Hypercyphose : causes, symptômes et solutions
Qu’est-ce que l’hypercyphose ?
L’hypercyphose ou cyphose est une accentuation de la courbure naturelle du haut du dos, au niveau de la colonne vertébrale thoracique. Plus simplement, c’est une posture plus arrondie, des épaules qui tombent vers l’avant et un dos visiblement voûté.
Cette modification de la posture peut apparaître dès l’adolescence, notamment pendant la croissance, et elle évolue avec le temps. Elle peut aussi se développer à l’âge adulte, en lien avec le vieillissement, certaines pathologies ou des changements dégénératifs de la colonne vertébrale. Selon les situations, l’hypercyphose peut être souple et liée aux habitudes de posture, ou plus structurée lorsqu’elle s’installe durablement.
Quels sont les différents types d’hypercyphose ?
L’hypercyphose posturale
Elle survient après un mauvais maintien de la posture qu’il est en général possible d’améliorer au moyen de soins de remodelage appropriés, surtout si vous êtes jeune, car votre colonne vertébrale ne présente pas encore de déformation osseuse importante.
L’hypercyphose de Scheuermann
C’est une déformation fixe de la colonne vertébrale, le plus souvent située en haut du dos. Elle entraîne un dos très arrondi, souvent très visible, ce qui peut être gênant sur le plan esthétique.
Cette déformation est causée par la maladie de Scheuermann, une anomalie de la croissance qui atteint au moins trois vertèbres du haut du dos, situées les unes à côté des autres, et modifie durablement leur forme. Sa cause exacte n’est pas encore connue. Comme pour la scoliose, il s’agit d’une vraie déformation des os du dos, vous ne pouvez pas vous redresser simplement en faisant un effort musculaire.
La maladie de Scheuermann touche surtout les enfants et adolescents entre 10 et 15 ans. Elle provoque des anomalies au niveau des vertèbres et des cartilages pendant la croissance, puis n’évolue plus une fois celle-ci terminée. Elle concerne entre 0,4 et 8,3 % de la population, plus souvent les garçons que les filles.
L’hypercyphose par tassement vertébral
Les vertèbres sont fragiles car la qualité de l’os est diminuée. Elles se cassent alors plus facilement, comme c’est le cas en présence d’ostéoporose (la densité osseuse diminue donc le risque de fractures augmente). Ces fractures peuvent entraîner un affaissement des vertèbres et provoquer une courbure du dos vers l’avant.
C’est assez rare mais cette déformation peut survenir si vous avez un choc ou un accident ayant causé une fracture vertébrale. La colonne vertébrale garde alors une position penchée vers l’avant.
Le syndrome du dos courbé
Ce syndrome touche principalement les personnes plus âgées. Elle est liée à une modification du bas du dos, qui devient moins creusé ou se courbe vers l’arrière. Cela entraîne un basculement progressif du haut du corps vers l’avant. Dans certains cas, vous pouvez vous retrouver à plier les genoux pour pouvoir regarder droit devant vous.
Cette condition peut être associée à d’autres problèmes de santé liés à l’âge, comme une scoliose dégénérative, la maladie de Parkinson, certains troubles du mouvement ou des maladies neuromusculaires. Elle a souvent un impact important sur la mobilité, l’équilibre et l’autonomie au quotidien. Elle peut aussi altérer la qualité de vie et, dans les formes les plus sévères, affecter l’état de santé général.
Quelles sont les conséquences ?
Dans les formes les plus sévères, l’hypercyphose peut avoir un impact sur votre santé en affectant vos fonctions vitales. Par exemple, la position en avant peut comprimer votre cœur et vos poumons (syndrome d’insuffisance thoracique), affecter la fonction neurologique, musculaire, digestive et créer des douleurs souvent invalidantes.
Quels sont les symptômes de l’hypercyphose ?
Dans les formes légères à modérées, l’hypercyphose ne provoque généralement pas de douleur. Vous pouvez alors être amené à consulter principalement pour des raisons esthétiques, notamment en raison d’un dos très arrondi ou de l’apparition d’une bosse dans le haut du dos (appelée gibbosité), qui peut être source de complexes.
