complémentaires peuvent vous aider à mieux gérer les douleurs au quotidien.
Des interventions chirurgicales sont parfois nécessaires lorsque la polyarthrite rhumatoïde provoque une déformation importante des articulations ou une destruction avancée de la membrane synoviale. Votre médecin peut discuter avec vous de l’opportunité de la pose d’une prothèse ou de la réalisation d’une arthrodèse (fusion osseuse destinée à stopper des frottements douloureux).
Au-delà des soins médicaux, une bonne hygiène de vie joue un rôle clé dans la gestion de la maladie. Adopter une alimentation de type "anti-inflammatoire" aide notamment à réduire la production de molécules pro-inflammatoires dans l'organisme. Privilégiez les aliments riches en oméga-3 (poissons gras, noix, huile de colza), les fruits et légumes colorés pour leurs antioxydants, ainsi que les céréales complètes. Pour en savoir plus, découvrez tous les atouts de l’alimentation anti-inflammatoire.
Un suivi médical permet également de prévenir ou de diagnostiquer précocement certaines complications touchant les femmes souffrant de polyarthrite rhumatoïde : ostéoporose, maladies cardiovasculaires, sécheresse des yeux et de la bouche, vascularite, anémie, etc.
https://www.inserm.fr/dossier/polyarthrite-rhumatoide/
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/polyarthrite-rhumatoide/comprendre-polyarthrite-rhumatoide
https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/polyarthrite-rhumatoide/traitement-fond.html
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https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/polyarthrite-rhumatoide/complications.html
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/rheumatoid-arthritis
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/polyarthrite-rhumatoide/vivre-polyarthrite-rhumatoide
Etude scientifique espagnole : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1169833013000240
Evocation d'une étude de l'Inserm : https://www.inserm.fr/actualite/maladies-auto-immunes-vieille-enigme-pratiquement-resolue/
Etude scientifique française : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2666479820300215
Etude italienne : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10277547/
https://www.vidal.fr/actualites/30734-pourquoi-les-femmes-souffrent-elles-davantage-de-maladies-auto-immunes.html
Etude de l'Université de Stanford : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38306984/
Etude de l'Université de Pennsylvanie : https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1520113113








