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Mieux comprendre la vulvodynie

Brûlures, sensations de piqûre, douleurs lors des rapports sexuels ou même au simple contact d'un vêtement… La vulvodynie est une affection chronique qui touche la vulve et altère profondément la qualité de vie des femmes qui en souffrent. Pourtant, cette douleur reste encore largement sous-diagnostiquée, en raison d'une méconnaissance de la maladie et de l'absence de lésions visibles. AÉSIO vous explique !
Femme souffrant de la vulvodynie

Points clés :

  • Il s'agit d'une douleur chronique de la vulve persistant depuis plus de 3 mois sans cause médicale identifiée.  

  • La douleur est souvent décrite comme une brûlure, une sensation de piqûre ou d'irritation permanente.

  • Elle peut être spontanée ou déclenchée par un contact (rapport sexuel, tampon, examen gynécologique, vêtements serrés).

  • La forme la plus fréquente est la vestibulodynie provoquée, qui représenterait plus de 70 % des douleurs vulvaires chroniques.

  • Une prise en charge multidisciplinaire permet généralement d'améliorer significativement les symptômes. 

Qu’est-ce que la vulvodynie ?

C’est une douleur chronique localisée au niveau de la vulve, présente depuis au moins trois mois, sans infection, dermatose, maladie neurologique ou autre cause clairement identifiable. Elle se manifeste le plus souvent par des sensations de brûlure, de piqûre ou d’inconfort au niveau de la zone vulvaire.

Il s’agit d’un trouble des mécanismes de perception de la douleur. En l'absence de lésion visible, le système nerveux va continuer à transmettre un signal douloureux au cerveau, qui l'interprète et l'amplifie de manière anormale. 

Quels sont les différents types de vulvodynie ?

Type de vulvodynie Caractéristiques Personnes les + concernées Déclencheurs 
Vulvodynie spontanée 

Douleurs présente sans contact ni stimulation particulière.  

Permanentes ou par épisodes et toucher toute la vulve ou seulement certaines zones. 

Le plus souvent les femmes de 40 ans et plus, vers l'approche de la ménopause ou après. Apparaissent souvent après des infections génitales à répétition (mycoses vulvaires) 
Vulvodynie provoquée 

Douleurs déclenchées par un contact ou une pression au niveau de la vulve.  

Forme fréquente. 

Principalement les femmes entre 20 et 40 ans, souvent avant une 1re grossesse Rapports sexuels avec pénétration, insertion d'un tampon, examens gynécologiques, vêtements serrés, soins d'hygiène intime ou certains dispositifs contraceptifs. 
Vulvodynie provoquée primaire Douleurs présentes dès les premiers rapports sexuels ou les premiers contacts vulvaires. Le plus souvent les adolescentes et jeunes femmes de 16 à 25 ans. Tout contact avec la zone vulvaire sensible. 
Vulvodynie provoquée secondaire Douleurs arrivent plus tard dans la vie. Généralement les femmes de 25 à 50 ans, mais peut survenir à tout âge. Contacts intimes ou situations qui ne provoquaient auparavant aucune douleur. 
Vulvodynie mixte Mixte de douleurs spontanées et de douleurs déclenchées par le contact. Cette forme peut être plus complexe à prendre en charge. Femmes de tous âges. À la fois spontanées et provoquées par différents contacts ou activités du quotidien 

Quelles sont les causes de la vulvodynie ?

Aujourd’hui, nous ne connaissons pas encore toutes les causes exactes de la vulvodynie. Les spécialistes pensent que plusieurs facteurs peuvent intervenir dans l'apparition de cette douleur chronique, notamment des facteurs nerveux, hormonaux, musculaires ou encore psychologiques. À ce jour, aucun examen ne permet d'identifier une cause précise ou unique expliquant les symptômes.

La vulvodynie est d'ailleurs souvent classée parmi les symptômes médicalement inexpliqués (SMI), comme la fibromyalgie, le syndrome du côlon irritable, le syndrome de la vessie douloureuse ou encore le syndrome de fatigue chronique. Ces maladies ont toutes un point commun, le système nerveux devient plus sensible à la douleur et peut réagir de façon excessive à certains stimuli.

Pour être plus concret, les neurones chargés de transmettre les informations de douleur au cerveau présentent une activité accrue. Ce qui fait qu’une stimulation habituellement indolore peut être perçue comme douloureuse, tandis qu'une douleur légère peut être ressentie de façon beaucoup plus intense. Cette amplification anormale du signal douloureux, appelée hyperalgésie, contribue donc largement à la persistance des symptômes.

Les traumatismes physiques ou chirurgicaux

Chez certaines femmes, les douleurs apparaissent après un événement particulier qui a touché la région génitale ou pelvienne, comme :

  • Un accouchement difficile,

  • Une épisiotomie,

  • Une intervention gynécologique,

  • Un traumatisme local,

  • Des infections génitales répétées, notamment des mycoses vulvo-vaginales récidivantes.