Lorsque l’hypercyphose devient plus marquée, des douleurs peuvent apparaître au niveau du haut du dos (région thoracique). Vous pouvez également ressentir des douleurs dans le bas du dos ou au niveau du cou, car votre colonne vertébrale met en place des mécanismes de compensation afin de maintenir l’équilibre de votre corps.
Dans les situations les plus sévères, la déformation peut exercer une pression sur la moelle épinière. Cela peut entraîner des troubles neurologiques tels qu’une faiblesse musculaire, des difficultés à vous déplacer, des troubles de la sensibilité ou, plus rarement, des paralysies.
De façon exceptionnelle, une hypercyphose très importante peut également comprimer votre cœur et vos poumons. Cette compression peut réduire votre capacité respiratoire et provoquer une gêne pour respirer.
Quels sont les causes multiples de l’hypercyphose ?
Les courbures naturelles de la colonne vertébrale
Pour rappel, votre colonne vertébrale n’est pas droite. Elle présente naturellement 4 courbures, indispensables à la stabilité du corps et à l’absorption des chocs :
La lordose cervicale : le creux du cou ;
La cyphose thoracique : l’arrondi du haut du dos ;
La lordose lombaire : le creux du bas du dos ;
La cyphose sacrale (ou coccygienne) : la courbure de l’extrémité de la colonne.
Ces courbures se forment progressivement pendant l’enfance
À la naissance, le dos du bébé présente une seule courbure. Lorsque l’enfant commence à ramper puis à relever la tête, les muscles du cou vont se renforcer et la courbure cervicale apparaît. Plus tard, avec la position assise et la marche, la courbure lombaire se développe.
Les courbures thoracique et sacrale sont dites primaires, car elles sont présentes dès la vie embryonnaire.
Pourquoi la colonne vertébrale peut-elle se déformer au niveau thoracique ?
Dans certaines situations, la courbure du haut du dos peut devenir trop marquée. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de cette hypercyphose.
Quels sont les autres causes possibles d’hypercyphose ?
Plus rarement, l’hypercyphose peut être liée à certaines causes médicales, notamment :
Une anomalie de la colonne vertébrale présente dès la naissance ;
Une fracture ou un traumatisme au niveau des vertèbres ;
Un glissement anormal de deux vertèbres ;
Une usure des disques intervertébraux ;
L’ostéoporose, qui fragilise les os et augmente le risque de fractures ;
Certaines infections, comme la tuberculose ;
Des maladies inflammatoires, telles que la spondylarthrite ankylosante ;
Des maladies neurologiques ou génétiques (par exemple la paralysie cérébrale, la neurofibromatose ou le spina bifida) ;
Plus rarement, des tumeurs ou certaines maladies osseuses, comme la maladie de Paget ;
Des troubles hormonaux ou du tissu conjonctif ;
L’arthrose, pouvant entraîner un tassement progressif des vertèbres.
Comment diagnostiquer l’hypercyphose ?
Le diagnostic de l’hypercyphose repose d’abord sur un examen médical. Votre médecin traitant observe votre posture, votre forme du dos et évalue la présence d’une courbure excessive de la colonne vertébrale. Il va vérifier également s’il existe des signes neurologiques, comme une baisse de la force musculaire ou des troubles de la sensibilité.
S’il suspecte ou confirme une hypercyphose, différents examens peuvent vous être prescrits pour comprendre la cause et la gravité :
La radiographie de la colonne vertébrale : elle permet de mesurer précisément l’angle de la courbure et d’évaluer l’importance de la déformation ;
Les tests de la fonction respiratoire : réalisés surtout en cas d’hypercyphose importante, afin de vérifier si la capacité pulmonaire est affectée.
L’Imagerie par résonance magnétique (IRM) : elle aide à rechercher une cause sous-jacente, comme une infection, une tumeur ou une atteinte de la moelle épinière ;
La mesure de la densité osseuse : elle permet de dépister une éventuelle ostéoporose, notamment chez les personnes âgées ou en cas de fractures vertébrales.