Cela peut entraîner une hypersensibilisation progressive des terminaisons nerveuses de la vulve.

Les perturbations neurologiques

La vulvodynie pourrait être liée à une hypersensibilité des nerfs de la vulve. Chez certaines femmes, les nerfs responsables de transmettre les sensations douloureuses seraient plus actifs que la normale. Certains gestes du quotidien habituellement indolores, comme s'asseoir longtemps, porter un vêtement serré ou utiliser un tampon, peuvent vous provoquer une douleur importante.

Les facteurs hormonaux

Les changements hormonaux peuvent aussi favoriser la vulvodynie. Certaines périodes de la vie, comme l'allaitement, le post-partum, la périménopause ou la ménopause, ainsi que certaines contraceptions hormonales, peuvent rendre la vulve plus sensible. La sécheresse vulvo-vaginale associée à ces variations hormonales peut également aggraver les douleurs.

Le stress et les facteurs psychologiques

Le stress n'est pas à l'origine de la vulvodynie, mais il peut participer à son aggravation. Lorsque la douleur devient chronique, votre cerveau peut développer un état d'alerte permanent que l’on appelle hypervigilance douloureuse.

Si vous avez peur d’avoir mal lors de rapports sexuels, la perception de la douleur va être renforcer.  

L'hypertonicité du plancher pelvien

Les muscles du périnée constamment contractés sont aussi une cause sans que vous vous en rendiez compte. Cette tension peut rendre votre vulve plus sensible, augmenter vos douleurs au contact et rendre vos rapports sexuels difficiles. C'est pourquoi la rééducation périnéale est souvent recommandée pour apprendre à relâcher ces muscles et diminuer la douleur.

Le système immunitaire et le système nerveux autonome

Une légère inflammation ou une sensibilité accrue du système nerveux pourrait contribuer à l'apparition ou au maintien des douleurs liées à la vulvodynie. Cependant, les causes exactes ne sont pas encore totalement comprises. 

Quels remboursements chez le gynécologue ? 

Quels sont les symptômes de la vulvodynie ?

Pour rappel, la vulvodynie se manifeste principalement par des douleurs vulvaires persistantes sur plusieurs mois ou années. Vous pouvez ressentir une sensation de brûlure ou de piqûre, parfois accompagnée de sensations de coupure, d'écorchure ou de tiraillement. Elle peut concerner toute la vulve, ou seulement des zones précises de la vulve et s’étendre à des régions proches de la vulve, telles que le clitoris, le vagin, l’anus, l’urètre et la vessie.

Vous pouvez avoir différents symptômes selon la forme :

  • La vulvodynie spontanée : les douleurs apparaissent sans raison apparente et ne nécessitent aucun contact pour être déclenchées. Elles peuvent être présentes de façon continue ou survenir par périodes, et concerner l'ensemble de la vulve ou une zone précise. Cette forme est davantage observée chez les femmes de plus de 40 ans.

  • La vestibulodynie (ou vulvodynie provoquée localisée) : il s'agit de la forme la plus fréquente de vulvodynie. Elle touche principalement les femmes jeunes et se manifeste par une douleur localisée à l'entrée du vagin lors d'un contact. Les rapports sexuels sont souvent la principale source de gêne, mais d'autres situations du quotidien peuvent également déclencher la douleur, comme l'utilisation d'un tampon, un examen gynécologique ou le port de vêtements serrés. Comme la vulve présente généralement un aspect normal à l'examen médical, de nombreuses femmes connaissent une période d'errance diagnostique avant d'obtenir une prise en charge adaptée.

Parfois, si vous souffrez de vulvodynie, d’autres symptômes peuvent survenir comme des envies fréquentes d’uriner, des douleurs abdominales au niveau du bas de l’abdomen, des douleurs articulaires et musculaires diffuses typiques de la fibromyalgie et des troubles digestifs et des douleurs abdominales spécifiques du syndrome du côlon irritable. 

Comment diagnostiquer cette douleur chronique ?

Si vous souffrez de douleurs vulvaires, consultez votre médecin traitant ou un gynécologue pour comprendre l’origine de vos douleurs. Pour confirmer le diagnostic des vulvodynies, le spécialiste doit écarter toutes les causes possibles de douleurs vulvaires :

  • Des maladies inflammatoires, comme le lichen plan (maladie inflammatoire de la peau ou des muqueuses pouvant entraîner des douleurs et des irritations au niveau de la vulve),  

  • Des lésions vulvaires, par exemple certaines cicatrices laissées par les accouchements par voie basse,

  • Des infections génitales, comme des candidoses vaginales récidivantes ou de l’herpès génital,

  • Des lésions précancéreuses ou cancéreuses de la vulve,

  • Une fissure mécanique de l’hymen, qui cicatrise et se reproduit à chaque rapport sexuel.