Ces examens permettent de poser un diagnostic plus précis et d’orienter la prise en charge la plus adaptée à votre situation.
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Quels sont les traitements pour soigner l’hypercyphose ?
De manière générale, il est important que vous preniez en charge l’hypercyphose le plus tôt possible. Une intervention assez tôt permet de limiter l’aggravation de la courbure, de soulager les éventuelles douleurs et de préserver la mobilité au quotidien.
La prise en charge dépend de la cause de l’hypercyphose, de son importance et de votre âge.
En cas d’hypercyphose liée à une pathologie
Lorsque l’hypercyphose est provoquée par une maladie (infection, tumeur, ostéoporose, fracture vertébrale…), le traitement vise d’abord à soigner la cause responsable de la déformation.
Une fois la pathologie prise en charge, une rééducation peut vous être proposée pour améliorer votre posture et renforcer votre dos.
En cas d’hypercyphose légère ou modérée
Dans les formes les moins sévères, une prise en charge sans chirurgie est suffisante. Vous pouvez avoir un programme combinant par exemple des séances de kinésithérapie, pour renforcer les muscles de votre dos et améliorer votre posture, la pratique régulière d’une activité, et des disciplines comme le Pilates, reconnues pour leurs bénéfices sur le gainage et l’alignement corporel. Des exercices de relaxation et l’apprentissage de gestes adaptés à votre quotidien peuvent être essentiels pour limiter la progression de la courbure et préserver votre bien-être.
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En cas de maladie de Scheuermann peu évoluée
Chez les enfants et les adolescents, lorsque la maladie de Scheuermann est diagnostiquée à un stade précoce, ou lorsque la kinésithérapie seule ne suffit pas, le port d’un corset peut être recommandé.
Ce dispositif rigide aide à freiner l’aggravation de la courbure et à éviter, dans de nombreux cas, le recours à la chirurgie.
Le corset est généralement porté la nuit et après les activités sportives pendant environ 18 mois ou en continu (jour et nuit) pendant quelques mois si la courbure est plus importante.
En cas d’hypercyphose sévère
Lorsque la courbure dépasse 60 degrés, qu’elle s’aggrave malgré le traitement, qu’elle entraîne des douleurs persistantes, des troubles neurologiques ou respiratoires, ou un retentissement esthétique important, une intervention chirurgicale est nécessaire.
Cette opération, appelée arthrodèse de correction ou de stabilisation, permet de redresser et stabiliser la colonne vertébrale. Plusieurs vertèbres sont fixées entre elles à l’aide de matériel métallique (vis, tiges, plaques) afin de corriger durablement la déformation.
Comment une complémentaire santé peut‑elle vous aider à limiter le reste à charge sur vos dépenses de santé ?
FAQ
Dans la majorité des cas, l’hypercyphose est bénigne et n’entraîne pas de conséquences graves. Lorsqu’elle est prise en charge suffisamment tôt, elle peut être stabilisée et bien vécue au quotidien. En revanche, dans les formes plus sévères, un suivi médical est nécessaire afin d’éviter des complications.
Oui, dans de nombreux cas. Lorsque l’hypercyphose est légère ou modérée, une prise en charge non chirurgicale est généralement suffisante. Elle repose sur la kinésithérapie, l’activité physique adaptée et l’adoption de bonnes postures au quotidien.
Consultez si vous remarquez une accentuation progressive du dos arrondi, une apparition de douleurs persistantes, une gêne pour vous tenir droit ou une perte de mobilité. Un avis médical vous permettra d’avoir un diagnostic et une prise en charge adaptée.
Oui, certaines formes d’hypercyphose peuvent évoluer avec le temps, notamment celles liées au vieillissement, à l’ostéoporose ou à certaines pathologies. Faites un suivi régulier et appliquer des mesures de prévention pour limiter son évolution et à préserver votre qualité de vie.