Pour poser le diagnostic de la vulvodynie, votre médecin traitant ou votre gynécologue commence par vous interroger sur vos symptômes, leur ancienneté et les situations dans lesquelles la douleur survient. Un examen clinique de la vulve permet ensuite d'observer son aspect général, de repérer d'éventuelles particularités anatomiques bénignes, d'identifier précisément les zones douloureuses et de déterminer si la douleur apparaît spontanément ou lors d'un contact. Cet examen est idéalement réalisé pendant une période où les symptômes sont présents. Dans la majorité des cas, aucun examen complémentaire n'est nécessaire pour confirmer une vulvodynie. Des examens supplémentaires, comme une biopsie ou des prélèvements, ne sont envisagés qu'en cas de doute sur une autre affection ou sur la présence d'une lésion vulvaire. 

Quels sont les traitements de la vulvodynie ?

La prise en charge de la vulvodynie est adaptée à chaque femme et repose souvent sur plusieurs approches complémentaires. L'objectif est de soulager la douleur, d'améliorer le confort au quotidien et de préserver la qualité de vie.

Les soins locaux

Lorsque la vulve est irritée ou sèche, des crèmes hydratantes, des soins émollients ou des lubrifiants adaptés peuvent vous aider à réduire l'inconfort. Après la ménopause, un traitement local à base d'œstrogènes peut parfois être proposé.

Les traitements médicamenteux

Selon les symptômes, votre médecin traitant peut vous prescrire des anesthésiques locaux ou certains médicaments utilisés pour agir sur les douleurs neuropathiques, lorsque les traitements antidouleur classiques ne sont pas suffisants.

La rééducation périnéale

Réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme formée, la rééducation périnéale va vous permettre de relâcher les tensions musculaires du périnée, souvent impliquées dans la persistance des douleurs. 

Quels remboursements pour le kinésithérapeute ? 

Un accompagnement psychologique ou sexologique

La vulvodynie peut avoir des répercussions importantes sur le bien-être émotionnel et la vie intime. Un accompagnement psychologique, des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou un suivi par un sexologue peuvent aider à mieux vivre avec la douleur et à retrouver une sexualité plus sereine.

La chirurgie  

Lorsque les autres traitements n'apportent pas d'amélioration suffisante, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour certaines formes sévères de vestibulodynie. Cette option reste exceptionnelle et se discute au cas par cas avec l'équipe médicale.

Plus la prise en charge est précoce, plus les chances d'améliorer durablement les symptômes et la qualité de vie sont importantes. 

AÉSIO MUTUELLE

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Vous pouvez également bénéficier du service Deuxième avis médical d'AÉSIO mutuelle.

Ce service vous permet d'obtenir l'avis d'un médecin expert dans votre pathologie, pour vous aider à prendre les bonnes décisions.

FAQ : Tout savoir sur la vulvodynie

Oui. Chez certaines femmes, les douleurs diminuent progressivement ou disparaissent sans raison clairement identifiée. Toutefois, les symptômes peuvent persister plusieurs années chez d'autres patientes. Une prise en charge adaptée permet généralement d'améliorer significativement le confort de vie. 

Non. La vulvodynie n'est ni une infection, ni une maladie sexuellement transmissible. Il s'agit d'une douleur chronique de la vulve dont l'origine exacte reste mal connue. Avant de poser le diagnostic, le médecin doit toutefois éliminer d'autres causes possibles, comme une mycose ou un herpès génital. 

Oui. C'est même l'un des symptômes les plus fréquents. Certaines femmes ressentent une douleur dès la pénétration, mais aussi lors de l'utilisation d'un tampon, d'un examen gynécologique ou d'un simple contact avec la vulve. 

Si vous souffrez de douleurs vulvaires persistantes depuis plus de trois mois, il est recommandé de consulter votre médecin traitant, votre gynécologue ou un spécialiste de la douleur pelvienne. Un diagnostic précoce permet de mettre en place une prise en charge adaptée et de limiter l'impact de la maladie sur le quotidien. 

Conclusion : Tout savoir sur la vulvodynie

Longtemps méconnue, la vulvodynie est pourtant une douleur chronique qui peut avoir un impact majeur sur votre qualité de vie, votre bien-être psychologique et votre vie intime. Parce qu'elle ne s'accompagne généralement d'aucune lésion visible, son diagnostic peut être complexe et retarder la prise en charge. Pourtant, il est important de rappeler que ces douleurs sont réelles et qu'elles ne doivent jamais être minimisées. Aujourd'hui, grâce à une meilleure connaissance de cette affection et à une prise en charge multidisciplinaire associant professionnels de santé, rééducation périnéale et accompagnement psychologique si nécessaire, il est possible de soulager les symptômes et d'améliorer durablement le quotidien des femmes concernées. En cas de douleurs vulvaires persistantes, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé afin d'obtenir un diagnostic et un accompagnement adaptés. 

Rédigé par : Faustine Desbonnet

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